La vie et toutes ces sortes de choses

lundi 2 juillet 2012

Lundinite

Vous connaissez cette sensation d'arriver au bureau, le lundi matin, déjà passablement pas content(e) de devoir y aller, et de rester bloqué(e) une bonne minute face au clavier et à l'écran sans trop savoir ce que ce dernier attend quand il nous demande d'entrer un mot de passe ?

Le temps de reconnecter, de se fouiller sa mémoire et de retrouver (ou pas, mais puisque vous me lisez, j'ai dû réussir !), c'est reparti pour la vie de bureau.

Généralement ce moment compliqué de bascule "d'une vie à l'autre", c'est signe qu'on a déconnecté. Complètement.

Et à vrai dire c'est le cas, entre week-end avec enfants, arrivée du bout du monde, des tonnes de papotages, encore du vélo rose, de la cuisine "mère fille" (j'y reviendrai !), de rares moments à deux, un Enchanteur qui travaille, c'était dense.

Mais bon.

Mais épuisant.

Heureusement c'est la semaine, on va pouvoir se repose (si seulement...)

vendredi 22 juin 2012

Lexicologie de bureau

- Hey, salut ! Faut qu'on se voie, je dois te poser des questions sur le trucbidule chouette machin !

- Oué, t'as qu'à m'envoyer une invit' !

C'est par cette phrase, "envoie moi une invit", que se concluent la plupart de nos échanges professionnels.

Il s'agit de planifier sur le logiciel de messagerie qui fait aussi agenda une réunion et d'en envoyer la proposition / invitation à ou aux personnes avec qui on doit s'entretenir.

Que cette phrase soit si fréquente dans nos quotidiens indique une fâcheuse tendance à la réunion qui permet d'expliquer pourquoi on a pas été à son bureau pendant une durée variable, mais jamais inférieure à une heure.

(Par ailleurs, les gens sont généralement surpris de me voir arriver à l'heure de l'invitation, il semblerait que commencer une réunion en retard et la finir encore plus en retard soit un usage local répandu).

Sinon, ici, on prend le lead et on hésite pas à challenger les idées. Et surtout, on essaie d'empêcher le client d'interférer dans notre si belle (ahem) organisation qui nous permet d'avoir à peine assez de temps pour localiser notre bureau, entre trois réunions.

Ah oui, et y a aussi "oué mais chuis en mode projet, là", qui consiste à mimer la suractivité tout en déléguant allègrement les tâches à des "référents".

Du coup on fait pour faire et les résultats sont, généralement, médiocres. Mais notre équipe projet fait le kick off du projet truc ! Et bientôt la livraison du lot 1 (qui invariablement ne correspond pas à ce dont nos clients ont, bêtement, besoin). Mais ce n'est pas grave, on peut dire qu'on a fait.

Hum.

Hum.

Va falloir faire un peu avec...

mercredi 20 juin 2012

Ne dites pas à ma mère que je suis devenue maniaque

J'ai été longtemps très grande bordélique, au point qu'on ne savait de quoi était revêtu le sol de ma chambre.

Et puis j'ai vécu seule et ça a changé, aidée par la suite par un allergique à tout et une Cro-Mi qui asthme, parfois.

Au demeurant, il y a du chemin encore avant de faire de moi une maniaque, une qui brique toutes les semaines derrière la cuisinière.

Mais c'est vrai que, sensible à l'état d'esprit de qui m'entoure, je le suis aussi au bordel ambiant. Que j'ai besoin de pièces qui m'accueillent et pas qui me rejettent.

Et depuis hier soir je tourne et retourne ce malaise dans ma tête, et j'ai fini par trouver. Qu'un peu beaucoup épuisée émotionnellement et physiquement que je suis, ma tolérance au bordel (au vrai gros bordel) est faible.

Ca m'oppresse. Un jour où tout irait avec moins de fatigue, sans doute que je n'y prêterai même pas attention, mais là, savoir ces zones de chaos, ça m'oppresse. Ca m'empêche de me sentir détendue dans un endroit qui est supposé être mon refuge, mon abri, ma maison.

(N'allez pas imaginer que je parle d'un sous verre décalé d'un cm, hein, il s'agit quand même de vrai bazar, je n'ai pas (encore) sombré dans les tocs).

Il y a en moi cette bataille : c'est moi que ça dérange, à moi de gérer. Et cette révolte. Il me semble passer du temps, beaucoup, et de l'énergie, de l'amour, beaucoup, pour que les esprits et les choses soient en ordre, au calme, apaisés, ordonnés, autour de moi. Il me semble que du lever au coucher je suis sur le pont, à entourer, accompagner, donner du temps, du travail, et que c'est transparent.

Autant que possible Il me semble que je fais largement ma part, il me semble que parfois, si je ne fais rien, si je ne dis rien, je vais finir engloutie dans le bazar de mes deux bordéliques et demi.

Il me semble qu'alors, je n'arriverais plus à voir le bon côté des choses. Si je n'ai pas un peu une zone sereine où le regard ne se heurte pas à un gros bordel.

Bref. Ca ira plus serein dans quelques heures.

mardi 12 juin 2012

Le changement c'est maintenant

Ca n'est pas encore annoncé officiellement, mais j'entre doucement dans mes nouvelles fonctions. Ce qui fait que tout le monde sait ce que je fais mais personne n'a le droit de le dire tant que les managers ne sont pas officiellement informés de ce dont ils ont été informés.

Vous suivez ? Moi moyen, mais bast'...

Vaille que vaille, se dessine ce qu'on attend de moi, et ce que je peux mettre de moi dans tout ça et j'en suis plutôt contente.

Mais alors le changement...

J'ai passé des années à être hors du circuit des réunions et j'avoue que la plupart du temps, c'était un pur bonheur.

Là, on est mardi matin, j'en ai 5 de prévues au compteur de la semaine (et je ne travaille pas demain).

On verra si c'est ce rythme qui doit faire le tempo ou bien si c'est juste pour le démarrage, mais c'est un poil trop, il me semble, pour avoir encore un peu le temps de digérer, puis travailler...

Tout ça pour dire que j'embarque cahier et stylo et vous laisse, "j'ai réu !". (Enfin pas tout de suite, à midi, mais je voulais vous faire le coup de la fille over-the-top-méga-déborded !)

lundi 11 juin 2012

Des au revoirs

Il y a, dans ces phases d'intense douleur que sont les deuils, ce phénomène contre lequel on ne peut rien.

Nous ne souffrons pas tous de la même façon. Et la manière de l'un d'exprimer sa peine peut, parfois, venir violemment marcher sur les pieds de l'autre.

Pour autant, il n'y a pas de vérité, il n'y a pas une manière de souffrir, d'être triste. Et sans doute, le début du deuil commence dans la nécessité de "faire de la place" aux façons d'avoir mal qui ne sont pas les nôtres ?

Samedi matin, il y avait un vent frais et du soleil.

Et beaucoup, beaucoup de monde.

C'était très dur. Et très beau.

Je garde dans mon cœur, en vrac et sans ordre, les embrassades avec les sœurs de François,comme si on se connaissait mieux et depuis si longtemps, la représentation des blogueurs avec Gilda, Tarquine, Traou, Gilsoub venus porter vos pensées en plus des leurs.

Le sourire de Benoît, si empressé à nous encourager à ne pas (trop) pleurer, parce que la vie continue.

Les mots de Pierre, si familier avec son père dans l'élégance et la noblesse des mots choisis pour son au revoir.

Les regards de Marie, si familière avec son père dans ses silences pudiques.

Les mots de la famille de François, si touchée par les témoignages venus des blogueurs, heureux de voir le voir ainsi honoré, si apprécié. Ils ont beaucoup remercié pour ça et je vous le transmet.

Nos câlins avec Louise, au rythme des mots de sa maman.

Luce. Ses mots, ses larmes. Ses rires. Sa générosité et son empathie, qui ont fait place à chacun dans le respect de nos tristesse. Sa force et ses fêlures. Son immense beauté dans son infinie détresse. Tout ce qu'il y a d'elle que je ne peux pas vous décrire parce que ça se passe en vibrations, en ondes. La confiance en elle et la peine avec elle.

Luce, ma magnifique, ma blessée, ma toujours beaucoup, dont la simple évocation de la peine suffit à coller des larmes dans les yeux de ceux qui l'aiment.

C'était très beau et très dur.

Tarquine a lancé l'idée que nous avons aussitôt adoptée de dédier le Paris Carnet de juillet à la mémoire de François, pour boire un coup, pour rire de nos souvenirs, pour ceux qui ne pouvaient être là ni à Paris ni à Tours samedi, ou bien pour ceux qui ont envie de se retrouver, de poursuivre le lien qu'il a créé entre nous.

Rendez-vous le 4 juillet, donc, pour ceux qui veulent.

9 juin 2009

(Les mots des blogueurs et quelques nez de clowns en gigogne)