Cette année, j'ai été recensée (avec le reste des habitants de l'appartement - sauf les chats). C'est la première fois de ma vie adulte.
J'étais assez enthousiaste sur le sujet (on a l'enthousiasme qu'on peut sur les sujets qui se présentent, hein) car la dernière fois qu'on a fait appel à mes devoirs citoyens, il s'agissait d'un tirage au sort en tant que jurée d'assises, et je faisais carrément moins la maline. Fort heureusement pour moi, même si j'imagine qu'il faut représenter "tout le monde", ça n'a pas été plus loin que le premier tour de tirage au sort.
Bref, le recensement = roupie de sansonnet, à côté.
Et puis c'est en ligne, ça prend quelques minutes, aussitôt fait aussitôt oublié.
Lomalarchovitch et moi sommes tombés sur l'agent recenseur alors qu'il faisait le tour des appartements pour remettre identifiants de connexion et consignes. Du coup j'ai expliqué à mon fiston de quoi il s'agissait, les incidences sur les politiques publiques et équipements locaux, le fait que c'était obligatoire. Et l'agent de nous dire qu'il était bien content de me l'entendre dire parce qu'il était confronté à de nombreux refus, de gens qui s'opposaient totalement.
Je me disais que dans mon quartier, il y a sans doute pas mal de gens avec des papiers un peu bricolés, ou en sous-sous-sous location pas très officielle. Et que répondre à ce genre de questionnaire devait être terrifiant.
Et puis S. m'a dit qu'elle avait été recensée aussi (pas cette année) et qu'elle avait été la seule de son immeuble à le faire avant relances musclées.
C'est un peu vertigineux, ce que ça ouvre comme perspectives, sur la confiance entre citoyens et Etat, hein ?
Eh bien bon vertige à vous aussi. Pas de raison que je sois la seule.






