Depuis quelques jours, je bénéficie de trois mois gratos sur Cafeyn. Et oui, j'ai bien pensé à résilier pour ne pas commencer à payer 11,99 € par mois pour constater que je l'utilise finalement peu.
En attendant, je lis la presse un peu plus régulièrement que d'habitude. J'en profite pour fouiner du côté de l'art (musique, ciné, photo, tout ça).
Et.
Je m'ennuie.
De façon agressante.
En fait, ça n'est pas seulement de l'ennui. C'est de la colère, aussi.
Qui pourrait, s'il vous plaît, empêcher tous ces gens de nous expliquer à quel point ils savent ? Comme leur culture est large, comme leur avis est pertinent ?
Moi, quand on me parle d'un livre, d'un film, de musique, d'une expo, j'aime qu'on m'ouvre une porte. Juste assez pour jeter un coup d'œil, me captiver un peu. Me donner envie. Et c'est tout.
De longue date, les critiques et chroniqueurs qui se paluchent sur leur bon goût me font chier. Il arrive même qu'on ne soit pas totalement sûr, au bout de leur papier, qu'on a vraiment parlé de l'œuvre en question. Du mec qui écrit, oui, en long, en large, en travers. De celui ou celle à l'origine de ce dont on parle ? Peut-être. Surtout s'il y a des banalités à ressasser.
Si ces magazines m'étaient accessibles en papier, je les fermerais rageusement avant de les envoyer valser dans la pièce tellement ça m'horripile.
Fort heureusement, c'est en ligne que je les parcours, que j'ai tout oublié une fois arrivée à la fin et que je ferme l'onglet d'un seul clic (oui mais un clic définitif, impoli, fâché).
Une dernière chose. Le prochain qui écrit "une ode à..." (la joie, la vie, l'enfance, n'importe quoi), je le cloue au mur.
Ouvrez juste la porte, merde. Juste un tout petit peu[1].
Un jour, quelqu'un m'a dit que je faisais de la photo de seuil. Je n'ai évidemment pas compris ce dont il s'agissait : je ne suis pas équipée intellectuellement pour ça. Mais j'ai fait des photos de portes et de couloirs, du coup. (Non, pour de vrai, rien à voir.)
Note
[1] Et si un jour je vous dis que vous m'avez donné envie de lire / voir / écouter quelque chose, soyez conscient de la valeur du compliment.

Commentaires
Magnifique, ce billet est une véritable ode à n'importe quoi !
(pardon, j'ai déjà pris la porte) (celle qui était ouverte, un tout petit peu)
manu arf ! Une ode à l'indomptabilité des dilettantes ! (Cloue moi au mur si nécessaire).
Je ne comprends sincèrement pas la photo de seuil ? Cela voulait dire quoi ? Sans déc hein. :D :D :D (Bon bah j'aurais aussi photographié des portes du coup. ')
J'ai cherché ce qu'était une "photo de seuil". J'ai trouvé :
Photo de seuil de portail créé par BPF Maçonnerie
Photo de Seuil-d'Argonne (55) situé à 4.69 km d'Èvres
Photo de Seuil (08) situé à 2.31 km d'Ambly-Fleury
Pas sûr que ce soit ça…
Complètement en phase. J'apprécie en revanche beaucoup quand la personne qui parle d'une œuvre en parle à la première personne. Souvent même, ça me donne envie quand la personne est enthousiaste, même si le sujet ne m'intéressait pas ou peu au départ. Ça ne veut pas dire qu'elle ne transmettra pas de connaissances mais qu'elle ne le fait pas depuis son piédestal « objectif et savant » et qu'elle partage de l'émotion (on revient à ton billet sur la photo en fait).
La photo de seuil a pour equivalent en art pictural "la peinture de jeune fille".
No comment
J'ai en horreur les "sachants" qui se permettent d'affirmer de leur insigne hauteur tout un tas de trucs inutiles ayant parfois un rapport ténu avec le sujet de l'œuvre qu'ils critiquent, tout en la débinant parfois gratuitement.
Le critique établi est d'abord là pour se mettre en avant, étaler sa culture, citer des choses qu'on se doit de connaître
(sinon on sera damné), bref, il joue son rôle.Il est bien plus rafraichissant de parcourir des webzines pour lire des choses qui donnent envie, même dans des styles auxquels on est moins sensible a priori, par des personnes passionnées, et (très souvent) pas payées pour le dire.
Il se trouve que grâce à ma médiathèque, j'ai la chance d'avoir un accès gratuit à Cafeyn, et je picore ici ou là. Ma seule lecture presque assidue est pour Réponses Photo, je suppose que tu y jettes aussi un œil ?
Matoo lapin compris. Genre j'étais à la fois dans et hors de la scène (ben oui, je ne vois pas bien comment faire autrement). Bref. Un branleur qui fait des phrases.
Alain K. alors techniquement, c'est le seuil du 15 rue Montcey dans le 9e de Paris, sauf que j'ai cadré de sorte qu'on ne voit pas le seuil (en tout cas le sol). J'te jure, les gens.
Kozlika oui, moi aussi, la première personne. Et les engouements, la mauvaise foi crasse mais sincère, ce genre de choses. Et oui ça résonne, je dois être cohérente, finalement, à l'occasion !
Catherine ah oui la bonne insulte. Bon. Peut-être qu'il m'insultait ?!
Tomek je l'ai mis dans mes favoris mais pas encore consulté, je fais ça dès que je peux ! Merci !
Tomek (rassure moi, dis moi qu'ils disent dans le dossier que Robert Capa n'est pas une seule personne mais Friedmann + Gerda Taro et que les photos présentées sous le nom de Capa ont été prises par l'un ou l'autre ? Sinon je ne lis pas !)
Ah, je ne l'ai pas encore lu ! Je te dirai.
Tomek merci !
On est d’accord que les auteurs de critiques parlent indirectement plus d’eux-mêmes que de l’œuvre en question.
Du coup, je ne sais jamais après avoir lu si j’ai plus ou moins envie de voir le truc…
Je préfère aussi comme Kozlika et toi quand le JE est assumé. Quand on est plus sur une description du ressenti que sur une affirmation péremptoire d’une vision personnelle qui ferait autorité.
La discussion continue ailleurs
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