Traverser le marécage de douleurs, d'humiliations, de peines et de déceptions. Se laisser traverser par la tristesse. Se retourner et se rappeler que sur l'eau croupie, terne, dans son odeur de fange, il y a de petites lueurs qui ont balisé le chemin. Que même si l'avenir sera difficile, elles sont à moi, aussi inscrites dans mon identité que mon prénom ou la couleur de mes yeux.
Un rideau de bougainvillier, la lumière du matin qui transforme un vert terne en vert acide, de longues promenades natatoires et bavardes. Le soleil au travers qui dessine sur mon mur d'étranges volutes. Un repas délicieux. Deux livres venus m'attraper par les tripes, l'un dans un endroit existentiel, l'autre dans une sorte de quête dont l'objet n'est pas trouver mais guérir.
Des mots amis. Les retrouvailles avec des boules de poils collantes qui ne veulent vivre que sous ma main, contre moi. La sensation d'être concrètement utile, plutôt qu'à distance, pour une de mes chères. Le sentiment d'un long chemin accompli, ou en tout cas largement entamé, dans une direction qui me plaît. Peu de photos, mais des photos que j'ai aimé prendre. Des petites bulles roses qui surgissent sur mon téléphone, comme un pouls qui me rattache à ce que j'aime vivre. Un nouveau titre de Fontaines D.C., comme écouté à deux à distance.



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