La vie et toutes ces sortes de choses

mercredi 21 octobre 2015

Sinistres esclavagistes

Nous partageons nos locaux professionnels avec plusieurs entreprises, dont l'un des leaders de l'intérim.

Lundi, au pied de chez nous, le syndicat-qui-n'était-pas-convié-à-la-conférence-sociale venait en délégation. Avec une délégation particulière, à vrai dire : celle des intérimaires sans papiers d'un département voisin.

Et il se trouve qu'ils étaient tous noirs.

On a donc eu une ribambelle de commentaires, pour le mieux, approximatifs sur le dialogue social quand on les as entendus scander "Assassins" à leur employeur. C'est vrai, quoi, tous les jours, on traite des gens d'assassins pour le plaisir, ne cherchons surtout pas à comprendre pourquoi. Bande de cons.

Mon exaspération a encore monté d'un cran un peu plus tard. On les entendait et voyait scander / chanter des slogans. Et derrière nous, dans la cour où on accède au restaurant d'entreprise, où on fume, où on prend l'air, une bande de rombières à gueules marinesques qui se bidonnent à "compléter" les voix de la délégation par des "ohé ohé". Ben oui, ils sont noirs. Forcément, c'est la Compagnie Créole.

Je vous passe les mille et une autre raisons de haïr nos voisins de bureau.

Simplement voilà. On a été, je pense, deux, ma collègue-amie en tête, à aller les voir et leur demander pourquoi ils manifestaient.

Figurez-vous qu'un de leur collègue est mort des suites d'un accident du travail sur un chantier.

Fin juillet.

Ils ne l'ont appris que la semaine dernière.

Parce que oui, les travailleurs sans papiers, c'est pratique, ça permet de leur filer les jobs les plus dangereux, ils n'ont pas d'autre choix que de les accepter.

Et si jamais ils clamsent, on peut planquer les cadavres tranquillou, c'est pas comme s'il y avait des voix autorisées pour s'indigner en leur nom.

Aucun de nous n'accepterait pour lui les conditions de travail que ce monsieur, que ces collègues ont subi. Chacune des revendications du syndicat qui les a soutenus nous paraît être une évidence, si on le transpose à nos vies professionnelles.

Pourtant.

Tous les jours, des morts et du silence.

Des sources ici et ici.

lundi 12 octobre 2015

L'exploit

Je ne me suis pas encore remise du choc.

Figurez-vous qu'on a un matelas épais. Et ceux qui savent, savent, c'est compliqué de trouver des draps-housse pour matelas épais, ça coûte une fortune, bref, une constante épine dans le pied, un caillou dans la chaussure quotidien[1] !

Dans un éclair de clairvoyance, j'ai vérifié ce que le dealer de matelas, un suédois bien connu de tous, vendait. Et il en avait. A un prix fort raisonnable.

Nous avons donc engouffré nos jeunes punks chevelus dans la voiture et avons mis cap sur le magasin du suédois le plus proche, avec comme objectif : un déjeuner tôtif au restaurant du magasin + acheter quelques draps-housse, le tout en revenant pas tard vu que le plus jeune des punks chevelus avait catégoriquement (et bruyamment) refusé de faire sa sieste du matin.

Nous avons donc mis le cap sur le restaurant. A part une erreur stratégique monumentale : venir avec le déjeuner du petit et le convaincre que c'est meilleur que les frites des grands. Il a mis toute la résistance dont il est capable à nous convaincre de lui faire goûter TOUT et a à peine touché à son plat. Ça a été un peu long et parfois pénible. Mais bon. On a survécu, globalement. Note pour plus tard : se souvenir à l'occase qu'ils font du repas bébé et que de toute façon, il préférera ce qu'il y a dans notre assiette.

Et puis on a été acheter trois draps et on est sortis.

Non vous ne rêvez pas. Entre une volonté absolue, un agacement post déjeuner notoire et une connaissance diabolique des raccourcis, nous n'avons acheté que ce pour quoi nous étions venus.

Et, à mon humble avis, on devrait remettre des médailles pour ça.

Note

[1] dit celle qui se retrouve tous les matins avec le drap housse déhoussé alors que son voisin de lit, non, quelle injustice

lundi 28 septembre 2015

Douceurs d'automne

Comme il faut, comme on peut, se créer une carapace pour résister à ce qui ne nous va pas dans le monde, il faut bien regarder autour de soi et trouver le plus doux.

Comme des rires d'enfants, du soleil d'automne, de la douceur en plein air.

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Hier c'était les premières (très appréciées) descentes en toboggan de Lomalarchovitch.

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Il faisait beau, il y avait une petite fille beaucoup plus vieille mais pas tellement plus grande qui parlait l'extra-terrestre avec beaucoup de convictions, une grande soeur aux petits soins, une mère qui a failli se prendre un marron sur la goule (pas la faute de mon voisin, mais celle des marronniers et du vent qui soufflait bien).

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Il y avait mon tout petit tout fier de ses supers pouvoirs de marcheur grimpeur glisseur, ma grande crâneuse sur son beau vélo, un moment à trois joliment partagé.

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Et puis le retour, la sieste, du tricot tout doux pour les enfants présents et ceux à venir.

Notre toute petite portion de monde était jolie.

vendredi 18 septembre 2015

Je voudrais

Je voudrais que dans mon oreille, devant mes yeux, ça soit plus doux.

Que dans ma télé, ma radio, mon journal, devant ma machine à café, ça soit un peu bienveillant, parfois.

Qu'on cesse de nous inonder de ceux qui trichent, s'arrangent avec la conscience qu'ils n'ont pas, s'acharne à être contre ce que les autres pourraient avoir et que peut-être (mais peut-être que non), du coup ils n'auraient pas, ou autrement. Que juste l'idée que quelqu'un d'autre ait quelque chose, une chance de vie, une chance de liberté, d'égalité, de fraternité, ne soit pas vécu comme un risque ou une agression.

Je voudrais que l'intelligence collective refasse surface.

Je voudrais qu'on nous parle beaucoup beaucoup des exemples vertueux, qui existent et qui sont (encore) nombreux, pour nous montrer un monde qui fasse moins peur et qui donne envie de participer en bien, pas de s'arc-bouter sur nos petits ou grands avoirs.

Moins de menteurs outranciers, moins de voleurs, moins d'individualistes forcenés, moins de soif de pouvoir ou de pognon.

Je voudrais moins de violence, de haine, de manipulations. Je voudrais qu'on ait envie de vivre ensemble.

vendredi 11 septembre 2015

Ma maire exagère

Hier en rentrant (dans des conditions un peu épiques et donc au meilleur de ma résistance nerveuse), j'ai trouvé une lettre de ma ville.

Avec Madame la Maire qui nous dit que c'est bien la première fois qu'elle nous écrit mais que le Grand Paris et la dépossession des communes de leur moyen, non non non c'est pas possible, dépassons nos points de vue et manifestons ensemble.

Comment dire poliment ?

1- non merci 2- merci de ne pas dépenser nos sous à m'écrire des torche-balle de cet acabit.

Par ailleurs je venais de lire dans la propagande municipale qu'un effort exceptionnel avait été consenti à l'école Langevin Wallon dans le cadre des travaux d'été.

Une autre façon de formuler les choses est que les services vétérinaires [1] ont mis la ville en demeure de réaliser des travaux urgents de mise aux normes en les menaçant de fermeture de la cantine.

Je sens qu'on va encore passer une bonne année, les parents d'élèves, dites donc.

Note

[1] Et oui ça me fait rigoler que ça soit les services vétérinaires qui supervisent l'alimentation scolaire de nos petits singes enfants.