Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

vendredi 16 décembre 2011

Photo sensible

C'est un drame de ma vie.

(Prononcer cette phrase d'un ton grave autant que pénétré, le front ridé par le sérieux de la situation).

J'aime la photo. Je veux dire : j'aime regarder des photos, quand l’œil du photographe me touche. C'est un mode d'expression qui me parle, qui m'émeut, me fait parfois penser, et tout ce qui s'essuie ensuit.

Photo sensible, donc.

A intervalles réguliers, je me dis que ça serait drôlement chouette si, moi aussi, je faisais de bien jolies photos.

Sauf que : rien à faire. Mes photos sont moches.

Ah ! Que j'envie ceux qui de l’œil composent, perçoivent la lumière, le mouvement. Ceux qui cadrent et ceux qui déclenchent à l'exact moment.

Ceux qui d'un cliché vont raconter une histoire.

Mes photos, elles sont moches. D'abord y a toujours un truc qui gêne dans le cadre. Et puis je ne sais pas. Il semblerait qu'à l'instant où j'appuie sur le bouton, la raison pour laquelle je me suis dit que l'instant était photographiable s'est envolé. Il réapparaît, potentiellement, dès que j'ai remisé l'appareil, d'ailleurs.

A intervalles réguliers, je me dis qu'avec un bon outil je serais motivée pour prendre de jolies photos. Apprendre. Me promener, gagner en patience, essayer, beaucoup rater, et parfois, une à sauver.

Généralement je ricane dans la foulée à me dire que ça serait bien du gâchis.

Et je suis frustrée. C'est un sujet pour lequel j'ai l'impression que ça se travaille, mais ça ne s'apprend pas, vous voyez ce que je veux dire ?

Au moins il me reste le plaisir d'admirer les photos des autres...

(Une que, quand même, j'aime bien...)

Cro Mignonne, automne 2010

jeudi 15 décembre 2011

Ceux qui insèrent et ceux qui empilent

Avez-vous remarqué ?

Il y a ceux qui insèrent, et ceux qui empilent.

Non ce n’est pas cochon.

Il s’agit des emails.

Pour répondre.

Il y a ceux qui insèrent leur réponse dans le corps du mail original, paragraphe par paragraphe, et ceux qui empilent leur réponse au-dessus.

Je fais résolument partie de la deuxième catégorie, mais il se trouve que je connais beaucoup de gens qui insèrent.

Ca m’amuse, les inséreurs, je me dis que du temps des lettres en papier, peut-être qu’ils auraient passé du temps avec des ciseaux et de la colle, à découper la phrase originale, la coller, puis écrire dessous leur réponse ?

C’est bien fait, la technique, quand même ! Et puis ça épargne de faire copiste ou copieur, d’autant que les lettres en papier, souvent, on les écrit recto verso.

A l’inverse, je dois leur reconnaître plus de sérieux : ils oublient beaucoup moins de répondre à une partie du message et sont moins casse-pieds que les dans mon genre qui répondent et puis renvoient un message « au fait ! » et un autre « et j’ai oublié d’te dire !!! ».

Mais cette tendre moquerie pour les deux parties, hors nous révéler des traits de caractère très parlants sur nos interlocuteurs, n’est surtout qu’un prétexte à dire que j’aime les emails. Les écrire, en recevoir. J’aime que les moyens modernes nous permettent de renouer avec les relations épistolaires (mais pas que).

mardi 13 décembre 2011

J'aime le voir jouer

Puisque le "grand mystère" de l'identité de mon enchanteur est levé [1], il n'aura échappé à personne que ce dernier passe sa vie à jouer.

Heureux homme.

Et moi, j'aime aller le voir jouer.

C'est rare, un métier où c'est non seulement possible mais encouragé d'aller voir les autres travailler, non ?

Et puis surtout, j'aime sa façon de raconter des histoires, de n'être plus tout à fait lui mais son (ses) personnage(s), où parfois je crois l'apercevoir dans l'éclat bref d'un regard, d'un geste qu'il a, aussi, dans la vie. C'est sa capacité à me surprendre chaque fois. A m'embarquer, lui et ses comparses, dans le récit, dans une autre vie, ailleurs, un autre temps.

Je me demande s'il sait à quel point il est capable de m'emmener, de m'émouvoir. S'il le perçoit, vaguement, d'un coin d'oeil, ou dans mes mots, après.

C'est curieux, en parlant d'après, de le retrouver. De le voir réapparaître sous le costume, sous les expressions "d'un autre", de le voir soudain épuisé, et puis, petit à petit, le temps de se refaire le film, de ce qui a été, pas été, de ses sensations, la détente s'installe peu à peu et le revoilà.

J'aime aller le voir jouer, aussi, quand sur le quai de métro samedi, j'ai vu ceci, je n'ai pas pu résister.

Affiche de Cyrano dans le métro parisien

Affiche de Cyrano dans le métro et un clown

Vue des affiches

Allez-y, c'est d'la bonne !

Edit : puisque vous êtes d'humeur joueuse, j'ajoute une vue, et... la réponse à la question soulevée par Raphaëlle, Minium et Pablo suivra, dans quelques heures !

Note

[1] et je rigole très fort à l'idée de mystère, vu qu'un nombre considérable de gens avaient une idée plus qu'assez précise de ce qui se passait avant même que les faits se produisent

lundi 12 décembre 2011

Nouveau départ

Tada !!!

Je vous ai bien eus, non ?

Je rigole. Y avait pas malice.

Là, présentement, j'ai un gros trac de débutante. 8 ans de blogueries pour repartir sur une page blanche, c'est étrange.

Mais pourquoi ?

Premièrement pour me détacher de cette entité d'avant. Même si je sais que dans vos répertoires téléphoniques, c'est sous ce nom que j'apparais (oui, je le sais, pas la peine de nier !), et que d'aucuns ont d'ores et déjà émis le souhait de continuer à m'appeler comme ça (et la réponse est oui, bien sûr), pour moi c'est rattaché à une époque de ma vie qui est derrière. Je ne renie rien, je ne regrette rien, mais c'est autre chose maintenant.

D'autre part parce ce qu'il y a deux lecteurs, l'un silencieux, l'autre, hélas (héllllaaaaas) non, du précédent blog dont le regard et les remarques me mettaient mal à l'aise. Assez pour perturber mon rapport au blog, pour m'auto-censurer, pour retenir quelques billets... Et allez interdire à quelqu'un de vous lire, au prétexte que c'est privé, alors même que c'est sur le nain ternet !!! Alors bien sûr, je vous demande de ne pas donner cette adresse, ni au père de ma fille, ni à l'homme au slip en kevlar. Mais je me doute bien que vous aviez compris le principe !

Et puis j'avais, je crois, besoin de cette mue.

Comme vous pouvez le voir, c'est un changement dans la continuité (oui, je sais, y a encore un peu de boulot sur la bannière mais je peinais de vous faire languir, et j'avais hâte,  et merci, au demeurant, à tous ceux qui m'ont demandé de leur donner des nouvelles. Ce soir je m'en occupe). Mais vous avez vu, y a de belles chaussettes et une paire de pieds supplémentaire (ne lui dites pas qu'il les a très grands, il trouve que ce sont les miens qui sont très petits) ?

Au demeurant et à propos, merci à mon Enchanteur pour l'hébergement, l'assistance technique, l'accompagnement dans la clean-install (héhéhé), la pétouille qui bugait cette nuit réparée en un quart de seconde, l'envie manifestée de continuer à me lire, le soutien à mes délires internètesques, et tout le reste.

Mais on va lire quoi, chez Sacrip'Anne ?

La bonne nouvelle c'est que j'ai une longue liste de billets en attente, et que ça ne devrait pas vous changer de l'ambiance d'avant. Il y a aura des petits bouts de tous les jours, des rires et des colères, de la tendresse, une Cro-Mignonne, sans doute un peu de son comparse le Lutin Facétieux, un Enchanteur. La vie.

La "mauvaise" mais qui est bonne pour moi c'est que je maintiens le cap dans le "pas de contraintes". Donc je vais écrire, sans doute souvent, mais je ne prends aucun engagement, ni auprès de vous, ni auprès de moi, sur un rythme de publication.

Et puis il y aussi d'autres projets en cours dont je vous entretiendrai dès que ça sera prêt.

Il est long, ce premier billet, non ?

Sans doute parce que vous m'avez manqué. J'ai hâte de vous retrouver.

La bise à tous, camarades !