Il m'arrive, parfois, souvent, de retarder de quelques minutes le moment de rentrer chez moi. Parfois plus que quelques minutes.

Ça a commencé quand la vie avec mon ex m'est devenue compliquée. Ça s'est accentué quand on s'est séparés mais qu'on cohabitait.

C'est devenu un moment courant.

En principe, quand je sors du train, s'il y a un bus qui passe dans les sept minutes, c'est rentable (en temps) de l'attendre. Sinon, ça ira plus vite à pied.

Alors on pourrait se dire, fastoche, voilà une prise de décision facile.

Sauf que.

Souvent.

J'ai envie de lire, un peu plus longtemps. Ou d'écouter de la musique sans être interrompue. Ou juste être là, dans le flot de mes pensées, n'être personne, pour les gens qui m'entourent, d'autre que la dame qui attend le bus à côté d'eux. Penser, réfléchir, respirer.

Pas des heures, non plus.

De loin en loin il m'arrive même de laisser passer un bus. Prendre le suivant comme on achète au temps quelques minutes qui ne servent à rien.

Cheap bargain.

Pour quelques instants, pas forcément tristes, pas forcément teintés, mais juste à moi.

Un arbre sur le toit du bureau, un jour de neige.

Commentaires

1. Le lundi 2 février 2026, 20:56 par Orpheus

Le monde extérieur à Paris est tellement agressif ou déprimant que je me hate de rentrer. Pour ce qui est de lire un peu plus longtemps ou écouter de la musique tranquille, je préfère le faire dans le calme de mon home sweet home. (je comprends qu’il est des circonstances où le home n’est pas au top de la sweetitude cela dit…)
Peut-être je devrais me forcer à trouver davantage de beauté dans les rues, des petits instants de grace qui me donneraient des raisons de prendre le temps de traîner plutôt que de me hâter entre deux destinations…

2. Le lundi 2 février 2026, 21:08 par Acanthe

Quand je rentre chez moi en transport en commun, ou que je vais quelque part avec un peu d'avance, je descends toujours un arrêt plus tôt, j'aime ces quelques minutes solitaires, où je prends le temps.

3. Le lundi 2 février 2026, 22:39 par Kozlika

Les espaces, physiques ou temporels qu'on se réserve, précieux.

4. Le mardi 3 février 2026, 06:31 par Laurent

Ça m'est arrivé pas plus tard qu'hier. Saisi par l'urgence (toute relative hihi) de retravailler un billet, je me suis posé sur un banc public, affairé, et laissant passer les trams.

5. Le mardi 3 février 2026, 08:03 par Sacrip'Anne

Orpheus la beauté a très peu à faire dans l'histoire, dans mon cas. L'arrêt de bus est au pied de la voie ferrée, dans une rue sans attrait particulier.

Acanthe bonne(s) promenade(s).

Kozlika oui, oui, oui. Ça me rassure, j'ai cru que vous alliez me faire interner de force, après ce billet, au moins une qui sait !

Laurent et de deux !

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