Rhapsodie en lumières orangées dans le bleu froid

Il y a un peu plus de 20 ans, j'ai commencé à raconter n'importe quoi sur les blogs et j'y ai fait une découverte majeure. Des gens. Plein de gens. Avec qui on pense / se comporte / ressent suffisamment pareil pour se sentir en tribu.

Il faut dire qu'auparavant, je me sentais un peu isolée, à part mon amie d'enfance et celle de la fac, toujours un peu cinquième roue du carrosse, pas la plus indispensable du lot.

Et là, ces gens. Qui comprenaient ce que je disais, qui fonctionnaient selon des mouvements compatibles.

C'est ainsi qu'est né mon cercle d'amis, pour la plupart de plus de vingt ans, maintenant.

Tous neuroatypiques as fuck, je le crains bien, hyper, dys et compagnie, même si on est nés à une époque où ce mot n'existait pas et où on était priés de se conformer, merci, bisous.

Il en est une parmi nous qui jure qu'elle est la seule "normale" au milieu de cette tribu de freaks. Ne la croyez pas. (Elle est facile à reconnaître, c'est celle qui s'endort au milieu de 15 bavards, enroulée dans 4 plaids par 18 degrés).

À les fréquenter, j'en ai oublié le décalage, je me suis fabriqué un monde où les gens se comprenaient bon an mal an, et quand ils ne se comprenaient pas, en discutaient. Ça fonctionne pas mal.

Ces derniers temps, je suis brutalement ramenée au sol, j'habite plusieurs heures par jour dans un monde où les repères intellectuels ou culturels sont très différents des miens. Vraiment très.

Alors je fais ce que je peux pour que ça se passe bien aux heures ouvrables mais c'est un peu compliqué à gérer, parfois (et pas vraiment à double sens, surtout.)

Alors je pense à ceux qui comprennent. La tribu des internets, celles et ceux qui m'entourent et avec qui tout est tellement plus intéressant.

Ma tribu, du web ou d'ailleurs, points de lumière dans le froid environnant.

Les lumières de Paris comme points orangés chaleureux dans la lumière bleue de fin de nuit. Les lumières de Paris comme points orangés chaleureux dans la lumière bleue de fin de nuit. Les lumières de Paris comme points orangés chaleureux dans la lumière bleue de fin de nuit. Les lumières de Paris comme points orangés chaleureux dans la lumière bleue de fin de nuit. Les lumières de Paris comme points orangés chaleureux dans la lumière bleue de fin de nuit. Les lumières de Paris comme points orangés chaleureux dans la lumière bleue de fin de nuit.

Commentaires

1. Le mardi 23 décembre 2025, 10:56 par Nina

Mon jeu, c'est de trouver d' où tu prends les photos ! Pas trouvé.

2. Le mardi 23 décembre 2025, 11:18 par quitusais

Moi je dirais de Paris (enfin ça y ressemble plus qu'à la rocade de Mauzé-sur-le-Mignon), et merci de partager Paris !

3. Le mardi 23 décembre 2025, 11:23 par Kalys

"À les fréquenter, j'en ai oublié le décalage"

Ça me parle beaucoup, ça ! À tel point que j'ai mis du temps à comprendre qu'il y en avait bien un et que ça ne voulait pas nécessairement dire que j'étais nulle :)

4. Le mardi 23 décembre 2025, 11:28 par Sylvie

Je te comprends petite Anne.
Parfois moi aussi je ressens cette « différence » comme un coup sur la tête.
Et j’adopte la seule attitude protectrice : la distance.
Je sais que dans certains cas, elle est impossible physiquement alors dans sa tête, il faut ouvrir un petit espace douillet où on rigole entre nous alors que pour l’extérieur on dodeline de la tête en poussant quelques : « oui oui tu as raison »
et en souriant.

Je dis ça mais je sais combien ces gens pas comme nous peuvent être toxiques.
Plein plein de bisous

(Sinon moi comme la copine aux plaids, je suis la normalité incarnée… mais moi c’est vrai ! Hi hi )

5. Le mardi 23 décembre 2025, 11:42 par Sacrip'Anne

C'est très facile, Nina, je prends mes photos du toit de mon bureau !

quitusais bravo !!!

Kalys des années de boulot...

Sylvie absolument bien sûr totalement, ma chère !! A quelques détails près !

6. Le mardi 23 décembre 2025, 12:15 par Kozlika

Il y a un biais d'entrée kanmême, faut être un peu fêlé·e pour ouvrir un blog (je parle des blogs personnels, pas des blogs de technobro) !

J'aime beaucoup beaucoup la cinquième photo. Des signes de vie de gens qu'on ne croisera probablement jamais, dont on ne sait rien, et c'est merveilleux.

7. Le mardi 23 décembre 2025, 12:16 par Sacrip'Anne

Kozlika et seuls les fêlés laissent passer la lumière, c'est chose connue. Merci !

8. Le mardi 23 décembre 2025, 12:50 par la souris

Hiii, ces fenêtres de chaleur dans l'océan bleuté des toits parisiens ! Petit faible pour la troisième photo, avec sa touche organique.
(Ici, c'est à la trentaine bien tassée que je me dis que ce que je prenais pour normal ne l'était peut-être pas tant que ça… et que ce la "fantaisie" que j'affectionne tant pourrait bien être un synonyme discret de neuroatypie. Cela me semble si naturel de chercher la compagnie de ces personnes que j'en viens à me demander où et qui sont les gens normaux ; y en a-t-il vraiment ?)

9. Le mardi 23 décembre 2025, 14:12 par Sacrip'Anne

la souris c'était ma préférée aussi quand je l'ai prise (alors que pleine d'imperfections techniques) et je l'ai envoyée en guise de bonjour à une personne en particulier. C'est à mi trentaine que j'ai commencé à comprendre, aussi. C'est un chemin ramifié avec des choses qui ne sont utiles que pour soi et d'autres essentielles dans notre rapport au monde / aux autres.

Pour répondre à ta question : tout le monde est absolument unique. "Les gens normaux", ça n'a pas vraiment de sens, en effet. Et puis il faut fonctionner avec tout le monde, je le crois (je le crains, certains jours). Mais. Il y a quand même des convergences et divergences vers des façons d'être au monde plus marquées entre certain(e)s qu'entre d'autres.

10. Le mardi 23 décembre 2025, 14:52 par Anna

Ça me parle beaucoup, cette histoire de décalage.

11. Le mardi 23 décembre 2025, 15:54 par Sacrip'Anne

Anna évidemment.

12. Le mardi 23 décembre 2025, 18:03 par Fredoche

Sont ils normaux ou raisonnables, ces gens qui pensent que le monde tourne rond ?
Je maintiens que la raisonnablitude nous tuera avant la décadence, et qu'en attendant.. Profitons.

13. Le mardi 23 décembre 2025, 19:05 par Sacrip'Anne

Fredoche ils sont qui ils sont. Mais profitons quoi qu'il en soit !

14. Le mercredi 24 décembre 2025, 09:50 par Acanthe

Les toits de Paris ! La joie de cette vue compensait largement les fatigants déplacements professionnels dans la grande ville. Joyeux Noël, en famille ou en tribu (ou les deux ?)

15. Le mercredi 24 décembre 2025, 10:20 par Sacrip'Anne

Acanthe, oui, je fais ça en masse, des toits de Paris. Non, Noël seule, bonnes fêtes à toi.

16. Le mercredi 24 décembre 2025, 15:52 par Orpheus

Ah mais elles sont magnifiques ces photos… et tellement bien choisies pour illustrer ce billet. Les amis comme des lueurs dans la nuit… Mi piace. Même si c’est d’autant plus pénible quand certaines de ces lumières vacillent…

(Et pour celleux qui s’autoproclament dans la normalité, on ne fera aucun commentaire… tout au plus un regard en biais…)

17. Le mercredi 24 décembre 2025, 16:05 par Sacrip'Anne

Orpheus merci ! Et oui, regardons d'un biais rieur.

18. Le mercredi 24 décembre 2025, 19:36 par Gilda

Qu'est-ce qu'elles sont belles, ces photos !
À mes yeux, nous sommes les normaux, ce sont les autres les bizarres.
Mais je l'avoue, même si mon environnement professionnel est plutôt plein de gens qui lisent qui écrivent même les jeunes, je serai soulagée si je tiens jusqu'à la retraite, lorsqu'elle arrivera. Le monde professionnel de nos jours me demande beaucoup de décodage (et d'énergie), même en étant dans le meilleur des cas.

19. Le jeudi 25 décembre 2025, 08:03 par Sacrip'Anne

Oh merci Gilda ! Ca me touche beaucoup. J'ai pas mal bossé sur l'exposition ces dernières semaines, et couplée avec une sorte de thème intérieur "chercher la lumière dans l'obscurité", nous voilà. Merci merci merci. Quant au reste... soupir. Tiens bon, tu es plus près que moi.

20. Le jeudi 25 décembre 2025, 15:46 par Alana

Moi, c'est la dernière ma préférée, mais je ne sais pas pourquoi.
J'ai ri sur "Elle est facile à reconnaître, c'est celle qui s'endort au milieu de 15 bavards, enroulée dans 4 plaids par 18 degrés." que. j'ai immédiatement reconnu. Tu la décrit parfaitement ;-)

21. Le jeudi 25 décembre 2025, 18:38 par Sacrip'Anne

Alana Merci !!!

22. Le jeudi 25 décembre 2025, 22:23 par Lysa

Oh oui elles sont chouettes ces photos... Et moi y a vraiment pas longtemps que j'ai (enfin !) mis un mot sur ce "fameux" décalage... Mais oui, suis entourée principalement de gens "comme moi" que j'ai aussi pour certains rencontrés via leur blog... Drôle de vie...

23. Le vendredi 26 décembre 2025, 09:17 par Sacrip'Anne

Lysa C'est quand ça empêche de vivre bien que c'est utile de savoir, sinon...

24. Le vendredi 26 décembre 2025, 22:05 par Vealaure

Cette tribu que je suis aussi, de loin, depuis longtemps
Que j'ai toujours appréciée au gré des écrits (toi, Tarquine, Mouk, Luciole, sa sœur...si ma mémoire ne joue pas trop 😉) .
Avec un peu de regrets, ces Carnets où je n'ai pas pu venir, un peu peur, un peu occupée

25. Le vendredi 26 décembre 2025, 22:29 par Indesp

Un billet très joliment (et pertinemment) illustré !
Qui me parle beaucoup depuis ce jour, il y a une dizaine d'années, où j'ai pris conscience que le décalage n'était pas nécessairement dû à une "faute", mais simplement à ... un décalage, qu'il fallait assumer. Et que je n'étais pas seule...!

PS. Il y a plusieurs mois maintenant, j'ai lu le [bouquin ici évoqué|https://sacripanne.net/post/2025/07/15/les-livres-qui-changent-la-vie] , et j'ai adoré. Merci (aussi et encore) pour ce partage !
26. Le mardi 30 décembre 2025, 20:18 par Sacrip'Anne

Vealaure sa sœur et même ses sœurs !

Indesp double merci !

27. Le dimanche 4 janvier 2026, 20:59 par Laure (Racontars)

Elles sont jolies tes photos (et ton texte aussi d'ailleurs) :-)

28. Le lundi 5 janvier 2026, 15:45 par Sacrip'Anne

Merci, Laure !

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