A lire sur le blog privé : Ça avance
vendredi 21 novembre 2014
« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)
vendredi 21 novembre 2014
A lire sur le blog privé : Ça avance
lundi 10 novembre 2014
jeudi 6 novembre 2014
Bon.
Il est l'heure de mettre sur le tapis LE sujet polémique.
Non parce que de toute part ça en cause, autour de moi, ces jours-ci, et le monde ne peut pas continuer à tourner sans un avis de plus.
Le riz.
Soyons clair, le riz est un aliment de base dans nombre de pays, il en existe de multiples variétés et de nombreuses façon de le cuire et de accommoder. Loin de moi l'idée de porter un jugement sur les pratiques des autres.
Mais il faut se rendre à l'évidence, chez les français, on est globalement pas très bons en cuisson du riz. Je veux dire : même dans les restaurant, le riz en accompagnement, c'est souvent pas top. Et quand je vois les rayons rempli de précuit en sachet pas bon, ça me déprime vaguement.
Alors chez nous, le riz, on le rince (en plus, ami surveilleur de l'indice glycémique, dans l'idée de rincer, il y a l'objectif d'enlever l'amidon, et ton riz en sera d'autant moins cruellement défavorable à ton taux de sucre dans le sang). Abondamment, jusqu'à ce que l'eau de rinçage reste claire.
Et après des années chez mes parents de cuisson dans la casserole d'eau, qu'on égoutte après le temps de cuisson, j'ai rencontré un asiatique fourbe et cruel qui a fait entrer dans ma maison un rice-cooker, un immonde truc décoré de fleurs gris pâle et rose pastel mais qui cuit vachement bien le riz.
Donc riz acheté par sac de 22,5 kgs, bien rincé, 3/4 de gobelet par personne, l'équivalent d'une phalange d'eau au dessus du niveau de riz, on appuie sur le bouton, on touille si on est dans le coin à la fin de la cuisson et on laisse au chaud jusqu'au moment de manger, et la vie est belle.
Et toc et paf.
mardi 4 novembre 2014
Comme certains d'entre vous le savent, je me suis présentée, suite à des appels du pied désespérés de la directrice de l'école et du maître de Cro-Mignonne, aux élections de délégués des parents d'élève.
Il faut dire qu'il n'en restait plus que deux, l'an dernier, et dont la vision large était visiblement contestable et contestée.
Du coup on a mis sous pli du matériel électoral et avec mon camarade tête de l'autre liste (pas de concurrence farouche, hein, on est quasi tous élus et avant même le premier conseil d'école, on bosse déjà ensemble), nous avons tenu le bureau de vote un petit matin de début octobre frisquet.
C'est le moment de dire que les questions d'analphabétisme et illettrisme me touchent depuis fort longtemps tout en me faisant bien sentir ma totale impuissance à faire quoi que ce soit. Du temps où, professionnellement, j'ai lourdement insisté pour organiser des conférences de sensibilisation à ce sujet, on m'a dit que c'était la chasse gardée d'un syndicat en particulier.
Et maintenant quoi ?
Parce que là, le pourquoi de notre quartier, notre école, sont un peu traités par dessus la jambe par la nouvelle municipalité saute aux yeux. Une bonne partie des parents d'élèves sont illettrés en français. Pas nécessairement dans leur langue natale, mais en français, oui, donc ce sont les enfants qui lisent, potentiellement, les informations qui leur parviennent. Ou pas. Ou mal.
Une autre partie est analphabète, dans toutes les langues.
Vu comme ça prend aux tripes de voir, sur les enveloppes, Monsieur qui a recopié sur Madame (y compris le prénom parce qu'il ne sait pas écrire le sien ni distinguer le prénom du nom, dans le recopiage), les écritures tremblantes, enfantines, celles, justement, écrites par les enfants pour suppléer...
Vu comme ça prend aux tripes je ne peux même pas imaginer ce que ça fait dans la vie de tous les jours, où tout est écrit, tout doit s'écrire, partout, tout le temps, les stratégies d'évitement, de compensation, l'humiliation constante, le sentiment d'infériorité, le sentiment d'être si facilement manipulable par ceux qui savent, le patron qui te fait signer d'une croix en bas du contrat [1], si à la merci du monde, si petit face aux administrations papivores.
Bref, ça me fait monter des larmes aux yeux et je voudrais bien avoir une BONNE idée de comment apporter quelque chose à ceux qui voudraient apprendre, au moins un peu.
Et je ne sais pas bien quoi.
[1] je l'ai appris dans une étape pro précédente, c'est une pratique super courante notamment dans les entreprises de nettoyage, étonnant, non ?
vendredi 31 octobre 2014
Je crois que longtemps, j'ai dit fièrement que ça m'était égal, la sexualité d'un tel ou d'une telle. Ou que je ne "voyais pas" la couleur d'un tel autre.
Je crois que longtemps je ne me suis même pas rendu compte que ces mots, pris textuellement, ne reflétaient pas ma pensée et pouvaient être insultants pour ceux à qui je voulais dire que je les trouvais aussi égaux que moi, tout simplement.
Que je ne portais pas de jugement sur leurs pratiques sexuelle ou leur couleur de peau.
Cette façon de dire "je m'en fous", elle veut juste dire "je ne suis pas homophobe, raciste" et elle appelle un peu le cookie de récompense.
Or, c'est con, de courir après un cookie de récompense pour bonnes pensées. La "récompense" s'il doit y en avoir une, c'est de penser en conformité avec nos valeurs. C'est de combattre nos réflexes bien ancrés de petits préjugés. C'est de penser faire au plus juste. Pas que nos copains femmes, noirs ou pédés nous disent "ah merci, toi au moins tu ne me juges pas".
Ça m'a pris un certain temps, et je n'en suis pas fière du tout, de comprendre en quoi ça pouvait être blessant. Parce que si je suis femme, je n'en suis pas moins blanche, éduquée, dans un monde fait par et pour les blancs éduqués. Du coup il y a des choses qui me paraissent évidentes et qui ne le sont pas.
On dit souvent : les hétéros ne font pas de coming out. Forcément puisque le monde entier présume que vous êtes, jusqu'à preuve du contraire, hétéro. Du coup dire "je suis hétéro" ne porte pas du tout le même poids que "j'ai eu peur de ce que j'étais toute ma jeunesse, j'ai eu peur de perdre l'amour de ceux qui m'étaient le plus proche, j'ai eu peur d'être un monstre, j'ai eu peur d'être jugé. Puis j'ai accepté mais j'ai eu peur de dire. Et maintenant que je dis, j'ai peur à nouveau de perdre l'amour de ceux qui me sont chers, j'ai peur de perdre mon job, mes copains, mes relations. Mais c'est la somme de ces craintes, de ces souffrances, de ces victoires, qui font la personne que je suis et je suis fier(e) de mon chemin".
Faire son coming-out, ce n'est pas juste mettre sur la place public l'intimité de sa chambre, c'est aussi revendiquer un chemin pas facile.
Nos amis, tous ceux qui, à une occasion ou à une autre, sont dans la position de "minorité" (donc ça m'arrive en tant que femme, même si on est pas moins nombreuses), n'ont pas besoin qu'on approuve ou désapprouve leur chemin, qu'on valide par un "oué je suis d'accord" ou qu'on cherche à justifier nos "je m'en fous".
On peut, intellectuellement, essayer de comprendre leur vie. J'ai vu mon ex victime de racisme quand il cherchait du boulot. Je l'ai vu, j'ai trouvé ça dégueulasse, injuste. Je n'ai pas pris le coup de poignard dans les tripes à chaque remarque à la con.On peut, au travers d'injustices qu'on a vécues, apercevoir ce que ça fait, de loin.
C'est exactement comme quand on parle féminisme et que le type en face nous dit "non mais moi chuis pas comme ça". Super et je suis contente de le savoir. Il n'en reste pas moins que ça ne change pas un certain nombre de situations qui posent problème aux femmes, en général.
Dire "je m'en fous du coming out" c'est dire "je ne suis pas comme ça". Et c'est super, qu'on ne soit pas comme ça. C'est pour ça qu'on fait partie de la clique des gens qui ont envie d'un monde meilleur et que c'est pour ça qu'on s'aime, les uns les autres.
Mais ça ne doit jamais nous dispenser de nous rappeler qu'on voit le monde au travers de nos prismes de gens qui ont eu leurs difficultés et qui n'aimons pas, nous non plus, que les gens viennent nous dire comment bien faire ou bien penser. On voit aussi le monde au travers du prisme de gens qui ont la vie plus "simple" que d'autres. Et à ce titre, on ne peut pas se contenter de" y a qu'à", "faut qu'on", "moi chuis pas comme ça", "dans un monde parfait on aurait pas besoin de"...
Si nous voulons être de bons alliés pour un monde plus équitable, je crois que nous avons le devoir, avant tout, de surveiller nos comportements, de questionner nos évidences, de faire marcher nos empathies, de soutenir avec beaucoup d'humilité.
Nos "je m'en fous" ou nos idées de génie sur les bonnes solutions pour éradiquer homophobie, racisme ou que sais-je devraient être examinés sans nos lunettes de blancs hétéros pour qui la vie est plus simple (j'ai pas dit facile, notez). Soyons prudents, soyons modestes, soyons derrière et ne cherchons pas à tirer la couverture à nous sous prétexte qu'on est moins bornés que d'autres.
Parce qu'on peut blesser ceux qu'on aime, d'une part, parce que le monde entier ne pense pas comme nous et mettre notre alliance comme argument qu'on peut "s'en foutre" est un très mauvais calcul et une vision fort naïve du monde.
Soyons de bons alliés, plus des alliés boulet. Comme dans les combats pour lesquels nous sommes le coeur de cible, si j'ose dire, nous espérons des gens qui nous soutiennent vraiment, pas des gens qui cherchent à plaquer leurs solutions (genre on y avait pas pensé avant). Pas des gens qui cherchent à savoir pour nous. Juste des gens qui nous apportent une vision réconfortante de l'humanité, qui partagent de la bonne énergie.
(Ceci est un encouragement que je m'adresse, pas une leçon de morale, ça reflète mon chemin et je n'oblige personne, hein. Mais avec la modestie qui me caractérise, je trouve que c'est un meilleur chemin que les "je m'en fous").
J'en profite pour adresser à Charles et à Embruns des tas de remerciement parce que leurs mots ont aidé ces idées à finir de se formuler, ces jours derniers. Et parce que, comme quelques autres, les lire me donne souvent des bouffées d'amour des beaux humains. L'amour de notre prochain, comme professent certains sans mettre en pratique.