"Bismillah, c'est les ténèbres !"[1] me suis-je exclamée ce matin en sortant de chez moi.
Pas d'éclairage urbain.
Le grand R, nib, peau d'balle. C'était un peu contrariant, d'une part parce qu'il fait encore très nuit, le matin, quand je pars au bureau. D'autre part parce que je ne suis pas totalement remise dans ma tête du gros gadin de cet été. Marcher dans le noir en sachant qu'il y a sur mon chemin des trous prêts à se jeter à ma gueule, ou en tout cas à rapprocher ma gueule du sol, ça me met moyennement en confiance.
J'ai donc franchi d'un pas très précautionneux la faible distance qui me séparait de l'arrêt de bus, ai vérifié son prochain passage et décidé qu'il ne fallait pas confondre témérité avec pousser le bouchon trop loin. Nous ne pousserons pas jusqu'à la gare, not today.
J'ai levé le nez comme je le fais souvent, pour évaluer l'état du ciel, si j'allais plutôt faire dans le fifty shades of grey pour mes photos du bureau, ou si un espoir était possible.
J'ai bien fait parce qu'entre les nuages, il y avait des étoiles. Beaucoup plus d'étoiles que de coutume, dans ces conditions.
Aussi simple que ça, éteignons les réverbères un instant, levons le nez et elles sont là - enfin elles ne sont plus là depuis un paquet d'années-lumière mais leur trace, oui, et me voici le nez gelé par le premier petit matin très frais de la saison, sourire aux lèvres à voir des étoiles.
Jolie consolation.
Note
[1] Cadeau fratello, bisous !

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