Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

mercredi 9 mai 2012

Lost in time

Avec les jours fériés, les ponts, les pas ponts, je m'emmêle un peu et il faut que je réfléchisse pour savoir "quel jour on est" (déjà que d'habitude, j'ai le jour de la semaine, mais pas forcément la date...).

Les jours non travaillés passent trop vite, quoi qu'il en soit, et ceux de labeur trop lentement, sauf les soirées.

Et puis l'Enchanteur et son emploi du temps de ouf qui fait que les heures éveillées ensemble sont comptées.

Mais, dans quelques jours, nous deux dans un train, quatre heure et demi de tête-à-tête dans chaque sens, ma Méditerranée, les parents entre les deux.

Miam.

Je compte les heures et me réjouis d'avance.

lundi 7 mai 2012

6 mai 2012

Patchwork de sensations depuis hier.

Une angoisse énorme, la boule au ventre. Et si "l'autre" repassait ?

Les nouvelles tombent au fur et à mesure de la journée. Ca semble être bon.

D'heure en heure ça semble plus solide. La respiration se fait plus large.

L'annonce officielle. Concert de casseroles ravies dans les tours du 13è arrondissement parisien. Nous, pas surpris, pas débordants de liesse, mais quand même, soulagés. On guette à l'est pour moquer l'absence d'arrivée de chars.

Et puis la convivialité, les amis, les bonnes crêpes, le vin aux châtaignes, les rires.

Retour pas très tardif, les gens bourrés au volant, de joie ou de dépit. Tension.

Calme plat dans notre banlieue populaire. La liesse du même nom n'a pas dû gagner, ou alors ils sont tous déjà couchés, ou à la Bastoche. En tout cas tout roupille, Cro-Mignonne incluse.

Nous on zappe un peu, effarés par l'image unique de motards derrière une voiture (y en a qui ont crashé au pont de l'Alma pour moins que ça), en attendant les mots parisiens du nouveau président.

Du soulagement. La sensation que la Marseillaise ne sonne pas pareil selon qui la chante. Le bonheur d'être à deux pour vivre ce moment ensemble, étrenner le quinquennat tous les deux.

L'idée, aussi, qu'il y a des gens pour être dans le même état d'abattement que nous il y a 5 ans. Leur souhaiter d'être moins abimés que nous le sommes au bout de 5 ans.

Espérer un peu de moins pire donc.

(D'ailleurs ça a commencé, grâce aux chars russes, la route était très dégagée ce matin, c'était très agréable de se rendre au travail à cette vitesse, bien que la tête dans le fondement !)

jeudi 3 mai 2012

Jolie petite personne

Hier soir, après le centre, je disais à Cro-Mignonne que j'avais enfin pu parler à la maman du chef de bande des mini malfrats, qu'elle avait entendu ce que je lui avais dit de son fils.

Cro-Mignonne me répond : '' "Tu sais, à propos, l'autre jour, A. [1] est tombé et les autres se moquaient en disant que c'était bien fait pour lui"''

Pause de 5 secondes pendant laquelle je préparais le sermon puis elle reprend d'elle-même :

"Je leur ai dit que ça n'était pas bien de dire ça, qu'on ne devait pas souhaiter que les gens aient mal".

Emotion. Je lui ai expliqué pourquoi j'avais la larme à l'oeil et si fière de l'entendre tenir pareil discours. Qu'il y avait bien des adultes pour n'être pas capables de ce qu'elle venait de faire, de dire.

Elle m'impressionne, ma fille.

Note

[1] l'affreux jojo en question

mercredi 2 mai 2012

T'as voulu voir Vierzon

Finalement, des tracas et des rires, il n'y a rien que de très banal qui s'appelle la vie.

Quand je dis "finalement", c'est pure tournure de style pour attaquer ce billet, car il n'y a pas là aboutissement abrupt d'années de réflexions, mais bien quelque chose dont je suis intimement persuadée depuis longtemps.

Ce qui m'amuse, de longue date, c'est de repérer dans tout ce "la vie" les petites aspérités qui mettent un goût particulier aux journées.

Des riens minuscules qui font qu'on se rappelle ce jour-là qui n'a pourtant rien de fondamentalement différent de sa veille ou de son lendemain.

Ainsi, hier, à une heure à laquelle nous aurions dû dormir depuis longtemps étant donné l'état de fatigue de l'un et l'heure de réveil de l'autre, fous rires répétés sur un petit rien qui ne pouvait faire rire que nous et qu'en raison des circonstances précises qui l'ont amené dans le bavardage.

Mais qui restera, sans doute, longtemps gravé comme sujet de private joke à déclenchement de rires immédiats et de "tu te souviens du jour où on a tant ri à cause de Vierzon".

(Oui je sais, ça paraît étrange, et c'est, forcément, irracontable).

(Il se trouve que je me tords de rire dès que j'entends le nom Vierzon).

(D'ailleurs je vous prends à témoin : j'ai une théorie selon laquelle Vierzon est l'abréviation-code pour "Viens boire un verre à la maison, histoire que ces messieurs aillent, l'air de rien, s'en jeter un derrière la cravate qu'ils ne portaient pas à l'époque sans encourir l'oeil réprobateur, voir castrateur, de leurs épouses. Après de longues recherches de trois minutes hier soir, je suis en mesure de vous informer que Wikipédia ne dément pas, tout porte, donc, à croire que j'ai raison :p)

(Oui je sais, folle à lier, toussa)

vendredi 27 avril 2012

Les joyeusetés des lieux d'aisance

Je ne sais pas (plus) si c'est le cas de toutes les entreprises, mais chez nous, les lieux d'aisance font l'objet d'un véritable sujet de conversation.

Il faut dire, en open space, avec des chiottes bien placés, il y a matière à fournir des observations.

Tenez, mon étage, par exemple. Il a une forme d'éclair, un peu, mon étage.

Et alors que les cagoinsses hommes sont à chaque bout du couloir qui forme le "centre" de l'éclair, pour les femmes, c'est à chaque extrémité.

Cette configuration donne, du coup, lieu à d'étranges manèges.

Il y a trois représentantes féminines du territoire étranger "de l'autre côté de la porte battante" qui, au lieu de fréquenter les gogues de leur zone, viennent de notre côté (soit bien plus loin de leur bureau), afin que leur collègues ne les voient pas aller aux toilettes.

Que nous autres les voyons et n’ayons aucun doute sur leur nature de notre passage les gêne moins, curieusement.

Un jour en pénétrant moi-même dans le temple sacré de la pause pipi, j'ai entendu une bribe de conversations de deux d'entre elle évoquant l'embarras qu'elles auraient qu'on les voit, de leur côté, entrer aux cabinets. Le fait qu'il n'y ait rien, de notre côté, qui justifie le déplacement hors, précisément, le lieu de leur visite, et que donc leur absence prolongée et leur départ vers chez nous ne laisse aucun doute ne semble pas les émouvoir.

Il faut croire, qui plus est, qu'elles s'y livrent à des activités plus honteuses que le commun des mortels qui a, lui, pour principale préoccupation, de se déplacer le moins possible pour "y" aller !!!!

Ceci dit, je m'amuse des codes implicites qui régissent le partage des toilettes en communauté : ne pas entrer dans une cabine fraichement laissée libre, laisser la porte grande ouverte qu'on ait produit des choses odorantes ou pas...

Toute une série de lois non écrites qui feraient les délices d'un sociologue spécialisé dans le sujet !!