La vie et toutes ces sortes de choses

mercredi 6 juin 2012

Lettre à Paco

Mon cher François,

Tu ne liras pas cette lettre.

Et comme nous nous le sommes répété, entre gens qui t'aimaient, hier soir en partageant la triste nouvelle, si malheureusement il fallait compter avec cette issue-là, ça n'en reste pas moins une très sale nouvelle.

Alors nous on reste, on dit des mots creux et on ronge nos os, comme dirait Samantdi, pour donner du sens à ce qui en a si peu. Pour habiller notre tristesse. Pour essayer d'être un peu utiles, un peu d'une infime aide, à ceux qui restent et qui t'aiment tant, ceux que tu aimais tant toi aussi.

Notre histoire à nous deux, elle est curieuse. On se connaissait surtout avec la bienveillance qu'il y avait sur qui donne du bonheur ou de l'affection à quelqu'un qui nous est cher.

Mais quand même.

Je me souviens de ton regard malicieux, qui pouvait aussi briller de conviction, quand il s'agissait de déplacer une virgule d'un texte que tu aimais.

Je me souviens de ta gentillesse qui perçait dès qu'on te rencontrait.

Je me souviens de tes commentaires sur le blog de ton Elle, quand elle est devenue ton aile. Je me souviens de tout ce bonheur quand la Merveille a été annoncée, puis qu'elle est née.

Je me souviens de rires.

Je me souviens de ton œil bienveillant sur ce qui se tramait avec mon Enchanteur, un soir de juillet dernier.

Je me souviens de ma dernière clope en date, que j'ai fumée en me disant que l'absence de tabac qui suivrait, ça serait, aussi, de la solidarité avec toi et pas qu'un truc que je faisais pour moi.

Je me souviens de tes faux airs affligés devant nos pitreries, ta femme et moi. Ta tête devant mes ailes roses à votre mariage.

Je me souviens de ce nez rouge. Je me souviens de cet avatar dont j'avais dit que je le changerai quand il n'y en aurait plus besoin. Tu sais quoi, François ? Je crois que je ne vais pas le changer tout de suite. J'ai envie de le garder encore un peu, pour te dire au revoir. Sauf si ta Luce me dit que ça lui fait mal.

Je me souviens de tout cet amour qu'il y avait, quand vous vous êtes dit oui. Il y avait ta maladie comme invitée, au mariage, il y avait l'échéance qu'on ne connaissait pas et qu'on espérait reculer de toutes nos dérisoires forces, mais il y avait de l'amour comme rarement on en voit.

Je me souviens de tes lèvres qui récitaient Cyrano en même temps que mon Enchanteur le jouait. C'était un joli moment, je suis contente qu'on l'ait vécu tous les trois.

Et maintenant je vois tous ces gens à qui déjà tu manques. Si la vie était juste, ça fait longtemps qu'on serait au courant, hein ?

L'empreinte que tu laisses dans la vie de ta femme, de ta fille, de tes enfants, est magnifique.

Et tu sais, François ? Tous les gens qui ne savent rien et qui parlent de nos "virtuels". L'empreinte que tu nous laisses à nous fait que nos larmes, notre peine, sont bien réelles. Comme nos souvenirs avec toi. Alors promis, en hommage à ça, à cette belle humanité, on va faire ce qu'on peut pour que ça soit le moins pire possible pour ceux qui restent. Mais tu ne nous as pas laissé une mission facile, tu sais ?

Salut François. Merci pour tout ce que tu as donné de beau.

mardi 5 juin 2012

D'joberie

Chers gens, les aminches.

Comme la nouvelle n'est pas encore officielle, je vous l'annonce en avant-première, assurée que je suis que vous n'irez pas cafter !

Je change de boulot !

C'est un changement dans la continuité puisque je vais faire, environ, trente mètres dans le couloir. Bosser avec ceux qui sont mes coupaings de bureau pour le moment, avec un nouveau chef que je connais depuis 5 ans, donc, au moins, mes repères ne seront pas trop perturbés.

Pour le fond, je quitte la hauteur de vues qui nous occupe pour passer du côté des méchants vendeurs, il va falloir user de plume et d'organisation, de diplomatie et d'inventivité, enfin bref, l'ensemble a l'air assez excitant, et surtout me permet de me décrasser le neurone, englué dans 7 ans de routine.

Pour la forme, ça va aussi me permettre de sortir des pattes de mon chef. Avec qui on a fait le tour des possibilités de travailler ensemble, je pense, et avec qui, au terme de plusieurs mois de collaboration courtoise mais glacée, nous nous quitterons sans trop de regrets.

Enfin pour moi, lui va morfler étant donné son très faible niveau d'autonomie sur les sujets qui vont, désormais, l'occuper.

Gniark gniark gniark !

Comme quoi parfois, le changement, ça a du bon !

(Pour autant, la réévaluation de mon salaire reste un point à négocier habilement dans les mois à venir, parce que là, marre, hein !)

jeudi 31 mai 2012

Usage et utilité des chaussures roses

Mes chaussures font, au bureau, souvent parler.

Non que j'arbore tous les jours des teintes éclatantes, mais suffisamment souvent, au moins à la belle saison, pour que ça soit mon "petit truc" (mon super pouvoir qui ne sert à rien : porter des chaussures qui font causer !).

Mes camarades qui sont des pipelettes et des petits curieux viennent de trouver, en dehors de l'occasion de création de lien et de bonne humeur, une nouvelle utilité à mes pompes.

En effet, les rares bureaux cloisonnés le sont de verre. Mais ! De verre pourvu de bandes dépolies dites "de confidentialité". Et elles portent fort bien leur nom puisqu'une fois les portes fermées, il est bien compliqué de savoir qui complote avec le chef est en réunion et donc pas disponible dans l'instant pour faire avancer le dossier sacrément stratégique de l'approvisionnement en café.

Une bonne partie de mon étage est donc devenu assez spécialiste en "à qui sont ces chaussures", en cette période de réorganisation échevelée que nous connaissons. Un fort bon moyen de gagner le pari du "qui est nommé où" ?

Or, quand c'est moi qui complote suis invitée à parler boulot par l'un de nos chefs... busted ! Ma façon de leur donner en loucedé des infos encore confidentielles ? ;-)

Du coup, pour les nouvelles, je n'ai pas trop hésité sur la couleur !

Pink Crocs !

(Cassedédi à ma môman, qui a les pieds de la même couleur !)

mardi 29 mai 2012

Passage à l'essoreuse à salade

Ca secoue, quand même, ces derniers mois.

Ca secoue, ça fait peur, ça noue les tripes.

Des mots, par milliers, pour se dire des choses importantes et des petits riens, pour se dire les liens.

Ca secoue en bien, aussi. La maison n'est plus une maison "des filles" et ça c'est une vraie bonne nouvelle, à laquelle je dois beaucoup d'équilibre dans les phases qui ont secoué.

Le fait est que, quand même, là, je suis épuisée.

Rassurée : ceux qui nous ont joué des tours vont bien. Avec de l'espoir qu'on s'offre quelques mois (années ? décennies ?) sans grande trouille majeure.

Et épuisée comme quand on décompense. Quand les nuits de sommeil n'y suffisent plus, quand il faut aller chercher dans les réserves et que c'est une fatigue de plus.

Vivement les vacances, qu'on se repose, j'espère.

Et qu'on profite les uns des autres, puisque c'est ça qu'il faut retenir, avant tout : maintenant tout le monde va bien.

vendredi 25 mai 2012

Comment thé ?

Il en boit des litres à la chaîne et ne peut envisager de sortir de la maison sans en avoir deux ou trois mugs dans l'estomac. Au bas mot.

Le premier, pour moi, est bien souvent au bureau, en arrivant.

Je le bois tiédi, parfois froid, et donc bien plus lentement. En général il refait déjà chauffer de l'eau que je n'ai pas fini ma première tasse.

Il a un art de le verser, un doigt posé sur le couvercle de la théière, qu'avec mes petites mains je ne peux pas égaler, alors j'en mets plus à côté que lui.

Il en a une connaissance quasi encyclopédique, j'en ai des approches plutôt "çui là je l'aime et pas çui là".

J'ai arrêté de le sucrer depuis qu'il m'a virtuellement lapidée avec des sucrettes en sachet :p

J'ai hâte de notre prochain thé, tous les deux. Avec un peu de chance et par la magie d'une brève concordance d'emplois du temps, demain après-midi ? Sinon dimanche matin, au réveil...