La vie et toutes ces sortes de choses

vendredi 13 mars 2015

Curieuse semaine

Lundi, même en ayant pas fait médecine, je savais. Appel au doc première heure le matin, prise de rendez-vous en urgence pour le lendemain, et puis le boulot. Y en a, pas mal, ces temps-ci. Du chouette, du satisfaisant, pour la plus grosse part, mais du bon gros volume de boulot. De quoi avoir la sensation d'être honnêtement crevé en fin de journée.

Curieusement le fait de savoir me fait mieux "vivre" les symptômes. Mais c'est aussi la chappe de fatigue qui s'abat sur moi. Maintenant que j'ai médicalement le droit d'être fatiguée au-delà du "c'est normal après une grossesse et un accouchement", ça pèse encore plus lourd, d'une certaine façon.

Soir venu : poireautage dans le froid et dans la cour de l'école pour accueillir notre maire et quelques adjoints pour une réunion publique. On les alpague comme il se doit sur leur absence de réponse. Meeting improvisé, ça pèle bien, à 19h30, dans ce sifflet venteux. Et puis satisfaction mesquine à être plus nombreux dehors qu'à attendre à l'intérieur pour la réunion. Promesse de réponse sous 15 jours par Mme le maire, on se dit à jeudi avec l'adjointe avec qui on venait de réussir à choper un rendez-vous.

Mardi début d'après-midi, bureau du doc. Elle regarde mes analyse "ah mais ça ne va pas du tout !" et moi. Et mes analyses. Et moi. Elle me dit "vous encaissez bien, vous, dites donc".

Politesse ? Volonté ? Tempérament ? Question de survie ? En tout cas me présenter au monde en mode "je suis fatiguée, tellement tant et plus que si vous saviez, vous vous endormiriez immédiatement sous mes ondes de fatigue", c'est pas moi. Alors oui, à part la mine battue, pour le presque reste du monde, c'est une maladie "invisible". Y a mon Enchanteur, qui sait un peu (et qui relève bien la logistique). Mais même à la maison, j'essaie, au moins un peu, de communiquer de l'énergie, et un peu de sourire.

Ordonnance, médicaments. Y a plus qu'à attendre quelques semaines pour que ça fasse effet. Plus qu'à trouver le bon dosage, après.

Mercredi du boulot du boulot du boulot. Mi semaine passée, j'ai l'impression d'avoir couru trois marathons. Mais mes dossiers en cours donnent des résultats satisfaisants. On puise l'énergie où on peut.

Jeudi pareil. Puis départ pour la mairie pour notre rendez-vous. Ce qui me sauve la peau, sans doute, c'est la pause de 15 mn sur un banc dans la fin de journée ensoleillée. Vitamine D en absorption directe, mères émerveillées par les jeux de leurs enfants, la vie passe autour de moi, je respire lentement, je me pose.

Puis rendez-vous, plutôt positif dans la forme. Mais on se réjouira quand les fenêtres ouvriront et fermeront, pour de vrai, notamment. Petite satisfaction de constater que la maire n'a pas dû apprécier DU TOUT de se faire prendre en défaut. Gniark gniark. Du coup ils parlent des "engagements pris par Mme le Maire", sans doute pour nous faire comprendre que "eux, contrairement aux autres, ils s'engagent et ils tiennent leurs promesses". Qu'ils fassent, surtout. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, mais qu'ils fassent, les enfants s'en foutent du qui manipule qui, de l'élu en quête de mandat ou du parent d'élève en mode troll citoyen.

Retour maison quasi 21 heures. Plus qu'un jour.

Vendredi productivité limitée à l'essentiel. Gros coup de barre après le énième réveil supra matinal. Encore quelques heures, et puis il faudra récupérer les mômes chez la copine, dont l'une juste pour la fin d'après-midi. Profiter d'eux, au max. Les faire rire, les faire sourire. Embrasser la grande jusqu'à dimanche. Coucher le petit. Faire un peu le guignol sur ma wi-fit pour faire de la "bonne fatigue", pour transpirer toute cette pesanteur.

Curieux comme cette sensation de me bouger, si peu soit-ce, me donne l'impression de ne pas céder trop de terrain à ce connard de japonais. Tant que je peux peux faire du hula hup devant ma télé, je résiste, et si je résiste, je ne déprime pas trop. Et puis écroulage jusqu'où le sommeil pourra me mener. On verra.

Et puis samedi, dimanche, dormir tant que je peux, tant que Lomalarchovitch me laisse faire. Renoncer à des sorties plaisirs parce que sinon je ne tiendrai pas la semaine d'après. Lire moins que ce que je voudrais. Maudire, râler, me désoler un peu de ces freins. Me dire que c'est temporaire. Et que profiter des mes blonds, au moins un peu, ce n'est pas une punition.

Mais bordel, cette fatigue.

lundi 2 mars 2015

Bribes post vacancières

Qui a déjà tenté de mettre les mots "vacances" "trois" et "mômes" dans la même phrase ?

Ce qui est sûr c'est que la fin de cette phrase n'est pas "c'était reposant" !

Pourtant de jolis moments, de micros aménagements dans la maison enfin réalisés, des rires, des bonnes recettes, des moments complices et familiaux.

Et puis le petit qui trône au milieu de nos quatre attentions et en profite pour s'élancer de l'assis vers le quatre pattes, pour y chercher son équilibre, et comment bon sang de bon sang de bonsoir, on fait pour avancer, bordel, heu ?

Des rires d'enfants, des rires de grands. Des réveils trop matinaux, pour cause de rhumes, de toux, d'insomnies.

Un mystère de la ventoline disparue. Dématérialisée. Aucune idée d'où elle a pu partir, avec sa pote la bécotide et le truc en plastoc de 10 cm de long pour les prendre. Une journée à ranger sa chambre dans les moindres recoins pour en arriver à cette conclusion : dis-pa-rue, la vento.

Des repas familiaux avec bébé inclus. Comme spectateur, il a encore ses repas à part. Enfin spectateur actif : il goûte tout et si on tarde trop, nous relance à coups de "heu" tonitruants. Visiblement il est à peu près, environ, à l'opposé de sa sœur sur le grand spectre de la curiosité alimentaire.

Des coups de blues, aussi. Je digère, mais pas si vite, ces absences programmées une semaine sur deux.

Alors je regarde ça et les autres photos de ces derniers jour, le gang des rayures, les sourires enfantins, la pile de choses à faire au bureau, ma liste de bricolages à la maison. L'occupation pour noyer le blues. Et même des sourires et des rires, donc.

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lundi 16 février 2015

Mais merde, le monde !

Je suis en colère. Triste. Effondrée. Pessimiste.

Voilà ce qu'on nous propose comme modèle de pensée facile. Je te hais parce que tu es la cause de tous mes ennuis donc je viens te tuer au nom d'une raison supérieure que je considère comme la seule et unique possible.

Des bien coiffés qui piaillaient à la cathophobie il y a quelques mois au prétexte qu'on ne considère pas leurs croyances comme ayant force de loi pour tous ceux qui ne les partagent pas, à ceux qui pensent honorer un prophète en faisant couler le sang de gens, soigneusement choisis pour leur peu de danger réel.

De ceux qui trouvent que c'est la faute aux musulmans qui sont quand même très pas comme nous, à ceux qui pensent que c'est la faute aux juifs, s'ils ne foutaient pas sur la gueule des palestiniens on en serait pas là.

De ceux qui pensent que les autres, ils sont trop foncés, trop clairs, trop à gauche ou à droite, où on s'arrête pour mettre sur la gueule du voisin ?

Et à qui profite le crime ? A des vendeur de pétrole ou de soda, à quelques plus riches que tous les autres...

Pendant ce temps nos politiciens pantins comptent leurs points gagnés à coups de discours plein d'émotions et nous font les poches, nous mentent, oui mais avec le sourire madame, en réduisant mandat après mandat ceux qui ont le droit d'être considérés par la sociétés.

Pendant ce temps-là on interroge pas nos responsabilités. Qu'avons-nous fait avec l'urbanisme qui cloisonne et sépare et compromet l'intégration de tous, depuis 50 ou 60 ans ? Qu'avons-nous fait en permettant à nos petits racismes et sexismes ordinaires de s'exprimer, ou bien en ne nous élevant pas contre celui des autres ?

Alors quoi ? On continue à faire comme si c'était la faute de l'autre, sans se demander où s'arrêtera la définition de l'autre ? On s'équipe de politiciens encore pire que ceux qu'on a, on attend que ça pète de partout en se fermant à tout ce qui ne se passe pas en bas de chez nous ?

Et on verra après si nos enfants, ou les enfants de nos enfants, profiteront d'un rebond de monde un peu meilleur ?

Je pleure du monde qu'on laisse exister en se disant que c'est la faute des autres, si on en est là.

Et je pense à nos camarades danois qui eux, n'ont pas été si longs à trouver qu'il fallait se dresser à nos côtés, quand ça a pété sous nos yeux et qu'on trouvait que çay tay trop nul, le terrorisme, bouh le vilains méchants, moi chuis contre la guerre et pour la paix dans le monde et mort aux vaches.

(Oui je suis en colère, très).

lundi 9 février 2015

Surdité partielle à Colombes

Or donc au premier conseil d'école de l'école en bas de la maison, que fréquente ma fille avec assiduité, nous avions appris que c'était pire que ce qu'on croyait.

Pas une fenêtre qui n'avait besoin de réparation (ou de changement). Des revêtements de sol épuisés. Des stores absents, ou cassés. Des éléments de sécurité hors d'état. Plus de lumière aux abords de l'école. Plus de serviettes en papier dans les toilettes. J'en passe.

Le représentant du conseil municipal avait quitté la séance en plein milieu du conseil.

Depuis il a fait une visite de repérage de travaux à faire. Qui devaient être "votés au budget". Pas de nouvelles.

Depuis les services vétérinaires sont passés à la cantine et ont noté de graves manquements : pas de séparation entre le sale et le propre, pas de locaux/vestiaires pour les agents, entre autres. Il a fallu une menace de fermeture pour que la municipalité se décide à réaliser des travaux (qui ne sont pas encore datés).

Alors certes. On est dans un quartier pauvre, ça ne doit pas remonter des masses d'impôts. Et puis y a des tas de parents d'élèves, ils n'ont même pas le droit de vote, alors pourquoi ça serait un bon investissement que d'assurer de bonnes conditions d'études à leurs enfants, hein ? (Parce que quand ces derniers auront le droit de vote, les élus actuels seront trop vieux ??)

Sauf qu'il n'est pas tolérable des enfants aient classe dans des locaux où il fait 15° le matin, à peine 18 en fin de journée. Ni pour eux, ni pour leurs enseignants.

Faute de visiophone, l'accès à l'école se fait sans la moindre possibilité de contrôle des gens qui entrent et qui sortent. Quand le portail est fermé (tout le monde sait l'ouvrir avec une clé...)

Les élus municipaux, à qui nous avons donné mandat [1] pour œuvrer pour l'intérêt général de TOUS les Colombiens, restent sourds aux questions des parents d'élèves et des responsables d'établissement.

En attendant, aux abords des marchés, les tracts pour la candidature de Mme la Maire aux départementales sont distribués avec les commentaires "si vous ne votez pas pour elle, elle n'aura plus aucun pouvoir[2]". Prenez-nous, en plus, pour des cons.

Nous demandons donc un rendez-vous en urgence pour la directrice et les délégués de parents d'élèves. Nous verrons bien si l'approche des élections permet d'améliorer la surdité partielle de nos élus.

Notes

[1] enfin perso j'étais pas pour, mais il paraît qu'on ne peut pas avoir une loi pour ceux qui ont voté pour les uns et une autre pour ceux qui ont voté autrement, alors...

[2] j'avoue que c'est un argument convaincant pour votre... pour quelqu'un d'autre. Toutefois, il est faux

jeudi 29 janvier 2015

Ca c'est privé !

Depuis quelques jours, je lis avidement le brouillon du futur livre de Tristan Nitot sur le sujet du contrôle des données récoltées sur internet, via les terminaux classiques ou les objets connectés.

C'est vertigineux. On SAIT les choses, on SAIT que des données sont collectées. Mais la mise en perspective de ce qui en est déjà fait, de ce qui pourrait en être fait, c'est une grosse claque.

Jusqu'ici je me disais : avant que quelqu'un ne s'attaque à chercher, personne par personne, à tout savoir... (encore que, j'aurais mieux fait de fermer mon neurone, sur ce coup...).

Mais même traitées en masse, nos données peuvent être exploitées à des fins avec lesquelles nous ne sommes pas "confort", comme dirait un ex boss que j'aime bien.

Dans le meilleur des cas.

Du coup j'ai passé un peu de temps sur les pages de Mozilla sur le respect de la vie privée.

Et j'ai partagé, notamment avec ma cheffe et l'équipe webmarketing. Parce qu'il me semble que nos besoins de données en prospection sont assez limités, que même, on nous filerait tout un paquet de données qu'on ne saurait pas bien quoi en faire, et que du coup, la question de : que sont les données dont nous avons vraiment besoin, comment devons-nous les obtenir, le plus éthiquement possible, et les exploiter, doit être au cœur de nos démarches.

Autant vous dire qu'arriver dans une réunion de marketteurs avec des idées pareilles sous le bras, c'est encore plus bizarre que d'arriver déguisé en poussin géant, hein.

Et bien ma cheffe bien aimée a accepté l'idée qu'on en parle et débatte et pourquoi pas qu'on se fixe une sorte de "charte", nous, nos partenaires, sur le sujet. A suivre, donc.

Suis pas peu fière (même si je sais que dans les faits, hein... Mais il faut bien commencer quelque part).