Ca fait deux fois en assez peu de temps que j'expérimente ce phénomène urbain tout à fait étonnant.
Le meilleur endroit où pleurer à Paris, c'est le réseau de transports en communs.
Clairement le bureau est assez contre-indiqué. A la maison il faut endosser son costard de parent, autant que faire se peut. Au téléphone ça rend la communication peu fluide. Oui, bon, la nuit, au fond de son lit. Pour ma part je trouve qu'un lit, c'est le meilleur pour un tas de choses mais pas pleurer.
En revanche, si les larmes se mettent à couler de vos yeux, silencieuses, même abondantes, vous pouvez être parfaitement sûre que personne ne vous interrompra. Ni pour vous demander si vous avez besoin d'aide, d'un kleenex, ou même d'un verre d'eau.
Non, on vous laissera pleurer, tranquillement, au calme. Plus ou moins encadrée par les voisins, selon le remplissage de la rame. Parfois un regard vous scrutera (inquiet ? indiscret ?), mais c'est tout. Pile au moment où le quotidien domestique et le professionnel vous lâchent la grappe. Pile le moment où vous avez le cerveau moins occupé.
Alors voilà, mon conseil, si vous voulez ouvrir les vannes et pleurer un bon coup, que vous y avez accès, allez pleurer dans le métro. Ultra moderne solitude garantie. Et parfois c'est ce dont on a besoin, pendant un moment, un court moment.
