Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

jeudi 5 janvier 2012

Facile de m'atteindre

C'est facile de m'atteindre parce que quand je rencontre un être humain avec qui j'ai envie d'échanger, et qui a envie d'échanger avec moi, je donne par parti pris de bienveillance, par joie de découvrir un(e) autre sympa, toute ma confiance.

Alors foin de carapaces et autres méfiances. Il n'y a de système défensif chez moi que quand on m'attaque, mais il n'est pas naturel, il faut que je le mette en place.

Et du coup, c'est facile de toucher là où ça blesse, puisque je ne mets (toujours pas) de carapace.

Le mensonge, la mauvaise foi extrême, le déni, ça me met dans des états qu'on ne peut pas imaginer.

Fort heureusement, il est des gens pour me rappeler l'essentiel. M'aider à panser vite les plaies.

Mais pour le coup, autant avant j'étais partisane de la deuxième, troisième, quatrième, cinquième tentative, il en fallait tant et tellement pour que je me retire, autant mes dernières expériences dans le domaine de redonner la confiance après blessure ont été si catastrophiques que, par réflexe, quand je vois que ça a l'air par trop insoluble, que la situation ne sert qu'à se faire du mal, je fais trois pas en arrière et je me mets, cette fois, à l'abri. Au creux des bras de mon enchanteur, le nez dans les cheveux de ma fille, ou les deux à la fois.

Et je savoure ma chance d'avoir ces deux-là. Ca aide à bien des choses.

mercredi 4 janvier 2012

Le grand incendie

Je vous disais ici que je vous raconterai l'histoire dont au sujet de laquelle à cause de quoi mon Super Gardien a rangé mes courses ou quasi !!!

C'est l'heure.

L'an dernier (c'est-à-dire en décembre 2011), alors que je levais le camp du bureau en une fin d'après-midi de vendredi, le téléphone sonne. Le livreur de mes courses souhaitait me livrer plus tôt que le début du créneau, au prétexte que ça l'arrangeait.

Pas tellement moi, mais il lui convenait mieux de m'attendre plutôt que de faire sa tournée et de revenir à la fin.

J'obtempère tout en pondérant sur les incertitudes routières, me mets en route, me congratule que ça roule, finalement, plutôt bien... et à peine entrée dans ma bonne ville, ça bouche.

A un endroit où pas du tout, généralement.

Et ça fume.

Et les flics font la circulation, bouchant la suite de l'avenue et, par conséquent, l'accès à ma maison.

J'ai rappelé le livreur et l'ai collé dans les pattes de mon gardien qui s'est acquitté de sa mission au delà de mes espérances, patienté, repris l'autoroute, ai fini par réussir à rentrer et à aller chercher ma fille.

On tombe sur le gardien, donc, qui nous raconte qu'il y a une maison qui a pété à quelques centaines de mètres de chez nous, à cause d'une fuite de gaz, qu'on a senti l'immeuble trembler, que les pompiers ont été soufflés...

Bref. Le lendemain, tout était fini, à part les pauvres gens qui n'avaient plus de maison à quelques jours de Noël, et Gaz secours qui s'activait encore. Avec Cro-Mi on a été leur porter quelques viennoiseries pour leur donner du cœur à l'ouvrage, et puis on s'est dit qu'on était bien impuissantes à faire quoi que ce soit d'autre, alors on est rentrées bien au chaud, à se dire qu'on y était bien...

Mais mine de rien, c'était impressionnant. Et je n'ose imaginer ces gens qui, en l'espace d'une minute, n'avaient plus de maison, étaient passées à quelques secondes de l'encore pire... pfff.

mardi 3 janvier 2012

Tas de bons vieux !

Ca m'ex-as-père.

Cette façon de se jeter des "bonne année !" des "tous mes voeux !" et des "Et surtout... la santé, hein !" à la gueule, au bureau...

Ces messages pseudo personnalisés mais envoyés à des carnets d'adresse entiers (j'ai rien contre les vrais messages personnalisés, ou les vrais messages généraux, mais les faux perso, ça me rend limite hystérique).

Et puis les gens que j'aime, ils le savent bien, que je leur souhaite des tas de belles choses. Y compris entre le 1er février et le 31 décembre, voyons ! Et je sais bien que ceux qui m'aiment m'en souhaitent tout autant, et pas seulement 31 jours par an.

Je sais, je ronchonne.

Je sais, les conventions qui mettent de l'huile dans les rouages sociaux, tout ça.

Je sais.

Il n'empêche que ce qui me plait de plus en plus, pour passer ces fêtes, ce sont des choses assez aux antipodes de ce qui est conventionnellement mis en avant. Pas toujours facile à vendre, c't'affaire. Y en a qui y tiennent, à leur dinde ou à leurs cotillons.

J'ai eu la chance, cette année, de pouvoir vivre les choses à peu près exactement comme ça me convient bien. Avec comme cadeaux précieux, outre des présents sympathiques, des mots importants, du temps partagé, passé ensemble, vraiment. Pas juste côte à côte.

Du coup le retour est un peu étrange.

Et on se jette des "bonne année" de circonstance, plus ou moins inspirés, d'un bout à l'autre de l'open-space.

Arg.

Veux rentrer chez moi.

lundi 2 janvier 2012

Le groumpf

J'ai une liste longue comme le bras de billets en devenir.

Et au moment d'écrire : groumpf.

A vrai dire : je ne suis QUE groumpf.

La faute à des choses qui vont faire rire, je le sens bien. Mon enchanteur qui est à quelques heures de se faire la malle pour deux semaines de vacances, au loin.

C'est pas qu'il n'ait pas mérité de vacances, hein. Mais juste, il n'est pas parti qu'il me manque déjà, et je me languis d'avance des longues heures interminables jusqu'à le serrer de nouveau contre moi...

Et oui, je SAIS que c'est rien, deux semaines. C'est juste bien trop interminable pour moi, c'est tout. Rien à voir avec deux semaines qu'on passerait l'un avec l'autre qui iraient, elles, à toute allure, bien sûr. Chienne de vie.

Groumpf, donc, je suis, et ça ne risque pas de s'arranger dans les jours à venir. Courage à ceux qui supporteront.

vendredi 23 décembre 2011

Super-Gardien

Depuis quelques années, la famille des gardiens d'origine est partie et on a, à la place, un gamin du quartier [1] qui officie dans les 5 entrées de mon immeuble.

C'est rigolo, d'ailleurs, bien avant qu'il ne devienne mon gardien, je le croisais à peu près tout les matins en partant travailler. C'est un solide gaillard presque aussi large que haut, et je le voyais dehors à l'aube, faisant la vidange d'un ridiculement microscopique toutou à sa mémère.

Je le saluais donc matutinalement et il me répondait à peine. Je l'avais donc injustement classé dans la catégorie des grincheux, alors qu'il n'était que mal réveillé.

Bref, notre "nouveau" gardien est une perle. Qui aime rendre service et dépanner les gens.

Rien que ces dernières semaines, il a réceptionné un nombre considérable de colis, a manqué entrer en collision avec mon Enchanteur, en allant purger mes radiateurs (à ma demande, j'avais juste oublié de lui dire que l'appartement n'était pas vide. Au moins ils ont fait connaissance). Il fait également office de manutentionnaire quand je reçois notre pesante autant que nouvelle table basse.

La semaine dernière, retardée par un événement imprévu autant qu'impressionnant, [2] voilà-t-y pas que le livreur de mes courses, lui-même en avance se retrouve sur le carreau à m'attendre.

Je lui suggère donc d'aller voir le gardien et de me le passer. Ce qu'il fait. Et Super-Gardien de se précipiter pour lui ouvrir la porte de mon appartement.

Et vous savez quoi ?

Le temps que je surmonte l'obstacle, que j'aille chercher ma fille, que je revienne, Super-Gardien me hèle d'une des fenêtres pour me dire... qu'il avait mis mes surgelés dans le réfrigérateur, en raison du manque de place dans le congélateur.

Tout gentil, non ?

Du coup et de gratitude, je suis allée lui pêcher un saumon pour son réveillon !

Notes

[1] Enfin ce sont les anciens du quartier qui l'appellent comme ça, mais étant donné qu'il a mon âge plus quelques mois, je ne peux qu'approuver

[2] que je vous conterai un autre jour