Depuis que je dors dans cet appartement, je n'ai jamais été si près d'une fenêtre, hasard des placements de meubles (ma chambre a changé de pièce, j'ai de loin en loin des frénésies de déplacements, en tout peut-être 4 ou 5 places différentes).

Je dors fenêtres ouvertes une bonne partie de l'année, et souvent volets ouverts, aussi, ça n'est pas la lumière qui m'empêche de dormir mais les pensées qui tournent.

Depuis quelques jours, je me cale sur le côté gauche et laisse mon regard errer. Des fenêtres allumées dans l'immeuble qui me surplombe à toute heure de la nuit. Un grand coin de ciel. On est en ville, la nuit n'est jamais noire, elle est du bleu-noir dont j'emplis mon stylo-plume quand j'ai envie d'écrire des mots qui comptent à des gens qui comptent, grise quand il fait jour. Elle n'a pas encore pâli, ces derniers jours, quand le réveil me signifie qu'il n'est plus temps de la scruter depuis le dessous de ma couette. L'automne vient et j'aime cette saison où l'on peut, dans un même repas, manger des tomates et des girolles, prélude à du gris et du mouillé, mais aussi à la brume sur mes photos et aux lumières orangées des immeubles à l'heure bleue du petit matin.

Mes pensées tournoient, il n'y a pas d'étoiles, bien sûr, on est en ville, j'aimerais avoir un autre endroit où je pourrais m'endormir, parfois, les yeux plongés dans les étoiles.

Quand je ne dors pas je n'ai qu'à m'asseoir sur le lit, en tailleur, au milieu, pour regarder le safran de la fin du jour se mêler au bleu profond, les mille et une formes, textures, couleurs de nuages qui attrapent un dernier rayon ou se changent en ombre profonde.

Je mesure ma chance, citadine, d'avoir depuis la maison comme depuis le bureau tant de ciel dans ma vie. Sans doute que pour certains, c'est juste un ciel au-dessus de leurs têtes. Alors que, tête dans les nuages ou dans les étoiles, à traquer les premières ou dernières lueurs du jour, pour moi, c'est pratiquement l'endroit que j'habite le plus.

De l'orange de rayons de soleil et de fenêtres allumées dans les immeubles voisins, du bleu pâle au plus foncé dans le ciel, des ombres de nuages et des encore blanc, comme scintillants d'un peu de lumière. Vue par ma fenêtre à la tombée du jour un soir de septembre.

Les toits de Paris, gris, beaucoup de nuages asses massifs et gris, et entre les interstices, la lumière ocrée du soleil qui vient de se lever et filtre comme il peut.

Commentaires

1. Le vendredi 18 septembre 2026, 16:09 par Tomek

Mais wow la 1e photo ! Les lumières des fenêtres qui répondent au ciel, et pis le cadrage du tout, quelle vue ! 😍

La 2e est moins spectaculaire mais le parallèle des couches de toits / nuages est bien classe aussi !

2. Le vendredi 18 septembre 2026, 16:23 par Sacrip'Anne

Merci Tomek, ça finit par rentrer ! Disons que pour la deuxième le contexte naturel était moins dramatique, et j'avais envie de jouer avec les douceurs de gris et de lumière pâle (c'est pas nature vs nurture, c'est météo + mood, mon pattern !)

3. Le vendredi 18 septembre 2026, 16:37 par Tomek

Oui évidemment, le ressenti du moment…

4. Le vendredi 18 septembre 2026, 16:41 par Sacrip'Anne

Tomek rien avoir avec ces photos mais tout à voir avec les photos, j'ai commandé les bouquins que Nath Sakura cite en ref sur Gerda Taro. Je te raconterai !

5. Le vendredi 18 septembre 2026, 17:55 par Tomek

Volontiers !

6. Le samedi 19 septembre 2026, 12:21 par Orpheus

J’ai fait mon service militaire dans une base aérienne paradoxalement enterrée dans les restes de la ligne Maginot. Parfois plusieurs jours sans voir le ciel. Depuis j’habite un dernier étage où on ne peut me priver de ce spectacle permanent…

7. Le samedi 19 septembre 2026, 15:23 par Valérie de n'importe où

Comme je te comprends, moi qui découvre un ciel empli d'étoiles depuis que j'ai un jardin un peu loin des lumières de la ville. Et que ce billet est plein de poésie !

8. Le samedi 19 septembre 2026, 17:25 par Sacrip'Anne

Orpheus indispensable ciel.

Valérie merci ♥️. Salue les étoiles pour moi.

9. Le dimanche 20 septembre 2026, 12:22 par Jane Doe

L'attention au ciel est sans doute pour moi LE changement le plus important depuis que j'ai quitté la grande ville.

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : https://sacripanne.fr/trackback/3179