Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

lundi 12 octobre 2015

L'exploit

Je ne me suis pas encore remise du choc.

Figurez-vous qu'on a un matelas épais. Et ceux qui savent, savent, c'est compliqué de trouver des draps-housse pour matelas épais, ça coûte une fortune, bref, une constante épine dans le pied, un caillou dans la chaussure quotidien[1] !

Dans un éclair de clairvoyance, j'ai vérifié ce que le dealer de matelas, un suédois bien connu de tous, vendait. Et il en avait. A un prix fort raisonnable.

Nous avons donc engouffré nos jeunes punks chevelus dans la voiture et avons mis cap sur le magasin du suédois le plus proche, avec comme objectif : un déjeuner tôtif au restaurant du magasin + acheter quelques draps-housse, le tout en revenant pas tard vu que le plus jeune des punks chevelus avait catégoriquement (et bruyamment) refusé de faire sa sieste du matin.

Nous avons donc mis le cap sur le restaurant. A part une erreur stratégique monumentale : venir avec le déjeuner du petit et le convaincre que c'est meilleur que les frites des grands. Il a mis toute la résistance dont il est capable à nous convaincre de lui faire goûter TOUT et a à peine touché à son plat. Ça a été un peu long et parfois pénible. Mais bon. On a survécu, globalement. Note pour plus tard : se souvenir à l'occase qu'ils font du repas bébé et que de toute façon, il préférera ce qu'il y a dans notre assiette.

Et puis on a été acheter trois draps et on est sortis.

Non vous ne rêvez pas. Entre une volonté absolue, un agacement post déjeuner notoire et une connaissance diabolique des raccourcis, nous n'avons acheté que ce pour quoi nous étions venus.

Et, à mon humble avis, on devrait remettre des médailles pour ça.

Note

[1] dit celle qui se retrouve tous les matins avec le drap housse déhoussé alors que son voisin de lit, non, quelle injustice

lundi 28 septembre 2015

Douceurs d'automne

Comme il faut, comme on peut, se créer une carapace pour résister à ce qui ne nous va pas dans le monde, il faut bien regarder autour de soi et trouver le plus doux.

Comme des rires d'enfants, du soleil d'automne, de la douceur en plein air.

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Hier c'était les premières (très appréciées) descentes en toboggan de Lomalarchovitch.

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Il faisait beau, il y avait une petite fille beaucoup plus vieille mais pas tellement plus grande qui parlait l'extra-terrestre avec beaucoup de convictions, une grande soeur aux petits soins, une mère qui a failli se prendre un marron sur la goule (pas la faute de mon voisin, mais celle des marronniers et du vent qui soufflait bien).

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Il y avait mon tout petit tout fier de ses supers pouvoirs de marcheur grimpeur glisseur, ma grande crâneuse sur son beau vélo, un moment à trois joliment partagé.

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Et puis le retour, la sieste, du tricot tout doux pour les enfants présents et ceux à venir.

Notre toute petite portion de monde était jolie.

vendredi 18 septembre 2015

Je voudrais

Je voudrais que dans mon oreille, devant mes yeux, ça soit plus doux.

Que dans ma télé, ma radio, mon journal, devant ma machine à café, ça soit un peu bienveillant, parfois.

Qu'on cesse de nous inonder de ceux qui trichent, s'arrangent avec la conscience qu'ils n'ont pas, s'acharne à être contre ce que les autres pourraient avoir et que peut-être (mais peut-être que non), du coup ils n'auraient pas, ou autrement. Que juste l'idée que quelqu'un d'autre ait quelque chose, une chance de vie, une chance de liberté, d'égalité, de fraternité, ne soit pas vécu comme un risque ou une agression.

Je voudrais que l'intelligence collective refasse surface.

Je voudrais qu'on nous parle beaucoup beaucoup des exemples vertueux, qui existent et qui sont (encore) nombreux, pour nous montrer un monde qui fasse moins peur et qui donne envie de participer en bien, pas de s'arc-bouter sur nos petits ou grands avoirs.

Moins de menteurs outranciers, moins de voleurs, moins d'individualistes forcenés, moins de soif de pouvoir ou de pognon.

Je voudrais moins de violence, de haine, de manipulations. Je voudrais qu'on ait envie de vivre ensemble.