La vie et toutes ces sortes de choses

mercredi 21 décembre 2011

C'est un complot, j'en ai la preuve

Pour ceux qui n'ont pas suivi, il y a un an je me battais avec ma banque pour qu'elle me donne une réponse, positive ou négative, mais une réponse, sur la renégociation de mon prêt, avec quelques paramètres qui changeaient.

Ils ont mis 6 mois à me promener avant de dire non aux motifs les plus dégueulasses qui soient, je pense.

Là, j'ai trouvé un banquier à qui parler qui a pris l'affaire en main, en trois semaines c'était plié, mon prêt était racheté, et je changeais de banque.

Avec un immmmmmense soulagement. Je ne pense pas que mes sous leur manquent, hein, mais par principe.

Comme il advient généralement en pareilles circonstances, j'ai reçu chéquier et carte bleue (enfin marron). Et le code qui permet à cette dernière de fonctionner.

Quand j'ai soulevé le coin du papier qui masquait le code, j'ai cru m'étouffer.

Quelque part entre la rage et l'éclat de rire.

Figurez-vous que mon code de CB est composé d'éléments de dates de naissances du père de ma fille et de celui qui m'a gentiment rendue cinglée peu après le départ d'icelui.

Là, on en rigole, mais à cette époque, j'étais un peu chamboulée dans tous les sens et je vous jure que ça m'a fait bizarre !

Je m'en suis d'ailleurs ouverte à mon banquier à qui parler qui m'a regardée, incrédule, avant de ponctuer sa surprise d'un "ça c'est pas d'bol". Et de me dire : "tu sais, on peut changer, mais vu la chance que tu as, j'ai peur que ça soit encore pire".

On a bien ri.

vendredi 16 décembre 2011

Photo sensible

C'est un drame de ma vie.

(Prononcer cette phrase d'un ton grave autant que pénétré, le front ridé par le sérieux de la situation).

J'aime la photo. Je veux dire : j'aime regarder des photos, quand l’œil du photographe me touche. C'est un mode d'expression qui me parle, qui m'émeut, me fait parfois penser, et tout ce qui s'essuie ensuit.

Photo sensible, donc.

A intervalles réguliers, je me dis que ça serait drôlement chouette si, moi aussi, je faisais de bien jolies photos.

Sauf que : rien à faire. Mes photos sont moches.

Ah ! Que j'envie ceux qui de l’œil composent, perçoivent la lumière, le mouvement. Ceux qui cadrent et ceux qui déclenchent à l'exact moment.

Ceux qui d'un cliché vont raconter une histoire.

Mes photos, elles sont moches. D'abord y a toujours un truc qui gêne dans le cadre. Et puis je ne sais pas. Il semblerait qu'à l'instant où j'appuie sur le bouton, la raison pour laquelle je me suis dit que l'instant était photographiable s'est envolé. Il réapparaît, potentiellement, dès que j'ai remisé l'appareil, d'ailleurs.

A intervalles réguliers, je me dis qu'avec un bon outil je serais motivée pour prendre de jolies photos. Apprendre. Me promener, gagner en patience, essayer, beaucoup rater, et parfois, une à sauver.

Généralement je ricane dans la foulée à me dire que ça serait bien du gâchis.

Et je suis frustrée. C'est un sujet pour lequel j'ai l'impression que ça se travaille, mais ça ne s'apprend pas, vous voyez ce que je veux dire ?

Au moins il me reste le plaisir d'admirer les photos des autres...

(Une que, quand même, j'aime bien...)

Cro Mignonne, automne 2010

jeudi 15 décembre 2011

Ceux qui insèrent et ceux qui empilent

Avez-vous remarqué ?

Il y a ceux qui insèrent, et ceux qui empilent.

Non ce n’est pas cochon.

Il s’agit des emails.

Pour répondre.

Il y a ceux qui insèrent leur réponse dans le corps du mail original, paragraphe par paragraphe, et ceux qui empilent leur réponse au-dessus.

Je fais résolument partie de la deuxième catégorie, mais il se trouve que je connais beaucoup de gens qui insèrent.

Ca m’amuse, les inséreurs, je me dis que du temps des lettres en papier, peut-être qu’ils auraient passé du temps avec des ciseaux et de la colle, à découper la phrase originale, la coller, puis écrire dessous leur réponse ?

C’est bien fait, la technique, quand même ! Et puis ça épargne de faire copiste ou copieur, d’autant que les lettres en papier, souvent, on les écrit recto verso.

A l’inverse, je dois leur reconnaître plus de sérieux : ils oublient beaucoup moins de répondre à une partie du message et sont moins casse-pieds que les dans mon genre qui répondent et puis renvoient un message « au fait ! » et un autre « et j’ai oublié d’te dire !!! ».

Mais cette tendre moquerie pour les deux parties, hors nous révéler des traits de caractère très parlants sur nos interlocuteurs, n’est surtout qu’un prétexte à dire que j’aime les emails. Les écrire, en recevoir. J’aime que les moyens modernes nous permettent de renouer avec les relations épistolaires (mais pas que).

mardi 13 décembre 2011

J'aime le voir jouer

Puisque le "grand mystère" de l'identité de mon enchanteur est levé [1], il n'aura échappé à personne que ce dernier passe sa vie à jouer.

Heureux homme.

Et moi, j'aime aller le voir jouer.

C'est rare, un métier où c'est non seulement possible mais encouragé d'aller voir les autres travailler, non ?

Et puis surtout, j'aime sa façon de raconter des histoires, de n'être plus tout à fait lui mais son (ses) personnage(s), où parfois je crois l'apercevoir dans l'éclat bref d'un regard, d'un geste qu'il a, aussi, dans la vie. C'est sa capacité à me surprendre chaque fois. A m'embarquer, lui et ses comparses, dans le récit, dans une autre vie, ailleurs, un autre temps.

Je me demande s'il sait à quel point il est capable de m'emmener, de m'émouvoir. S'il le perçoit, vaguement, d'un coin d'oeil, ou dans mes mots, après.

C'est curieux, en parlant d'après, de le retrouver. De le voir réapparaître sous le costume, sous les expressions "d'un autre", de le voir soudain épuisé, et puis, petit à petit, le temps de se refaire le film, de ce qui a été, pas été, de ses sensations, la détente s'installe peu à peu et le revoilà.

J'aime aller le voir jouer, aussi, quand sur le quai de métro samedi, j'ai vu ceci, je n'ai pas pu résister.

Affiche de Cyrano dans le métro parisien

Affiche de Cyrano dans le métro et un clown

Vue des affiches

Allez-y, c'est d'la bonne !

Edit : puisque vous êtes d'humeur joueuse, j'ajoute une vue, et... la réponse à la question soulevée par Raphaëlle, Minium et Pablo suivra, dans quelques heures !

Note

[1] et je rigole très fort à l'idée de mystère, vu qu'un nombre considérable de gens avaient une idée plus qu'assez précise de ce qui se passait avant même que les faits se produisent