En ce moment, tout le monde est le toxique de quelqu'un d'autre. Dès que quelqu'un fait quelque chose qui nous est désagréable, le mot tombe, affaire classée, cette personne est toxique.
Des parents au manager incompétent en passant par l'ex.
Toxique, ça veut dire : qui agit comme un poison.
Et je ne sais pas vous, mais moi, des relations foireuses, j'en ai eues, mais des qui agissent comme un poison (avec dommages physiques ou neurologiques pouvant aller jusqu'à la mort, donc), pas tant.
Je comprends que dans certains cas, une autre personne peut vraiment nous faire vriller, qu'il n'est pas tout à fait vrai que l'autre n'a sur nous que le pouvoir qu'on lui donne.
Mais pas tout le monde. Souvent c'est juste : pas agréable, pas ou plus le bon moment de nos vies, trop lourd à porter.
Ce mot, toxique, employé dans ce contexte, il me parle en mal de notre difficulté à nouer des relations humaines, là, maintenant.
Bien sûr que ce ne sont pas des douleurs qu'on s'invente, ou des phases pénibles à vivre. Mais il me semble qu'à balancer du toxique sur tout ce qui bouge, on manque un peu de respect pour des gens qui sont vraiment coincés dans des relations dangereuses pour eux.
Par-dessus ce malaise général, la difficulté qu'on a, nous, humains, à se faire entendre, comprendre.
Je ne compte plus les visios où quelqu'un me partage son écran pour me montrer ce que lui dit "son" ChatGPT, dans un cadre pro, et où je vois dans la colonne de gauche l'historique de questions personnelles, très, parfois, trop. De la part de gens intelligents, capables de réflexion.
Seuls avec leurs problèmes, dans un monde où il est compliqué de dire "je ne sais pas faire avec ce qui m'arrive" sans que d'autres humains nous assènent des solutions miracles pour retrouver le chemin de la sérénité productivité.
La douleur, la peur, la tristesse, la solitude sont devenues des business, on ne supporte plus notre propre impuissance face à la peine des autres.
Est-ce que ça n'est pas le monde qui nous serait devenu toxique ?

(Oui pardon, c'est la pizza de mon fils l'illustration de toxicité.)
Commentaires
Une fois encore, je suis d'accord avec toi. Complètement. Dans la relation à l'autre, prime le respect de son indépendance, de sa liberté personnelle. De son passé. Sinon, comment vivre ensemble au présent ? Comment imaginer l'avenir ? Cela demande une certaine honnêteté vis-à-vis de soi-même.
Catherine une qualité mal répartie...
Et parfois ça ne suffit pas, de comprendre qui est l'autre et pourquoi on en est arrivé là. C'est comme ça. C'est une relation qu'on ne peut plus faire vivre en l'état sans se trahir, ça ne veut pas dire qu'elle pourrait nous tuer
Merci de comprendre ce que je cherche à dire : il paraît que j'ai écrit que les relations toxiques n'existent pas... (La fatigue, la fatigue)
Alors, moi j'dis que c'est pas super sympa, sympa, d'avoir illustré ces histoires de toxicité avec la photo de la première pizza expérimentée par le fiston.
C'est même limite moche, hein.
C'est un peu comme si tout un petit groupe s'était moqué pendant plus d'une décennie de la galette républicaine de Kozlika...
Pour dire !
Pep je suis une mère toxique, que veux-tu. (Par ailleurs on rappelle que son frère a vomi, symptôme d'empoisonnement, non ?) 😂
“on ne supporte plus notre propre impuissance face à la peine des autres.”
Mais l'a-t-on jamais supportée ? Dans cette société, je ne suis pas sûre. Je ne me suis jamais retrouvée si seule qu'il y a très longtemps quand ma mère mourait du cancer : les gens ne savaient pas quoi dire, ne savaient pas seulement être là, et donc ielles se débrouillaient pour ne plus être là...
Quant à ChatGPT, c'est certes encore plus horrible de “parler” à un robot, mais j'ai des souvenirs de Yahoo question réponse #TeamVieille où je m'étais inscrite parce que j'aime bien ramener ma science, et où j'ai trouvé un nombre effroyable de questions très perso qui auraient ère tellement mieux posées à une personne de confiance...
Tout ça, c’est la faute à Britney ce galvaudage de la toxicité…
Et je rejoins Pep sur le pas cool de l’illustration… Shame on you ! (Et mort de laule pour la référence à la galette…)
Anna oui, ça n'est pas lié à 2026. Et si ça se trouve : jamais. Disons qu'aujourd'hui on pathologies la douleur pour la rendre traitable plutôt que d'accepter que ça fait partie de la vie et de l'attachement Quelle merde, parfois, être humain.
Orpheus ça fait 20 ans que je vous dis que je suis une mauvaise mère, enfin ! (Tu notes que j'ai cherché à éviter l'écueii Britney autant que possible, MOI !)
Tellement vrai ! Je suis d'accord avec ta réflexion sur le mot toxique trop galvaudé. Mais pour ce qui est nouer des relations humaines, c'est tellement vrai !
Je suis en plein dedans, j'ai traversé une " zone de gris " provoquée par le fait que j'avais l'impression que malgré tous les efforts que je fais pour rencontrer des gens, organiser des sorties, nouer des liens, prendre des nouvelles, j'ai constaté que soit les gens n'en avait rien à faire, c'est à dire après une période sympa, disparaître du jour au lendemain sans prendre le temps de se connaître mieux, ou alors que j'attire les " collantes " qui veulent un chauffeur, une compagnie pour telle sortie où elle ne veulent pas être seule.
Alors non je ne dis pas que ces personnes sont ceci ou cela, mais qu'effectivement c'est bien difficile aujourd'hui de nouer des liens !
Il en va de la désignation de la "personnalité toxique" comme beaucoup d'autre du champ lexical des psy, on voit aussi des "pervers narcissiques" partout, à une époque c'était "les bipolaires", mais aussi le concept de résilience, et bien avant cela "l'hystérie". En entrant dans le langage courant, ça se transforme, se déforme, puis les psys cherchent d'autres mots pour désigner ce qui était déjà définis mais qui leur a échappé. Cela raconte chaque fois, un bout de ce qu'est notre société. C'est peut être encore plus flagrant pour des mots issus du langage courant, adopté par le langage psy puis rendu au courant. (Fun pas très fun fact : J'ai lu qu'il y aurait une nuance en psychologie entre le pervers narcissique et la personnalité toxique qui serait dans l'intention. Le pervers est conscient et volontaire dans son désir de nuire, la personnalité toxique, non. Mais les effets seraient les mêmes.)
Dommage physique ou neurologique pouvant aller jusqu'à la mort soit. Mais surtout « pouvant aller ». Donc pas obligatoire. Quelqu'un de toxique peut simplement te rendre malade, sans te conduire au décès. Il n'en est pas moins toxique. Le terme existe aussi au figuré : Ce qui agit négativement sur l'individu, son psychisme ou son physique. C'est vaste le "négativement" et pas forcément mortel. Mon père était quelqu'un de toxique, je n'en suis pas morte. Ma mère et mes sœurs non plus. Et il y a des produits toxiques qui soignent, comme les chimio…
BRef, j'ergote mais tu as raison sur un point, c'est l'effet de mode de certains mots. Toxique en fait partie, comme résilience, quand on traite une personne d'autiste aussi par exemple. A force de simplifier nos pensées on en vient à dire un peu n'importe quoi n'importe comment. Quitte à blesser les vrais concernés.
bisous
Je lis le commentaire de Louisiane et remarque au travail notamment combien certains sont incapables de déjeuner seuls. Il leur faut être en compagnie, même si l'entente n'est pas sûre, pour ne pas vivre seul... Comme dans la chanson !
Louisianne 8 milliards d'individus et si compliqué d'en trouver quelques uns avec qui être bien.
Catherine alors que franchement, ce bonheur ! Je repense à mon "dimanche de la bombe" avec ce délicieux plat de linguine au citron et au tartare de thon, face à la Tour Eiffel, à savourer nourriture et pensées juste avant de retrouver Lee Miller.
Alana alors je suis ravie de ton commentaire qui me donne l'occasion de réaliser comme je suis soulagée que le pervers narcissique soit un peu démodé. Parce que cette expression, pour moi, appelle la visualisation d'un vieux type crado, imper ouvert à poil dessous, face à un miroir, je suis bien contente que ça pop moins souvent dans ma tête (évidememnt au pire moment !)
Cette notion d'intention, elle est hyper intéressante et je trouve qu'on devrait beaucoup se regarder dans le miroir avant de blâmer l'autre. Souvent, ce que j'entends décrire comme toxique, ce sont des choses que la personne ne peut / n'arrive pas à changer, ancrées ou utiles à autre chose. Qui déclenchent en nous des réactions (parfois... toxiques !) qui peuvent exacerber l'ensemble. Mais du coup, il me semble que, parfois, la personne qui se sent "victime de toxicité" peut changer quelque chose : ses attentes, sa présence dans la situation, par exemple.
Bon, ça veut dire être ok pour se regarder de l'intérieur et/ou de faire partie du problème et/ou décider qu'au fond, nous non plus on a pas envie de faire l'effort nécessaire. Mais au moins on s'est posé la question.
(J'ai nettement l'impression d'être une vieille conne, sur le sujet de ce billet. Tant pis, j'aurais vécu ça deux ou trois jours dans ma vie !)
Laure non, non tu n'ergotes pas et quand j'écrivais : "Mais il me semble qu'à balancer du toxique sur tout ce qui bouge, on manque un peu de respect pour des gens qui sont vraiment coincés dans des relations dangereuses pour eux.", je pensais entre autres à vous.
Et c'est justement pour ça que l'usage à tout va me gonfle un peu.
Laure et bisous aussi !
D'ailleurs en psycho je crois qu'on parle plus volontiers de relations toxiques, de personnalité toxique, et pas de personnes toxiques. La relation impliquerai les 2, la personnalité signifierai un trouble du développement. ça n'exclut jamais la nécessité de se protéger, ça désigne des niveaux de prise en charge différents. Quand on utilise ces termes dans le langage courant, on cherche à désigner les responsabilités, bourreau, victime, on cherche justice et non pas soin. Et pour rebondir sur ce que disait sister Laure, notre père était un pervers narcissique parfaitement conscient du mal qu'il infligeait et en jouissant.
PS : je révise ma psycho, d'où l'emploi du conditionnel, suis pas sûre à 100% de ce que j'avance ;-)
Alana bah écoute, on n'est pas là pour noter les copies, hein ! Je repensais à ton commentaire, je me disais que le signe de fond du trou pour moi c'est quand le monde du travail s'empare des mots de la psychologie (il faut être résilients : se tordre en 15 pour s'adapter aux demandes toujours plus absurdes et contradictoires. Management / manager ou collaborateur toxique, c'est très courant d'utiliser ça dans les bureaux). Bref. La version pompier pyromane de la psychologie, d'une certaine façon.
Pour moi, quand le monde du travail s'empare des mots de la psychologie, en mal (collaborateur toxique) ou en bien (bien-être au travail), c'est pour casser le social et le collectif. Vous ferez bien un cours de yoga de midi à deux pour accepter votre paie pourrie?
Pardon, la vieille gauchiste a encore des soubresauts.
Jane Doe globalement le bien-être au travail et toute la psychologie ation autour est un immense discours qui peut se traduire un : on vous a mis des guirlandes en crépon et les mots-clés partout, merci d'être productifs.
Ça n'est donc pas moi qui vais te contredire !
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