Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

jeudi 8 mars 2012

Après la tension

Se faire un peu violence pour renfiler des chaussures, partir sous la pluie, pester contre le distributeur de tickets en panne.

Mais arriver dans un lieu chaleureux, y retrouver des gens qui le sont encore plus. Rire au kilomètre. Raconter des énormités. Rire encore plus.

Révolutionner nos modes de vie par l'invention d'une trouvaille propre à changer le cours du monde en matière de doigts de mitaines.

N'en être que plus fatiguée, mais détendue, ô combien.

Ca fait du bien, les coupaings.

lundi 5 mars 2012

Un matin parmi d'autres

Pour illustrer plus précisément la question de Brige, voici un matin comme les autres du lundi au vendredi.

6h45 : réveil. Quelques secondes pour émerger, me serrer un peu contre l'Enchanteur quand il est là. Puis sauter du lit. Attraper montre, bague sur la table de chevet et sous-vêtements dans la commode pour ne pas multiplier les allers-retours et re réveiller l'homme qui dort.

Pipi. Sortie du lit de Mlle Cro-Mi. De deux à dix minutes selon les matins. Câlins d'éveils et premiers "hop ! on y va". Chauffage de la tasse de lait de la demoiselle pendant son propre passage aux toilettes. Sortie de la théière et de la tasse ardoise sur laquelle j'écris un mot à l'homme qui dort.

Mise en place sur la table de la tasse de lait entretemps chocolatée et du complément de petit déj de Cro-Mi pendant qu'elle se lave les dents. A ce stade je suis encore, au mieux en t-shirt. Si tout va bien j'arrive à me brosser les dents pendant qu'elle finit les siennes et commence à s'habiller.

Il est environ 7h05. Surveillance de l'habillage de la jouvencelle en procédant à mes ablutions matinales. Puis tressage serré serré de ses longs cheveux, lavandage, vérifications que tout est dans le bon sens. Demoiselle expédiée au petit déjeuner pendant que je passe un coup de brosse dans mes cheveux, un coup de mascara dans mes cils, que je saute dans mes vêtements. Je rêve déjà du soir, du long bain, d'un peu plus de temps.

7h20 : litanie de dépêche-toi à celle qui fait traîner sa tasse de chocolat. Au revoir désolé à celui qui va se rendormir, et dans les bras duquel j'aurais préféré rester. Manteaux, et s'il y a lieu écharpes et bonnets.

7h25 : départ

7h32 : arrivée au centre de loisirs, déshabillage, câlins, bisous

7h38-45 selon le retard pris dans les étapes précédentes : ai rejoint le parking, démarré la voiture.

7h58-8h10 selon le retard pris dans les étapes précédentes et les bouchons : arrivée dans le parking du bureau.

Démarrage de la journée de salariée.

(Là, rien que d'écrire le billet, je suis fa-ti-guée !!!)

vendredi 2 mars 2012

La vie de bureau

Je ne vais pas vous parler de MA vie au bureau, encore qu'elle aille plutôt bien ces temps-ci, mais de ce qui fait LA vie de bureau.

Les horaires réguliers, très, trop.

Les journées rythmées par les dépêche toi du matin, et ceux du soir, pour faire entrer tout ce qu'il y a à faire y compris les câlins.

La crainte du bouchon qui mettrait en péril l'arrivée à temps au centre de loisirs le soir.

Et puis cette frustration de passer à côté de temps disponible pour ceux qui ont d'autres genre de contraintes.

Tenez, ma belle Luce, en ce moment, j'aimerais bien pouvoir me déplacer dans la journée pour prendre un thé avec elle sans lui créer une contrainte de long chemin à elle.

Ou passer du temps avec mon Enchanteur, autrement qu'épuisés le soir à pas d'heure.

Il y a quelque chose d'inflexible dans cette vie de bureau qui parfois pèse un peu trop lourd (mais quand on a pas envie de cultiver le tempérament "lonesome cowboy du travail", faut faire avec). Un peu lourd et qui ne colle pas tous les jours à la réalité de la charge de travail ou à la façon dont on pourrait l'accomplir.

Mais bon. Quitte à perdre sa vie à la gagner, j'ai la chance d'avoir quelques belles compensations, me dis-je parfois dans les moments de raz-le-bol...

(Et non, c'est pas le salaire mirobolant, hélas...)

mardi 28 février 2012

J'ai pas de religion

Je n'ai pas de religion et ça ne me gêne pas un instant.

Je n'en ai tellement pas que même mon éducation à "l'histoire" qui fait les religions est fort embryonnaire.

Athée je suis, athée je reste, et ma foi, ça me convient assez bien pour le moment.

Pour autant je respecte la foi des autres, quand elle s'inscrit dans quelque chose de cohérent.

Quand le sens et les gestes sont "raccord". Quand c'est une porte ouverte sur le monde et pas un vitrage blindé.

Mais alors y a un truc qui me met hors de moi, ce sont les incohérences.

Tenez, dans un entourage familialement proche, il y a des gens catholiques plutôt pratiquants.

Je sais, c'est difficile d'imaginer des mécréants qui puent comme nous dans la même famille qu'eux, mais c'est comme ça que les hasards de la vie l'ont faite.

De la bouche de la cheffe de famille, j'ai entendu enfant sur un parvis d'église (on était obligés, pour les baptêmes et communions, ça et quelques enterrements ont été mes seules occasions d'église) dire "maintenant qu'on a communié, on peut recommencer à pécher tranquille". Hahaha.

De la même bouche j'ai entendu il y a quelques semaines des mots profondément durs, et vu la trame d'une manigance plus que... douteuse humainement, à l'égard d'un jeune homme qui a le tort d'être amoureux de sa fille.

Aimer son prochain ? Oui, sur le papier ! Oui, à l'église, en suçant son hostie !

Mais dans la vraie vie ? Juger ! Détester ! Préférer les règles d'un (tout petit petit) monde comme on le trouve bien aux choix de son enfant ! Intriguer s'il le faut.

Et ben en dehors du mal au cul que ça m'a fait de m'en trouver par ricochet dans le sac des pas fréquentables (mais c'est pas pareil, on te dit, grosse conne, toi t'es de la famille ! Ah oui, dans ce cas, c'est curieux comme "on" ne répond pas à mes messages, par exemple), dont je me remets lentement, figurez-vous, ça ne me donne pas du tout du tout envie de les approcher de près, les catholiques pratiquants, et les religions en général.