Il y a cette sorte d'amnésie du temps d'avant les enfants. On croit qu'à la dernière fête de l'école terminée, on va récupérer un mois de juin normal, quoi que normal puisse bien vouloir dire.

Mais non, le monde entier veut "boucler" avant le grand exode estival, on se retrouve noyés dans des agendas chaotiques à survivre comme on peut à un rythme effréné, une sociabilité poussée dans ses derniers retranchements. Le tout assaisonné à la sauce canicule.

Et c'est ainsi que, de promenades aux alentours du Pont-Neuf en concert (la délicieuse Aldous Harding, avec les chouettes Vera Ellen en première partie), de récupération d'une tante à l'aéroport, avec montage de deux projets de week-end entre la sortie de l'avion et l'entrée dans le parking, en dîners pieds nus dans l'herbe chez des amis, de passage express de mes parents 'à la capitale' en journées cinés avec mon benjamin[1], nous étions déjà à mi-mois.

Vivons le kairos.

Et puis la semaine dernière, un spectacle au collège, quand même, ne pas perdre les bonnes habitudes, encore des amis, dont des hôtes retrouvés après un long moment, cette bouffée d'amour à constater la joie de se revoir, mes aïeux, même si ça m'a valu un cassage de gueule ridicule (rien de cassé, que des bleus et courbatures, mais une dignité envolée pour une période indéfinie). Matisse, en amicale compagnie, dont on ne vantera jamais assez la meilleure qualité : être exposé dans des endroits climatisés. Quelques imprévus, ici et là, qui s'annoncent, un dernier week-end avec "petit" fiston avant un long moment, une amie qui passe à Paris (on lui rend la politesse de la grosse chaleur dans laquelle elle nous a reçus, gens bien élevés que nous sommes, option déluge compris).

Et nous serons en juillet.

Tempus fugit et toutes ces sortes de choses.

Je ne regrette pas les kermesses, oh non.

Je suis à la fois enchantée de ce mois intense, et un peu en quête de calme, aussi, juste un moment, une sieste, une brise fraîche.

C'est pas pour me vanter, mais il fait chaud, en plus, vous avez remarqué ?

The Velvet Underground - Who loves the sun ?

Un homme au parapluie rouge assorti au café devant lequel il passe.

Le Pont-Neuf vu des quais de Seine, emballé par l'artiste JR.

Un pigeon trempé un jour de déluge.

Les kiwis francophies de Vera Ellen en première partie d'Aldous Harding à la salle Pleyel

Aldous Harding, goofy et gracieuse à la fois, en concert à la salle Pleyel

Lomalarchovitch, capuccino et chocolat chaud en main, avant d'entrer au ciné.

'"Y en a marre des miroirs" tagué sur un pont au dessus de la porte de CLichy

Un tableau de Matisse avec une silhouette humanoïde noire sur fond bleu, des étoiles jaune autour.

Le soleil chaud qui nous nargue, du haut de la canicule en cours.

Note

[1] J'ai adoré la conversation qu'on a eue en expédiant un kebab, après Le Vertige, justement un petit peu vertigineuse pour un môme de pas tout à fait 12 ans, et il a bien aimé The Christophers, moi plus modérément, mais avec un petit coup de cœur pour la question sous-jacente : "peut-on connaître quelqu'un à travers de sa façon de créer de l'art".

Commentaires

1. Le mardi 23 juin 2026, 11:15 par gilda

"Matisse, en amicale compagnie, dont on ne vantera jamais assez la meilleure qualité : être exposé dans des endroits climatisés." : J'avoue je n'avais jamais pensé à Matisse en ces termes
La trace restante de l'exposition en art dans la rue de Philippe Katerine (2023 ?) me dit que tu es passée tout près de chez moi. Est-ce qu'à un moment du creux de l'été on pourrait tenter de se voir ? Prendre un verre après nos tafs puis remonter vers notre banlieue ?
(pour l'instant, suis dans le même type de rush que toi et le boulot et les rendez-vous médicaux pour Le Joueur de Pétanque)

2. Le mardi 23 juin 2026, 11:19 par Sacrip'Anne

Gilda à vrai dire cette histoire de clim est un reliquat de blague, mais hey.
Quand tu veux en juillet !

3. Le mardi 23 juin 2026, 12:15 par stef

Ah oui le kairos je connais, y'a des pyramidos !

(Voilà voilà)

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