Il est désormais rare que je parte avec mes deux enfants. L'aîné a son rythme universitaire, pesant, ses contraintes, son agenda non lié aux vacances scolaires et, disons(le nettement, sa vie, celle dans laquelle je n'ai plus un rôle prépondérant. Et c'est ainsi. J'aime qu'il se sente libre, j'aime aussi comme il vient aux nouvelles tous les jours ou presque, pour une mise à jour domestique, une pensée, ensemble à distance.
En revanche j'essaie d'aérer le "petit" (ceux qui l'ont vu en 3D savent que ça n'est pas le mot qui lui est le plus adapté) plusieurs fois par an. Et j'aime beaucoup ces moments partagés, juste lui et moi le temps du trajet, et puis avec les amis chez lesquels on débarque, couverts de quotidien et de pollution parisienne, heureux de s'ébrouer à leur contact.
Il n'est toujours pas complètement diplômé en organisation, mais on avance, il fait désormais son sac seul - en me proposant une liste de choses à mettre dedans. En oublie régulièrement une partie (dans la liste, puis dans le sac à dos. Pas les mêmes oublis, d'ailleurs, ou pas forcément). Il lui est arrivé de partir avec du linge sale au lieu de propre. Je prends presque toujours deux chargeurs, parce que devinez quoi.
Je râle, je soupire, je vitupère, je fais des lessives et des courses mais, bon an mal an, il progresse et on apprend à voyager ensemble. Il arrive même à être prêt à partir à l'heure à laquelle je lui dis que je veux partir, une sorte de petit miracle.
Une fois arrivés, il marque son territoire pré-adolescent d'une attitude rebelle qu'il n'a pas au quotidien (tiens, cette fois, il n'a pas essayé) et puis vit sa meilleure vie dans un coin à lui, à s'occuper exactement de la même façon qu'à la maison : le nez sur son PC, ou une console. On arrive parfois à lui faire prendre l'air, dans ces moments il nous inonde de son bavardage infini.
Il est drôle, tellement, un peu étonnant, aussi ; la pommette et le nez ronds encore très enfantins, la stature en progression constante, les pensées s'étalant du registre le plus immature à la sagesse ancestrale. Et une sorte de ferveur qui le tient quand il parle des choses qu'il aime, de celles qu'il trouve injustes.
Et puis, toujours, son regard bleu presque gris qui illumine toute chose quand il pose les yeux dessus.

Commentaires
T'es une vraie MAN-MAN quoi !!! ;)))
On dirait bien, Matoo !
Joli portrait tout en contrastes que, je suis sûr, tu seras contente de relire dans 10 ans, ou de lui lire/relire.
Laurent j'espère, oui !
Sacré p’tit bonhomme quand même… ❤️
Et quelle sacrée bout d’femme aussi…🫡
Orpheus ♥️
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