Pour faire suite aux billets divers de ces derniers jours sur l'entérination par notre société de ce qui est une réalité aujourd'hui, causons enfants. Et homos. Hannnnnn !!!!
En préambule, rappelons que pour faire un enfant,à l'heure actuelle, il faut un ovule, un spermatozoïde et un utérus. Point barre.
C'est plus simple quand tous ces éléments sont répartis sur deux personnes maximum et qu'elles s'échangent le matos entre eux sous les draps, mais si c'est la solution la plus communément adoptée depuis le début de l'humanité, ça n'est pas exactement la seule.
Et là, je pose mes principes, personnels et qui n'engagent que moi : pour élever des enfants, il faut les aimer et leur donner des éléments structurants. Éclairer le monde à notre hauteur, mais leur montrer, avant tout, comme se servir de la torche pour qu'ils puissent explorer le reste. Et faire passer l'intérêt supérieur de l'enfant (pas en matière de choix de jouets, hein, mais d'équilibre, de santé physique et psychologique) au delà de TOUTE autre considération.
Partant de là, il me paraît important d'éclairer la filiation biologique d'un enfant. Même quand on ne la connaît pas. Je pense aux enfants nés sous X, il me semble plus sain d'accompagner un enfant dans son histoire en lui expliquant que sa mère biologique a souhaité accoucher dans l'anonymat que de lui cacher qu'il a une mère biologique. Et l'accompagner sur le chemin de la "recherche" plutôt que de laisser un gros secret dans le tiroir. Qui que soient les adultes qui l'éduquent.
Il me semble d'ailleurs qu'il faut éclairer la filiation dans toute forme d'éducation de l'enfant. Qu'il soit 100% fait maison, fabriqué en éprouvette, adopté, on lui raconte ce qu'on sait d'où il vient, au-delà de nous. Ne serait-ce que pour l'inscrire dans la longue chaîne humaine qui l'a conduit sur Terre et qui se poursuivra après lui. Ne serait-ce que pour partager une histoire.
Ces pré-requis posés, je maintiens ce que je disais lundi. Je ne vois pas au nom de quoi un couple homo serait ni plus ni moins doté de ce qu'il faut pour être une "entité structurante" qu'un couple hétéro. Ni pourquoi on accorderait un droit à certains et pas à d'autres, dans la mesure où le parcours d'adoption est conçu pour "tester" la motivation, l'équilibre, le cadre de vie qu'ont à proposer des futurs parents.
Concernant la PMA, come on ! Le discours aujourd'hui est : c'est réservé aux couples stériles. Mais dans la réalité, la frontière belge est à deux pas. Et des couples homoparentaux, il y en a. Qui ont eu recours à la PMA. Juste ils ont roulé un peu plus. La question ne réside à mes yeux pas dans le "droit". D'abord parce que, une fois de plus, pourquoi donner un droit à certains et pas à d'autres. Sans vouloir blesser personne, un homme ou une femme stérile n'ont pas plus l'équipement de base fonctionnel pour faire un enfant sous la couette qu'un couple homo. Donc soit on crie au fatalisme et on se dit que la vie ne leur réserve pas cette possibilité et que c'est comme ça, soit on ouvre ce droit à tous parce qu'on est les mêmes humains.
D'autant que, et c'est ma "valeur guide" dans tout ce développement, avoir des enfants, ce n'est pas un droit qu'on s'arroge, c'est un devoir qu'on a vis-à-vis d'eux une fois qu'ils sont là, avant tout. La question n'est donc pas tant de comment on le fabrique que bébé que comment on fait de lui un adulte autonome, fonctionnel, citoyen...
Quant à la procréation pour autrui, je n'ai pour religion que l'intime conviction que chacun doit disposer d'une entière liberté de ce qu'il fait de son corps. Et que cette liberté ne doit subir aucune pression d'aucune sorte (économique, psychologique, menaces physiques). Qu'il n'est pas question de transformer des femmes en pondeuses en chaîne payées à l'embryon transformé. Mais qu'il n'y a pas plus de raison d'empêcher une femme qui, par conviction, voudrait aider un couple qui ne peut pas le fabriquer d'avoir un enfant.
En tout cas ça me semble un vrai débat de société à mener, hors de toute considération religieuse et dans l'équité parfaite des droits, aussi bien de ceux qui en bénéficieraient que de ceux qui prêteraient leur corps, le cas échéant.
Et pour conclure : rendez-vous à 19h devant l'Assemblée Nationale !
