Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

mardi 11 juin 2024

Un poisson nommé Wanda

Il y en a quelques uns parmi vous pour savoir que je suis victime d'une aberration linguistique.

Depuis fort longtemps, je crois que je vais comprendre l'italien sans jamais l'avoir appris.

Evidemment c'est complètement faux.

J'ai donc décidé de m'attaquer à ce problème et de voir par moi-même si mon affinité avec l'italien (la langue, pas Roméo, d'ailleurs j'ai connu un Roméo laid comme les sept péchés capitaux, donc bon). Duolingo, me voici.

Mes premières conclusions sont :

  • Duolingo, c'est pas mal du tout. Il manque à mon goût un peu d'explications sur la mécanique pour comprendre "comment ça ronronne sous le capot", mais qu'on trouve très facilement par ailleurs. On manipule dans tous les sens, donc la mémorisation se fait très bien, ça répète assez pour que ça rentre même si ça paraît compliqué en début de chapitre, c'est ludique et gratifiant. Donc après 15 jours d'utilisation quotidienne, je suis plutôt convaincue
  • Ca ne me semble pas très difficile de baragouiner quelques mots. A ce stade je peux commander une bière, du vin, du fromage, et même demander du fromage sur ma pizza. Les fondamentaux sont assurés. Je casse les pieds de mes collègues mais ils ont vécu pire.
  • Pourquoi j'ai choisi l'italien alors que j'adooooore Almodovar qui tourne plutôt ses films en espagnol, bordel ? Il va falloir que je replonge dans Fellini ?? (dans la vraie vie, si vous avez des recos de films / séries, je prends)

Je ne suis pas sûre de pouvoir parler vraiment bien un bel italien (toujours la langue, sinon j'aurais dit "à un bel italien") un jour, mais je m'amuse. Et puis j'arrive à un âge où il faut maintenir ses neurones occupés.

Rendez-vous prochainement pour une prochaine lubie de nature à vous faire ricaner derrière vos écrans ! Arrivederci !

jeudi 6 juin 2024

Perchée

J'aime à l'infini ces moments de calme matinal, perchée sur le toit parisien de mon bureau.

J'y suis seule, le plus souvent (ou alors saluée joyeusement par un travailleur matinal, homme de ménage ou alpiniste nettoyeur de carreaux).

C'est toujours beau, même quand il fait moche, paisible, à part les cris affamés des gabians.

Sauf grosse pluie, j'y prends un café très matinal les jours où je viens au bureau.

C'est un moment précieux, un instant apaisé avant la bataille. Quelques minutes pour moi seule, ou presque. La beauté de la vue se conjugue avec la possibilité, rare en ville, de voir loin.

Mes pensées tourbillonnantes se fixent un instant sur quelques salutations matinales (tiens, un rituel !), sur les morceaux qui passent dans mes oreilles. J'y suis souvent installée côté Est, pour voir le soleil se lever, entre autres.

J'y ai à l'occasion pleuré seule, avant l'heure de faire semblant pour le boulot. J'y ai aussi ri aux éclats à lire un message.

J'y remonte, parfois plusieurs fois dans la journée, avec mes collègues. Pauses joyeuses, réunions en plein air, les prétextes ne sont pas très difficiles à trouver.

La magie du beau opère à chaque fois.

Mais jamais autant que les matins qui ne sont solitaires qu'en apparence. Ils sont pleins de la pensée de gens qui me sont importants, de la ville qui s'éveille et de tout un tas de choses qui me rappellent que la vie nous réserve, même dans les pires de ses creux, quelques pépites dignes d'attention.

lundi 3 juin 2024

Bavardages

Ca faisait des années que je n'avais pas autant blogué, dites donc, bonnes gens, cher(e)s ami(e)s.

Et c'est chouette. Ca m'a fait du bien, souvent, de vider ici (ou là, et là) les trop pleins, les tourbillons. De dire des bêtises et des choses plus graves.

On va quand même savourer le fait que ça s'allège tranquillement.

Saluer la force de vie puissante, les gens autour. Merci.

Et puis bon, quitte à bloguer, j'ai repris des habitudes, d'aller voir qui clignotait encore.

On ne va pas se mentir, mon lecteur de flux rss est moribond. Mais pour soutenir les mots de celles et ceux qui écrivent encore, j'ai repris l'habitude de laisser autant que possible un petit mot sous les billets. Juste comme un bisou "je suis passée", parfois, avec des choses plus intéressantes, quand je peux (et je peux peu).

Comme avant. Juste pour la présence humaine de l'autre côté de l'écran qui vous dit "je suis là, j'ai vu". Pourquoi ? Parce que c'est qui je suis, principalement.

Donc, si vous bloguez et que vous avez l'impression que je devrais le savoir, faites signe ! Peux-être que votre adresse n'est pas à jour dans mon flux, peut-être que vous n'y êtes pas (mea culpa, mea maxima culpa).

mercredi 29 mai 2024

Trop

Il ne se passe une semaine dans une vie de meuf sans qu'on vienne nous expliquer ce qu'on devrait faire, penser, être, comprendre. Généralement sans sollicitations de notre part.

Dans ces moments, j'ai des réactions assez variables. Globalement, quand ça vient d'une personne que j'aime bien (malgré tout) je laisse causer. Pour les pas proches, voire inconnus (oui, oui, les inconnus savent bien mieux que nous ce qui est bon pour nous) ça peut être beaucoup moins aimable. Ceux qui savent savent.

Là, dans ma vie, on arrive à quasi deux ans d'emmerdes de tailles conséquentes qui s'enchaînent ou se cumulent. Je commence juste à redormir presque bien quelques nuits par semaine. Donc je pleure, je me braque, je ne comprends pas toujours les trucs dans le bon sens, je suis à fleur de peau et chez les grandes choses sensibles dans mon genre, pas seulement des sens mais aussi des émotions, dotée d'un tempérament un peu volcanique, documenté dans ma famille comme "elle est gentille mais faut pas la chercher trop longtemps", je veux bien l'admettre, ça peut avoir quelque chose d'un peu spectaculaire.

Il y a des gens que ça impressionne, parfois. Et certaines des ses personnes, mettons ça sur le compte d'une vague inquiétude, me font part de leurs meilleures recommandations pour que ça aille mieux.

Est-ce que vous avez déjà recommandé à un allergique aux pollens d'arrêter de respirer pour esquiver les effets secondaires du printemps ? J'espère pour vous que non.

C'est à peu près aussi utile que de me suggérer de me calmer quand je suis en rogne, ou de réagir moins vivement quand une grosse émotion me traverse.

Du coup, de très sombres perspectives planent sur moi, sachez-le.

Je soupire à en décrocher le toupet de notre président.

Je ne suis plus tout à fait dans l'adolescence et je crois avoir démontré ma capacité à prendre et assumer des décisions de nature à me sortir des situations qui ne me conviennent pas. Je suis généralement plutôt capable de soutenir ma famille, mon propre popotin et un certain nombre de gens autour de moi.

Ces deux dernières années, il se trouve que j'ai été moins bonne auprès d'une très très chère qui sais pourquoi et comment et que ça n'empêche pas de m'aimer autant que je l'aime. Que j'ai été moins bonne pour me soutenir toute seule, récemment, parce que j'étais prise dans ce marathon d'emmerdes à gérer / digérer. Et malgré tout absolument capable de fonctionner, au quotidien. Que j'ai même été capable d'aller me nicher dans quelques paires de bras, à distance ou dans la vraie vie, d'aller dire mes vulnérabilités à quelques personnes qui m'ont fait l'amitié et la joie de me communiquer un peu de leur énergie. Trop dingue. J'ai même appris, dans quelques cas de doute, à faire confiance dans le fait que la personne en face me voulait du bien et n'allait pas cesser de me parler du jour au lendemain parce que j'étais moins rigolote que d'habitude. Ou à demander quand j'ai l'impression d'avoir foiré un truc plutôt que de vriller toute seule dans ma tête, de suppositions en hypothèses toutes plus fausses les unes que les autres.

La meuf serait capable de prendre soin de soi. D'avoir des jours vraiment dégueu, mais globalement, de rester debout. Et même, d'apprendre des trucs au passage. Dingue, non ?

On peut être sensible et pas du tout fragile. Voire : cette capacité à percevoir plein de choses qui passent plus inaperçu pour d'autres, il arrive que ça nous renforce, que ça nous tienne, que ça nous donne accès à des ressources insoupçonnées, que ça nourrisse nos instincts de survie. Faites confiance. Ca va aller. Même si à un instant T, ça ne va pas, et qu'on a parfaitement le droit de le dire sur le ton qu'on veut.

Etonnez-vous, après, que quand on tombe sur les rares personnes qui nous accueillent comme si ce qu'on est, c'est bien comme ça, ni trop, ni pas assez, ni "tu devrais", juste nous, avec nos qualités et nos chiantises, on leur en soit reconnaissant(e)s.

lundi 27 mai 2024

Jarvis, aspirateur fragile qui veut des cookies

On s'est équipés d'un aspirateur robot assez rapidement, quand, pendant le premier confinement, on a constaté que deux chats + quatre à cinq humains en permanence dans la maison, ça générait des poils et de la poussière à vitesse grand V.

J'avais opté pour un aspirateur spécial animaux mais pas particulièrement une marque réputée.

Ce truc a failli me rendre folle. Ses trajectoires improbables, sa tendance névrotique à aspirer à côté de la boule de poils ou du tas de miette qui n'attendaient que lui... J'en ai sorti la théorie que l'aspirateur robot, c'est merveilleux, seulement si tu ne le regardes pas faire.

Il a hérité du doux nom de Jarvis, sans doute parce qu'on venait de revoir un Iron Man ou l'un des Avengers. Bref, vous voyez l'ambiance super héros et adjuvants de qualité.

Las, cet engin si imprécis et néanmoins cher à mon cœur a commencé, l'été dernier, à donner quelques signes de faiblesse.

Il faut dire qu'on avait ajouté un chien à la liste de ses fournisseurs de trucs à aspirer. Burn out.

A la faveur d'un gros bon d'achat suite à la livraison épique de notre nouveau frigo, investissement fut fait dans un nouveau modèle, de la marque réputée qui va bien.

L'aspirateur n'a pas changé de nom mais a gagné quelques fonctionnalités, comme le fait de se vider tout seul. Et une forme "d'intelligence" (les guillemets sont importants car c'est tout sauf de l'intelligence) qui lui permet de paraître, parfois, sur un malentendu, un peu moins erratique que son prédécesseur.

Je le genre au masculin depuis le début et ça n'est pas un hasard. Jarvis est clairement un mec. Il passe son temps à chougner qu'il est coincé (sur un coin du tapis), qu'il a une pièce bientôt usée, que son sac ne va pas tarder à être plein, qu'il ne trouve pas sa base (pauvre chéri). Ou à se perdre au milieu d'un appartement de 78 m², batterie en berne, plus bon à rien.

Quand, une fois de temps en temps, par un miracle imprévisible, il arrive à boucler sans encombre sa tournée de maison quotidienne, je reçois une notif : "Jarvis a effectué une tâche correctement". Putain, voilà-t-y pas qu'il me réclame un cookie, ce con, not all robots, etc est la pensée peu charitable qui me traverse l'esprit à chaque fois.

En fait, il aurait dû s'appeler Marvin, le Jarvis. (Si tu ne connais pas Marvin, the paranoid android, va réparer tout de suite, tu me remercieras plus tard).