Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

jeudi 2 février 2012

De tous genres

Curieuse foire que ce salon dont je sors.

De très sérieux juristes aux filles de cabaret qui arpentent les allées presque nues. Du spectacle pour plaire "au plus grand nombre" et des experts fort pointus.

Du syndicaliste tombé dans la marmite quand il était petit à l'élu qui ne se syndiquera jamais.

De celui qui est y est venu par hasard, pour faire des places de ciné dans la boîte, et qui se retrouve à gérer un plan social, à celle qui se planque derrière son statut de salariée protégée, ou l'inverse.

Du militant convaincu au collectionneur de stylos.

Du retraité qui trouve moyen de se faire inviter pour manger gratos à la super star des syndicats qui vient prendre la parole.

Drôle de faune, côté exposants, côté visiteurs.

Beaucoup de fatigue. Mais toujours un ou deux moments de grâce qui font que bon. Un paquet de gens qui ont vraiment envie d'un monde meilleur. C'est bien que ça soit fini mais ces quelques minutes valaient la peine du reste.

Retour au bureau, demain. Ca sera, au moins, plus confortable.

Edit à la demande de Madeleine : quelques illustrations des tweets des derniers jours :)

Cross Rossignol

Le MiYieu

MJ sosie tout moisi

lundi 30 janvier 2012

Mémoire des dates, des jours, et alertes intérieures

Je n'ai pas une très bonne mémoire des dates. Hormis quelques anniversaires marquants, je me repère principalement à la journée de conférence qui suit ou qui a précédé, j'ai généralement une idée assez vague de la date du jour.

Et si on se fixe un rendez-vous, il n'est pas rare de me voir patouiller entre la date et le jour (c'est bien samedi 15, hein ?!!).

J'ai une vague admiration pour ceux qui sont capables de dire "c'était le 13 septembre 1983, rappelle-toi" (aucune idée cachée derrière cette date, je l'ai écrite au hasard, n'allez pas chercher des sens cachés où il n'y en a pas !) et vous racontent tel ou tel événement de la vie familiale.

Je fonctionne plutôt par contexte. Je me souviens de l'endroit, de qui était là, et avec quelques détails j'arrive finalement à resituer approximativement, mais certainement pas au jour près.

J'oublie pas mal les dates de décès, aussi.

J'y attache moins d'importance qu'à ce qu'elles signifient : le manque de quelqu'un qui a compté.

Il n'en reste pas moins que j'ai une sorte d'alarme intérieure qui me fait hérisser le poil, ou au contraire adoucir le sourire, quand on approche d'un moment "daté". Curieux.

(Et puis le calendrier-sous-main sur mon bureau et le planning collé au mur qui me disent que cette semaine, y a trois jours de salon, et que je ne serai pas beaucoup sur le nain ternet, du coup).

jeudi 26 janvier 2012

Lâcher prise

C'est bien beau de laisser tomber les barrières, d'avoir envie d'aimer les gens et toutes ces sortes de choses.

Il faut aussi les laisser faire. Et pas seulement comme vous avez envie qu'ils le fassent. A leur manière à eux.

Le jour où vous réalisez, comme ça, au détour d'une journée où trop malade pour aller bosser, vous êtes restée au lit, qu'il y a quelqu'un pour qui ça semble naturel, une évidence, pleine d'amour et d'attentions que de prendre soin de vous, ça fait bizarre.

Que vous en avez la larme à l'oeil de vous dire que ok, votre grippette, votre coup de froid, n'a rien de dramatique, mais qu'entre la journée dolente à gémir sous la couette et le quelqu'un qui a l'air même de prendre plaisir à vous faire passer ces heures au mieux, il y a une option plus sympa que l'autre.

Et constater que vous lui avez, un peu à votre insu, abdiqué cette règle d'or : se débrouiller. Ne pas avoir d'aide à demander. A personne (sauf pôpa et môman, pour les trucs importantissimes). Se démerder, quoi qu'il arrive, être capable d'assurer seule. Quoi qu'il arrive.

Il y a sans doute des gens pour dire "bé oui, couillonne, bien sûr". Ou d'autres pour qui ça n'est pas SI important d'être farouchement autonome en le plus de choses possibles.

Mais pour moi, croyez-moi, c'est pas qu'un petit lâcher prise que de considérer avec plaisir que oui, je peux m'abandonner à n'être pas que Wonder Woman 24/24 7/7. Et qu'on soit, tour à tour, celui sur lequel l'autre peut compter, pas seulement comme une phrase réconfortante mais dans des gestes l'un vers l'autre.

Aimer ça.

mardi 24 janvier 2012

Mais euh !

Je ne sais pas pourquoi je voulais absolument passer en ios5 sur mon Iphone.

Sans doute parce qu'on m'a souvent dit : y a une mise à jour, faut mettre à jour ?

Bref. Pour ceux qui connaissent la rapidité des maj sur ces objets du diable, vous comprendrez que c'est une tache qu'on procrastine volontiers...

Jusqu'à avant-hier. Où ça a longuement, trèèèèès longuement sauvegardé. Puis pof, au milieu de la nuit je me lève, c'était terminé, mais l'upgrade ne s'était pas fait.

Hier soir, alors que j'étais garde-malade (enfin malade, on a vu des malades pires que ça) à la maison pour Cro-Mi, je décide d'en profiter pour retenter. J'aurais dû savoir que le signe était contre moi.

Après de longues heures de sauvegarde, voyant que ça n'avançait pas des masses, je vais prendre un bain. En en sortant, paf (le chien), tout planté.

Purien.

Iphone en rideau.

Le temps de tenter une restauration, une fois, deux fois, plantage. Montée d'angoisse.

Puis la troisième est la bonne. Idem avec la resynchro avec la sauvegarde de la veille. Perdu quelques photos...

Et surtout, niguedouille que je suis, à force de vouloir dissocier carnet d'adresse du téléphone de celui du client mail, TOUS mes contacts.

Couchée à 3 heures du mat, à peu près soulagée d'avoir encore un téléphone, dépitée de ce que j'ai perdu, y compris du précieux temps de sommeil.

Donc, pour ceux qui ne sont pas sur Twitter ou n'y ont pas vu mon message désespéré : si vous pensez que je dev(r)ais avoir votre numéro, n'hésitez pas à me le renvoyer.

A vot' bon coeur :)

(Et je suis fatigue, pardon pour les approximations linguistiques pour les heures à venir).

lundi 23 janvier 2012

Le choix de la douceur

Il y a la vie et tout ce qu'elle est.

Pas la peine d'avoir eu une enfance de merde pour se rendre compte que ça ne va pas être facile tous les jours. Il y a ceux qui meurent, ceux qui sont malades, forcément ceux qu'on aime le plus. Il y a les galères, les chagrins d'amour. Il y a le boulot et ses petites et grandes maltraitances.

Il y a la vie.

Ses hauts, ses bas, son temps qui file, ce qu'on voudrait faire durer toujours et ce qui pèse, même quand ça ne dure que quelques secondes.

Certains, face à la vie, se blindent tant qu'ils peuvent.

D'autres pas.

Chacun son choix.

Je fais partie de ceux qui pensent qu'il ne faut pas confondre gentillesse et faiblesse, bienveillance et complaisance. De ceux qui pensent que dans la vie, la force qu'on a, on la puise dans quelques liens humains qui nous grandissent, nous font du bien. Qu'en acceptant le bon, le doux, on devient encore plus à même d'en distribuer et de faire en sorte que ceux qui en ont besoin puissent s'appuyer sur nous comme on s'appuie sur eux.

Oui, il y a du danger à s'abandonner un peu. Celui de souffrir, un jour ou l'autre. Celui de se tromper. Mais il y a, surtout, du bonheur à se sentir pas tout à fait isolé sur la planète. Et de ces intimités, amicales, amoureuses, faire une force plus puissante qu'une carapace.

C'est le choix que j'ai fait et qui fait ricaner, hausser les épaules, sans doute, à ceux qui ont choisi autrement. Ou alors ils font comme moi : il s'en foutent. Chacun sa façon pour peu que ça fonctionne pour soi. Et apprendre à ne pas vouloir convertir le reste du monde à sa propre vérité.

C'est le choix que j'ai fait. Le choix de la douceur. Parce que si on apprend pas à en fabriquer un peu, le reste est vraiment dur à avaler...

BaouBaou