Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

mardi 26 juin 2012

Quand ça veut pas

Cro-Mignonne a récupéré hier sa maîtresse, après un mois de congé maladie.

(Certaines mauvaises langues du quartier prétendent que, traumatisée par les reproches virulents d'une mère d'élève dragonne, elle se serait terrée chez elle pour y attendre les vacances).

On est contents pour elle, du coup elle sera, malgré 5 jours de travail (elle est à temps partiel) opérationnelle pour enchaîner les congés d'été avec son congé maternité. Repose et dispose et pas toute chose.

D'ailleurs elle persiste à se ménager.

Récupéré hier le livret de ma charmante gamine. De son long parcours scolaire, il y a eu en première année 4 lignes de commentaire sur qui elle est dans la classe et comment ça va (très bien). Idem en fin de deuxième année. Idem en milieu de troisième année (c'est-à-dire avant les Néfastes Évènements causés par la mère dragonne).

Là, en commentaire final de ces trois ans de maternelle, on a l'observation qui déchire sa race, qui dit à quel point cette enseignante a à cœur les enjeux pédagogiques autant que l'approche individuelle de ses élèves.

Le commentaire ultime.

C'est tellement puissant que je vous l'ai pris en photo.

Carnet

(Notons le gros progrès par rapport au carnet de correspondance : il n'y a pas une faute d'orthographe par ligne, contrairement aux habitudes de cette enseignante si douée et si passionnée)

lundi 25 juin 2012

Presque 36 heures

Entre samedi quand il est rentré et ce matin quand je suis partie, il s'est passé presque 36 heures où, mon Enchanteur et moi, ne nous sommes pas éloignés de plus de quelques pas.

36 heures !!!

Luxe !!

A y réfléchir, il y avait eu, sans doute, quelques jours de ce genre en septembre, puis la veille de Noël, trois jours en mai... et c'est tout.

Car si je suis heureuse pour lui que mon Enchanteur travaille, et travaille beaucoup, dans le difficile métier qui est le sien, qu'il s'y épanouisse et qu'il me donne le plaisir d'avoir régulièrement l'occasion de l'admirer, force est de constater que du point de vue conciliation des agendas du temps libre, c'est moyen.

Alors quand il tombe un jour de vrai week-end pour nous faire patienter jusqu'aux vacances, on profite, on savoure, on se régale.

Et on a pas du tout envie d'aller au turbin le lendemain, pour ce qui me concerne...

vendredi 22 juin 2012

Lexicologie de bureau

- Hey, salut ! Faut qu'on se voie, je dois te poser des questions sur le trucbidule chouette machin !

- Oué, t'as qu'à m'envoyer une invit' !

C'est par cette phrase, "envoie moi une invit", que se concluent la plupart de nos échanges professionnels.

Il s'agit de planifier sur le logiciel de messagerie qui fait aussi agenda une réunion et d'en envoyer la proposition / invitation à ou aux personnes avec qui on doit s'entretenir.

Que cette phrase soit si fréquente dans nos quotidiens indique une fâcheuse tendance à la réunion qui permet d'expliquer pourquoi on a pas été à son bureau pendant une durée variable, mais jamais inférieure à une heure.

(Par ailleurs, les gens sont généralement surpris de me voir arriver à l'heure de l'invitation, il semblerait que commencer une réunion en retard et la finir encore plus en retard soit un usage local répandu).

Sinon, ici, on prend le lead et on hésite pas à challenger les idées. Et surtout, on essaie d'empêcher le client d'interférer dans notre si belle (ahem) organisation qui nous permet d'avoir à peine assez de temps pour localiser notre bureau, entre trois réunions.

Ah oui, et y a aussi "oué mais chuis en mode projet, là", qui consiste à mimer la suractivité tout en déléguant allègrement les tâches à des "référents".

Du coup on fait pour faire et les résultats sont, généralement, médiocres. Mais notre équipe projet fait le kick off du projet truc ! Et bientôt la livraison du lot 1 (qui invariablement ne correspond pas à ce dont nos clients ont, bêtement, besoin). Mais ce n'est pas grave, on peut dire qu'on a fait.

Hum.

Hum.

Va falloir faire un peu avec...

mercredi 20 juin 2012

Ne dites pas à ma mère que je suis devenue maniaque

J'ai été longtemps très grande bordélique, au point qu'on ne savait de quoi était revêtu le sol de ma chambre.

Et puis j'ai vécu seule et ça a changé, aidée par la suite par un allergique à tout et une Cro-Mi qui asthme, parfois.

Au demeurant, il y a du chemin encore avant de faire de moi une maniaque, une qui brique toutes les semaines derrière la cuisinière.

Mais c'est vrai que, sensible à l'état d'esprit de qui m'entoure, je le suis aussi au bordel ambiant. Que j'ai besoin de pièces qui m'accueillent et pas qui me rejettent.

Et depuis hier soir je tourne et retourne ce malaise dans ma tête, et j'ai fini par trouver. Qu'un peu beaucoup épuisée émotionnellement et physiquement que je suis, ma tolérance au bordel (au vrai gros bordel) est faible.

Ca m'oppresse. Un jour où tout irait avec moins de fatigue, sans doute que je n'y prêterai même pas attention, mais là, savoir ces zones de chaos, ça m'oppresse. Ca m'empêche de me sentir détendue dans un endroit qui est supposé être mon refuge, mon abri, ma maison.

(N'allez pas imaginer que je parle d'un sous verre décalé d'un cm, hein, il s'agit quand même de vrai bazar, je n'ai pas (encore) sombré dans les tocs).

Il y a en moi cette bataille : c'est moi que ça dérange, à moi de gérer. Et cette révolte. Il me semble passer du temps, beaucoup, et de l'énergie, de l'amour, beaucoup, pour que les esprits et les choses soient en ordre, au calme, apaisés, ordonnés, autour de moi. Il me semble que du lever au coucher je suis sur le pont, à entourer, accompagner, donner du temps, du travail, et que c'est transparent.

Autant que possible Il me semble que je fais largement ma part, il me semble que parfois, si je ne fais rien, si je ne dis rien, je vais finir engloutie dans le bazar de mes deux bordéliques et demi.

Il me semble qu'alors, je n'arriverais plus à voir le bon côté des choses. Si je n'ai pas un peu une zone sereine où le regard ne se heurte pas à un gros bordel.

Bref. Ca ira plus serein dans quelques heures.

jeudi 14 juin 2012

Elémentaire, ma chère Cro-Mi

L'école élémentaire où Cro-Mignonne va faire ses premiers pas d'élève à devoirs semble aussi bien organisée que la maternelle ne l'est (lamentablement) pas.

Pour preuve, nous avons eu mardi la liste des fournitures à prévoir pour la rentrée !

Et ce n'est pas rien. J'ai cru un instant être tombée dans une faille spatio temporelle et vivre en direct la rentrée de ma fille à Sciences-Po.

Vérifications faites, il s'agit bien de sa rentrée prochaine en CP. Bon sang de bois, ça ne rigole pas (et là, je partage une pensée émue pour tous les parents célib' de mon tonneau qui gagnent "trop" (hinhinhinhin (rire nerveux)) pour bénéficier de l'allocation rentrée scolaire et qui commencent à benchmarker les sites de fournitures pas chères. Car oui, ça aussi, ça change, le savoir, ça douille).

Or donc, en femme organisée que je suis, j'ai saisi la liste et e-shoppé les fournitures, histoire de mettre ça dans un coin et de ne plus avoir à y penser, encore moins subir l'hystérie et les ruptures de stock de la pré rentrée.

Curieux moment de nostalgie à constater que les gommes Ma**t et la colle Cleo**tra existent encore, comme de "mon" temps (oui, vieille conne !).

Et surtout émotion au choix du premier cartable. En matières recyclées et tout, hein ?

La même marque que celle qui faisait les délices des pubs de mon enfance, choisi dans sa gamme de couleurs préférées.

Premier cartable

Soupir.

Heureusement qu'on a les vacances pour se préparer, quand même.