Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

mardi 8 avril 2014

Nous sommes tous des extra-terrestres

L'autre soir, je regardais un documentaire sur l'histoire de la terre sur National Geographique (ou une autre chaîne du câble par là-bas au fond).

C'était fort intéressant, encore que basé sur des parti-pris (sans qu'il soit jamais dit que c'était l'un des parti-pris et non un consensus scientifique).

Bref. Assez vite, donc, on nous explique que la terre a été bombardée de comètes porteuses de glace, qui sont à l'origine de l'essentiel de l'eau sur notre planète. Puis que d'autres comètes ont apporté d'autres particules, et que la combinaison des deux mènerait, un peu après, aux premiers frémissements de la vie.

Du coup je souriais en me disant que le monde dans lequel on vit passe un temps énorme à rejeter celui qui n'est pas comme nous. Alors qu'au fond, on est tous extra-terrestres, si on remonte un peu loin dans nos arbres généalogiques.

Mon Enchanteur qui est plus poète que moi préfère citer l'admirable Hubert Reeves et parler de poussière d'étoiles.

Fort heureusement on a refait consensus un peu plus tard devant la mort des derniers dinosaures (il y avait là un T-Rex qui surjouait un peu, si vous voulez notre avis).

(J'aime beaucoup ces moments où se mélangent rêves éveillés, science qui nous est offerte et rigolades).

jeudi 3 avril 2014

Ecolière épistolière

Le père de ma fille lui a ouvert une adresse e-mail, il y a quelques jours, en même temps qu'il lui a créé un accès sur son ordinateur. Comme c'est un grand suppôt (à l'eucalyptus) du système Fenêtres, nous avons jugé, mon Enchanteur et moi, qu'il lui fallait aussi un accès sur mon ordinateur, qui carbure avec un OS pour libriste gauchiste et chevelu, histoire de rééquilibrer les choses.

Cette parenthèse militante fermée, la voici donc, avec son accès sur mon ordinateur, le contrôle parental et le fond d'écran Pokémon installés, fort investie dans une activité épistolière.

Elle adooooooore consulter sa boîte, y découvrir un message. "Je réponds, maman ?" me demande-t-elle.

"Comme tu veux ma chérie".

"Oh oui, j'adooooooore ça".

Elle met une demi heure à taper deux phrases, mais ces deux-là sont justement si pleines d'amour et de fierté d'émettre, elle toute seule comme une grande, une correspondance privée autant qu'autonome, que ça me remplit le cœur de joie.

Dès le début je lui ai dit que son orthographe s'améliorerait avec la pratique, à l'école, en lisant, en écrivant, et que je ne la corrigerai que si elle le souhaite, en tout cas qu'à mes yeux, ça n'était pas une raison pour brider ce qu'on a envie de dire. (Il faut dire que je suis assez confiante en ses aptitudes scolaires pour ne pas me hérisser à mi CE1 sur le sujet).

Sa curiosité naturelle prenant le dessus, elle se tourne à intervalles réguliers pour m'interroger.

"Maman, comment comment ça s'écrit "communiquer" ?"

Ma fille.

Suis fière.

mardi 1 avril 2014

Boum

Or donc.

On était samedi matin, il faisait soleil. On se préparait pour aller au marché et je rigolais sur mon haut qui avait subitement rétréci, particulièrement dans la région abdominale.

On s'est mis en route, pieds nus dans nos chaussures pour les grands, lunettes de soleil sur le nez.

Et paf, le chien. Ou plutôt boum.

Trottoir mal réparé, cheville qui tourne. Tentative de rééquilibrage mal négociée, la faute, sans doute, à ce putain de centre de gravité qui n'est plus jamais à la même place ces derniers temps.Boum sur le genou droit, puis boum sur l'avant bras (oui le droit, forcément, oui, je suis droitière sinon c'est pas drôle).

36 étoiles, douleur vive, tête qui tourne, on passe sur notre sidération collective, je me rassied, tâte de partout, constate que les choses ont l'air en place et que si j'ai mal, aucun os ne me fait hurler. Mon Enchanteur arrive (et c'est héroïque) à me remettre sur pattes et on finit la route jusqu'au marché (pause sur un banc, nerfs qui lâchent un peu, pleurs, soufflage).

Petit à petit je digère la chute et retrouve un peu de couleurs, quand on croise notre ancien maire (enfin il l'était encore à cette heure-ci) qui vient gaillardement me serrer la main (bonjour), avec qui on parle 5 minutes et qui me resserre vigoureusement la main (au revoir). Aïe quand même.

Retour maison.

Attente trop longue à mon goût du moment où je sens des mouvements du petit être à l'intérieur de moi (qui finit par me rassurer quand je mange, comme d'hab, quel fils de son père, çui là).

Depuis, je contemple avec amertume les limites du paracétamol. Ça va mieux de jour en jour, mais j'aurais clairement pas dû conduire ce matin.

Bobo.