Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

mardi 23 octobre 2012

39 kilomètres

Je ne l'ai pas vu sauter en direct.

Au travail, et puis l'info m'avait échappé, et puis voilà. Je ne l'ai pas vu en direct.

Mais depuis j'ai regardé plusieurs fois le saut de Felix Baumgartner. Se jeter dans le vide depuis 39 kilomètres.

Pour une qui, comme moi, commence à avoir le vertige du haut de sa chaise, imaginez.

C'est au-delà de mon entendement que de me faire hisser dans une minuscule nacelle à 39 kilomètres au-dessus de la Terre. 39 KILOMETRES quoi !!!!

Je me demandais, en entendant Patrick Baudry parler du saut, à quoi ressemblait la Terre vue de 39 kilomètres.

C'est beau. Ca a quelque chose de magique. Voir à la fois l'arrondi de la planète et les grands reliefs du sol, c'est émouvant.

Et complètement inenvisageable que de se jeter d'une petite cage dans le vide. A 39 kilomètres du sol.

Absolument inconcevable de tomber pendant près d'un quart d'heure.

Il l'a fait et depuis, je reclique régulièrement pour voir Felix Baumgartner se jeter dans l'espace et retomber sur ses pattes.

Fascinée je suis.

vendredi 19 octobre 2012

Des gouttes d'eau

Quand j'étais enfant, j'aimais, pour me désennuyer des longs trajets pluvieux en voiture, regarder les gouttes d'eau glisser le long des vitres.

Comme elles démarrent lentement, comme elles accélèrent irrégulièrement, puis ralentissent au contact d'une autre avec qui elles fusionnent.

Comme elles s'alourdissent. Comme, finalement, elles disparaissent au bas de la vitre, de la vue des enfants rêveurs.

Avec les déluges et les bouchons qu'on subit ces jours-ci, j'ai eu du temps pour renouer avec les gouttes d'eau...

jeudi 18 octobre 2012

Reconversion ?

Une amie chère me demande, quand on parle d'envies professionnelles pour la suite de nos loooongues vies au travail, pourquoi je ne m'y mets pas, tout de suite, là maintenant.

La réponse évidente : parce qu'il faut faire bouillir la marmite et que je n'ai pas dans mon compte épargne de quoi faire tourner la maisonnée le temps nécessaire à ingurgiter le savoir nécessaire.

Et puis lequel ?

J'ai, depuis quelques années, la sensation que je pourrais travailler avec des enfants, mais sous quelle forme ? Enseigner ? Ou les accompagner quand ils ont des soucis ?

Alors quoi ?

Et puis combien et quand ?

Bref, il en manque encore un peu avant de me lancer. Des sous, et des idées.

Mais j'espère bien qu'un jour...

lundi 15 octobre 2012

Du genre des jouets

Nous avons reçu, ce week-end, le catalogue Oxyb***.

Ne résistant pas à la tentation, nous l'avons, l'Enchanteur et moi, parcouru, avant de le laisser à l'avidité des enfants.

Quelle CA-TA-STROPHE !!!

Un cauchemar pour féministe.

Princesses pour les filles, pirates pour les garçons. Pompiers pour les garçons, re princesses pour les filles.

Et quand on en vient aux déguisement de la sphère médicale, c'est docteur pour les garçons, infirmière pour les filles.

Oh my gode.

Rose ou bleu et aucune vérité entre les deux.

Effarée je suis.

Et après ça on se demande comment des stéréotypes persistent aussi fort y compris chez des enfants.

Je fulmine.

(Et apprécie d'autant les repérages de ma fille à base de microscopes et de talkie-walkie, non mais !)

mercredi 10 octobre 2012

Ta mère la redoublante !

Nous avons regardé, hier soir, le "documentaire" "Ta mère en 6e" diffusé par France 2.

Pour ceux qui n'ont pas regardé, il s'agissait de 5 parents qui, pour une semaine, redevenaient collégiens (en 6e, donc).

L'idée majoritairement évoquée était de se "rapprocher" de leurs enfants en vivant ce qu'ils vivaient. Mais ces fringants quinquagénaires n'ont donc plus de mémoire pour ne pas se souvenir de leurs propres années collège ? Leur fallait-il vraiment vivre les journées à rallonge de leurs enfants pour se rendre compte qu'elles étaient... à rallonge ?

Quoi qu'il en soit, les voici installés sur leurs bancs. A peu près structurellement incapables d'arriver à l'heure... et un peu rétifs à l'idée d'accepter de jouer le jeu même quand ça ne les arrange pas.

Et figurez-vous que ce collège, c'est Bisounoursville ! Pas un gamin qui cause en zyva ! Pas une bagarre ! Pas un petit un peu malmené ! Pas un enfant en difficulté ! Les parents sont intégrés comme si c'était normal, et tout se passe comme dans une émission de Jacques Martin : les cours sont joyeux et efficaces et à la fin, tout le monde a une bonne note !

Merveilleux.

J'ai dans l'idée qu'un certain nombre de salariés de l'Educ Nat ont dû faire des petits bonds sur leurs canapés hier soir en comparant leurs conditions de travail et celles qui nous ont été brièvement montrées.

Mais après tout, foin de mauvais esprit, y a pas que les banlieues pourries dans la vie, soyons heureux soyons joyeux.

Il n'en reste pas moins que je m'interroge. Les parents se sont surtout plaints que c'était dur pour eux, et ont été très fiers d'avoir des très bonnes notes sur des contrôles de 6e. Je les comprends, je ne suis pas sûre moi même de savoir encore poser une division. En revanche pour la dictée, ça va, ça s'assurait tranquille.

Mais je les ai très peu entendus compatir à la vie de leur enfant, réaliser qu'on leur en demande beaucoup. D'autant que tout ce qui fait la vie d'un collégien "hors scolaire mais dans les murs" (poussées hormonales diverses, velléités de détachement des parents, etc) et qui, justement, complique d'autant la vie de ces minots a été complètement ignoré...

Bref. J'ai ri hier soir, mais depuis je m'interroge : s'agissait-il vraiment d'un pseudo documentaire, ou bien d'un outil de propagande, à quelques heures d'annonces concernant la réforme de l'Education Nationale ?