J'aime bien cette petite boutique de café, juste en face du cinéma où je vais souvent. Une toute petite échoppe aux allures japonisantes, du café snob, du matcha pour bourgeois parisiens et touristes émerveillés. Le café y est bon, en tout cas nettement meilleur qu'au ciné. Alors souvent, je m'y arrête avant de m'asseoir dans les fauteuils tendus de velours rouge et plonger dans les histoires des autres.
Il est doté de petits bancs sur lesquels on peut attendre sa commande ou la boire sur le trottoir.
Hier, j'y ai pris un cappuccino et, hérésie, un cookie. Oui cette chose du diable est pleine de sucre que je dois éviter, mais il était 11 heures, j'avais deux films à voir et pas le temps de caler un déjeuner même rapide entre les deux. Alors cookies et puis merde, quoi, à la fin.
Une vieille dame était assise sur la moitié d'un banc, je lui demande si je peux occuper l'autre, sans projet de lier connaissance, mais en vue de ménager mes articulations douloureuses.
Et nous voilà tout de même à deviser. À propos du cinéma, des cinémas indépendants, des films qu'on allait voir (L'Odyssée pour elle, Notre histoire - Chroniques du Caire et Le héros de Berlin pour moi[1]). De sa fille, qu'elle attendait.
J'ai partagé mon cookie avec elle, il était délicieux. J'ai ri à l'idée que sa fille allait la gronder car non seulement elle parlait avec des inconnues dans la rue, mais en plus elle acceptait de la nourriture de leur part.
On a parlé ensuite des jeunes féministes, de la drague de rue disparue au profit des nez dans les smartphones et du triste état du monde, du FMI et du réchauffement climatique, de mes enfants, des Suds (Ouest, Est, tiens, on ne parle jamais du sud du centre ?).
Le soleil s'est mis à chauffer un peu plus, je me suis mise à l'abri des coups de soleil à la Fnac voisine, le temps que le cinéma ouvre (comprendre, j'ai acheté quelques bouquins, bien sûr) et nous avons bien fait de nous saluer chaleureusement quand je suis partie puisque nous ne nous sommes pas recroisées dans le cinéma, la longueur des films que nous avons vus ne permettant pas une deuxième rencontre furtive.
Oui, j'aime bien ce microscopique café.

Note
[1] Le premier est une petite pépite dont la douceur va me rester dans le cœur un long moment, le second n'apporte pas grand-chose au livre, en moins bien, j'ai trouvé, sans non plus passer le pire moment de ma vie;
Commentaires
La dernière fois que j’ai discuté avec un papy, c’était dans un train grandes lignes vers le Sud (celui de l’ouest)… Tout se passait bien, j’aurais presque pu me voir raconter cette belle rencontre intergénérationnelle… Et puis il a commencé à faire des allusions racistes sur mon 18ème arrondissement… et de fils en aiguilles, son orientation politique très très très à droite est devenue évidente si ce n’est explicite. Heureusement, il est descendu à Bordeaux.
Orpheus nous ne sommes pas étonnés par la destination !! Ici tout allait bien, on parlait des films sur de Gaulle qu'on n'a vus ni l'une ni l'autre et elle m'a dit que "moi j'en ai assez soupé, mes parents étaient Gaullistes et moi très à gauche". Bon, ouf, on peut passer à la suite !
Quelle chance elle a eue, cette dame ! Le film sur Le Caire m'a attirée, merci de ce retour qui va m'y téléporter bientôt. Sinon... Des que tout est réparé... Slurp !
Catherine surtout que ça faisait quoi ? deux mois ? que je n'avais pas mangé un truc aussi sulfureusement sucré qu'un cookie chocolat fleur de sel ! (Je ne t'oublie pas, j'ai juste mal, encore, un peu trop pour une journée de boulot + autre chose après.)
À votre écoute, m'dame!
Catherine merci !
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