Maintenant qu'on y voit un peu plus clair, que le gros du choc est passé, les mots reviennent, doucement.
C'est pas simple d'avoir un cœur gros comme ça. La preuve, celui de Papa, il nous a flanqué une bonne frousse à tous, lui le premier, enfin nous tous chacun à nos places mais c'est lui qui l'a vécu, quoi. Vous voyez la nuance.
Le genre de trucs qui, s'ils ne vous colle pas six pieds sous terre directement, est une occasion de plein de choses.
Avec l'esprit positif qui me caractérise, je me dis, Papa, il a eu de la chance, quand même. Je veux dire : il est tout à fait opérationnel pour pester sur les conditions de séjour à l'hôpital, rire et s'émouvoir, enfin, on le reconnaît tout à fait.
Reste à passer l'opération pour réparer tout ça. Amender certaines partie du mode de vie. Et repartir pour un grand tour.
Et puis aussi, on a, lui en premier, mais nous tous, cette chance d'avoir encore du temps pour se dire les choses essentielles. Et on en profite. Il y a dans ce climat d'inquiétudes, d'émotions, de bouleversements, des mots ou des insinuations pleines d'amour et du lien qu'il y a entre les membres de cette famille.
C'est curieux, cette cohabitation des sentiments, mais au final, même de loin, ces liens qui vibrent et qui se resserrent, c'est beau, aussi. C'est de la chance de les avoir.