D'abord une forme pleine de couleurs dans ma vision périphérique. Un fragment de seconde, je pense "si toutes les teintes de ses vêtements se mélangent, elle sera caméléon sur la porte bleu clair, là-bas".
Et puis je me suis souvenu que mon fils m'a dit que Max Bird avait expliqué que ça ne fait pas ça, les caméléons.
Puis le mouvement l'emporte, le pas vif de ses longues jambes, l'allure pressée, la trajectoire nette pour couper la rue d'un trottoir à l'autre.
Enfin mon regard se pose sur sa tête, penchée.
Est-elle habituée à se voûter à cause de sa grande taille ? Est-ce la porteuse infatigable, mère sherpa d'une tribu pour qui il faut charrier le sac de sport, les crayons de couleur, les goûters ? Ou juste le réflexe de dissimuler son visage aux passants.
Peut-être même que parfois les larmes coulent sur ses joues, pendant qu'elle marche, tôt le matin, là où on attend sa présence.

Commentaires
Une photo de femme qui va encore me faire fabuler. Une "black" ? indice de la jupe qui révèle la nostalgie d'un passé révolu et des chaussures masculines faites pour la marche rapide. Elle suit un chemin étroit, limité, où elle ne croisera personne. Enfermée dans ses pensées, elle se dirige vers une activité alimentaire, loin de ses rêves ? Belle photo.
Nina ah ça, qu'elle soit noire, ça n'est pas ton imagination, on le voit sur la photo si tu cliques dessus ! Merci de l'avoir vue, j'étais triste qu'elle n'inspire rien à personne.
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