Quelqu'un est mort et ça me laisse stupéfaite.
Oui, je sais bien que des centaines de milliers d'humains meurent chaque jour. Mais celui-ci me touchait d'un peu plus près. Juste un peu.
On se connaissait, on ne se connaissait pas. J'aimais le lire, en grand ou en petit.
Il avait du talent. Il avait des gros soucis. Il n'était pas le premier dans ma vie avec des problèmes d'addiction.
Alors quoi ?
On aide un tout petit peu, comme on peut. En se doutant bien qu'on se fait couillonner, au moins un peu. En se demandant si on ne finance pas le truc en trop, qui fera tout basculer.
Mais parce qu'il n'y a rien d'autre à faire, on aide. Un tout petit peu. On parle, aussi. On soutient.
On ne s'est jamais vus. Pas eu le temps. Grand projet 2024 à oublier dès mars. Allez vous demander pourquoi j'ai tant d'impatience à voir celles et ceux qui comptent : la seule garantie c'est maintenant. Alors voyez, écoutez, embrassez, aimez, vivez, faites ce que vous voulez, mais faites-le avant le grand trop tard, bordel.
On s'est échangé des confidences, entre membres de la famille des grands sensibles accros aux mots et au rock'n'roll.
On s'est recommandé des bouquins. On s'est dit du bien de son mec. On s'est dit du bien de quelques gens qu'on avait en commun.
Et là il n'y a plus rien que quelques messages, quelques élans.
Je n'ai pas de mots pour dire ce qu'on était : copains ? C'est beaucoup ou pas pour quelqu'un qu'on a jamais vu ? Mettons, tous les deux membres de la grande famille des beautiful freaks.
Et malgré cette petite amertume en forme de point d'interrogation, et même si, finalement, c'était une possibilité tellement forte que je ne devrais pas en être si surprise, je suis sidérée par la tristesse de sa mort.
Salut Alexandre. Je suis debout.
