La vie et toutes ces sortes de choses

mardi 10 juin 2014

Levée du secret

Le secret n'est pas que mon Enchanteur a eu 40 ans vendredi, non, non; non. Mais c'est lié. Figurez-vous que, comme son père, il ne conçoit un anniversaire que célébré le jour J.

Or, quand le jour J tombe un vendredi, ça pourrait sembler une aubaine, sauf pour lui qui s'occupe à incarner un odieux Dom Juan qu'on adore détester aux heures de banquet ouvrables.

Du coup que faire ? Comploter, proposer aux amis, à la famille, de venir au théâtre lui faire une belle salle pleine de gens qui l'aiment et qu'il aime ? Mais oui !

C'est donc ainsi qu'avec beaucoup d'amour, d'amitié, et de complicités diverses, nous avons organisé dans le plus grand secret (enfin il paraît qu'il se doutait que quelque chose se tramait, mais c'est facile de dire ça après, hein !) la venue d'un public digne d'un tel anniversaire.

Malgré la légère angoisse de se demander si, finalement, ça n'est pas une mauvaise blague à faire à un comédien, particulièrement dans un théâtre où il est difficile d'ignorer le public, sourire des réponses affirmatives, des confirmations, et des magnifiques "poker face" d'un certain nombre de convives qu'on a vus entretemps et qui n'ont rien trahi.

Bien sûr, quand nous avons croisé coup sur coup deux des invités juste devant le théâtre un peu avant l'heure de la représentation, je me suis rendu compte que j'avais un peu séché les cours de l'Actor Studio et que le meilleur comédien de nous deux, c'était résolument lui. Mais qu'importe, même soupçonneux, la vraie surprise pour lui serait de voir l'ensemble de nos frimousses réjouies.

Et puis tenter de profiter de la pièce malgré la hâte de le voir après, d'enfin pouvoir rire et libérer le secret ! Voir son sourire radieux aux saluts et se dire que ça avait l'air de le rendre heureux...

Et enfin profiter de quelques moments ensemble, famille, amis, de rire, de mots tendres, de blagues et de plaisir à être ensemble.

Merci encore à tous les complices. C'était chouette de faire ça avec vous, et vous avez participé, je crois, à un joli moment d'émotion pour lui.

Et pour les quelques uns d'entre vous qui étaient mêlés à une conversation implicant un film français des années 80, une histoire de casting pas tout à fait en famille et le port distingué du polo, sachez qu'on a reçu le DVD pour réviser avant les moqueries. Gniark gniark gniark.

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jeudi 5 juin 2014

D'un oeuf et d'un peu de mauvaise foi

Or donc je vous avais laissés avec des œufs crus et des œufs durs, sur ce rire là.

Depuis, et grâce aux recommandations de Jath, j'ai tenté la teinture d'œufs pour les distinguer. Mais je n'ai pas le bon type de colorants et je n'ai donc pas d'œufs aux couleurs vives, juste une petite nuance de pigmentation, assez pour voir la différence, pas assez pour que ça soit rigolo.

Quoi qu'il en soit, mon Enchanteur plus qu'attentionné s'enquérait l'autre matin et comme très souvent de mes désirs pour le petit déjeuner. En bonne princesse affalée, je listais, donc, ces envies, dont un œuf.

Il est revenu avec un plateau et un peu d'inquiétude : "tu as changé le rangement des œufs ?". Mais non, mais non, il sont toujours à droite des rangements à œufs.

Le voilà, donc, équipé d'un œuf et moi d'un sourire moqueur : à sa couleur, j'étais sûre qu'il était cru.

Il faut dire qu'il faut se méfier de mes sourires moqueurs, je peux me tromper avec beaucoup d'aplomb (mais je sais dire quand j'ai gouru, après !).

Je taquine, donc, il me rétorque que pas du tout, il a bien pris l’œuf à droite. Je défie : ben casse-le alors.

Et je ne sais pas sur la foi de quelle mauvaise foi le voilà à taper l’œuf contre le fond du plateau, et sans doute à me maudire in petto car, figurez-vous, j'avais raison.

J'ai beaucoup ri (avant de me servir de l’œuf et d'un autre de ses copains pour les brouiller ensemble).

Pour ceux qui s'interrogeraient, il n'y avait que deux œufs durs, placés tout à fait à droite du compartiment à œufs de droite. Distinguables pas leur couleur plus pâlotte que les autres, mais avec un petit contre-jour, pas évident à saisir du premier coup d’œil. Alors que pour mon Enchanteur, à droite, ça voulait dire : tout le compartiment de droite.

(Mais quand même, j'ai vraiment beaucoup ri).

(Et oui, le mot œufs est très présent dans ce billet, j'en suis consciente !)

mardi 27 mai 2014

Le gros caprice

Je suis en pétard. Mais bien comme il faut.

Hier soir dans la boîte aux lettres un courrier de la mairie de chez moi. Qui raconte que, comme annoncé dans leurs programmes, ils veulent être dispensés de la réforme des rythmes scolaires. Mais que là, comme y a pas le temps, ils ont quand même prévu une organisation pour la rentrée. Mais pas la même que celle prévue par la municipalité précédente quand même. Ça serait tomber trop bas.

Rappelons que la dite municipalité précédente avait consulté les enseignants, les parents, les élèves (et peut-être les encadrants du centre de loisirs ?). Qu'ils s'étaient donné la peine de communiquer les résultats et d'expliquer leurs décisions en fonction de ces derniers. Et que si ça grognait, c'est parce que la réforme elle-même ne semble pas adaptée, par les décisions de la municipalité.

Mais non. Il vaut mieux nous écraser, tous, élèves, parents, enseignants, de leur plus profond mépris. Fouler aux pieds la consultation. Cracher à la gueule du bon peuple.

Parce que eux, ils ont des meilleurs idées que les gens directement concernés. Pour preuve : au lieu d'alléger un peu chaque journée, on va garder les mêmes, parce que c'est plus simple à organiser, de grouper toutes les activités le même jour. Et donc les journées seront les mêmes, le mercredi matin, il y aura classe, et toutes les activités seront le vendredi après-midi.

Fantastique ! Brillant ! Le pire des deux systèmes réuni en une seule bonne ville. Les enfants vont être épuisés en fin de semaine, les enseignants vont principalement récupérer des inconvénients. Toujours des journées à trous pour les animateurs, sauf peut-être le vendredi. Bref. On se donne tous les moyens que ça soit catastrophique.

J'oublie le meilleur : la lettre annonce que bien sûr, il y aura concertation. D'ici fin mai. Laissez-moi vérifier la date ?? Ah oui, on était le 26 mai. Foutez-vous de notre gueule ouvertement, ça ne coûte pas plus cher.

J'ose espérer qu'il y aura des grosses mobilisations dans les écoles de la ville. Campée sur mon congé mat, je suis opérationnelle pour garder ma fille, et même ses copines si nécessaires, en soutien à ceux qui bossent pour de vrai.

Parce que les édi(cu)les qui font leur gros caprice pour montrer que de toute façon, ils n'en feront qu'à leur tête en toute impunité, ça va bien, hein.

vendredi 23 mai 2014

Prendre soin de soi

En voilà une expression qui me fait bondir.

Pas dans la réalité de l'encouragement à se faire du bien.

Dans son injonction "beauty glam girly" qui consiste à dire qu'une femme / fille ne prend pas soin d'elle si elle n'est pas déguisée en dadame avec le maquillage comme il faut et la coupe de cheveux à la mode.

C'est particulièrement exaspérant dans les émissions de relooking, où on considère que la fille qui vit super bien dans ses vêtements, elle ne prend pas soin d'elle et qu'il FAUT intervenir (généralement elle se fait balancer par ses proches). C'est plus rarement un garçon et il faut qu'il soit très décalé des normes sociales pour qu'on l'envoie se faire formater.

Or, il me semble, le soin de soi, ce n'est pas cosmétique. Ça peut l'être aussi, mais ça n'est pas ça avant tout.

On ne doit à personne la beauté, l'apprêtement, l'épilation au poil près, le rasage impeccable, le vêtement à la mode. On se doit, à soi, de faire ce qu'on doit pour se sentir bien selon nos besoins individuels.

Si la vie en collectivité fait que l'hygiène est un facteur de la bonne santé générale, personne ne doit vous dire que le rouge est votre couleur, qu'avec votre forme de visage il est hors de question que vos cheveux soit comme ci ou comme ça, et que votre morphologie en O vous interdit à tout jamais le port de vos chaussures préférées. Qui en plus font "trop jeunes", "trop vieilles", "trop pas assez", au nom de l'injonction du moment.

Alors prenez soin de vous. Pas comme le voudraient les gens qui font fortune sur votre besoin de croire qu'en changeant de marque, votre vie va s'améliorer.

Juste en vous faisant le plus de bien possible, quelle qu'en soit VOTRE manière (pour peu qu'elle reste à peu près légale et ne fasse pas de mal à autrui).

mercredi 7 mai 2014

Le jeu des oeufs

Pour des raisons pratiques liées à une alimentation un peu réaménagée ces derniers temps, il m'est pratique de disposer d'un stock de protéines "prêt à l'emploi".

Du coup il y a souvent de la tranche de jambon et des oeufs durs dans le réfrigérateur familial.

Comme beaucoup le savent, je suis semi névrotique de l'organisation, semi roue libre totale. Du coup, j'ai adopté un système "œufs crus à gauche, œufs durs à droite" pour le rangement, sans pousser jusqu'à la précision légendaire de ma maman qui marquait les durs d'un D au crayon de bois.

Et puis hier, j'ai fait une omelette. J'ai bien vu qu'il y avait plus d'oeufs à droite que ce que j'en avais stocké, mais je pensais avoir fini les oeufs durs et qu'une main blagueuse ou rangeuse avait, du coup, réparti la charge, étant donné que deux oeufs crus étaient en équilibre un peu précaire, et puis voilà.

Sauf qu'au moment de casser les œufs (car on ne fait pas d'omelette sans, vous le savez), paf, un dur.

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J'ai ri. Accusé fort injustement L'Enchanteur. Avant que Cro-Mignonne n'avoue son méfait, morte de rire, en disant qu'elle avait trouvé bizarre qu'il y ait plein d’œufs à gauche dont deux en équilibre et un seul à droite.

Pour ceux qui seraient inquiets, c'est bon, les névroses instillées à ma fille commencent donc à se montrer au grand jour.

N'empêche qu'on a bien ri, du coup.