Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

lundi 28 septembre 2026

Envie d'exil

Q[1] à ma droite[2] s'amuse des allées et venues d'un commercial qui vient me saluer trois fois par jour. Il m'agace, aux antipodes de mes valeurs, et elle s'amuse. "Mais justement ! Il faut sortir de sa bulle de gens qui pensent comme nous !"

Alors non.

J'en peux plus. Ils gueulent tellement fort, les gens qui ne pensent pas comme moi ou ma tribu, que c'en est assourdissant, je m'en réveille parfois en me demandant si je connaîtrai, encore, des périodes de douceur, de sérénité, d'ici la fin de ma vie.

Exilez-nous, nous les rêveurs, les poètes, les artistico-bons-à-rien, les gens qui inventent le monde pour pouvoir l'habiter, ceux pour qui l'art sert à vivre et pas à accumuler le savoir. J'ai dit, je crois, déjà, mais je ne trouve plus où, à quel point le fait de fréquenter l'art de près me chuchote à l'oreille, comme un souffle rassurant, que si d'autres ont conçu, ressenti, mis au monde des œuvres qui me touchent, alors peut-être que je ne suis la seule de mon espèce.

Je veux me noyer dans leurs notes, leurs mots, leurs formes, m'oublier dans leurs films, prendre des photos, en contempler d'autres, m'étourdir dans des émotions plus grandes que les miennes, que les leurs, dans un monde qu'ils ont créé et que je fais vivre à l'intérieur de moi.

Ça suffit, de se faire un devoir d'écouter, chercher à comprendre, y en a marre. Je n'en peux plus des réseaux dits sociaux où chacun vient déposer sa colère sans que plus jamais ou presque des mots ne se répondent.

Ils ont gagné. On ne sauvera pas l'humain, on le mène pied sur l'accélérateur à sa fin, et c'est sans doute une bonne chose. La haine des autres gagnera, ceux qui vivent en même temps que nous comme ceux qui viendront après. Il n'y aura pas de solution miracle pour nous sauver la peau en dernière minute, comme dans un film américain au happy ending triomphant.

Alors je ne me sens plus obligée.

Tant pis, foutez-moi dans une réserve de doux dingues un peu étranges, avec de quoi lire et écouter et frémir devant la beauté jusqu'à la fin.

Je ne veux plus me demander, à chaque phrase qui touche, si une âme a touché la mienne ou si c'est une machine qui l'a fait. Je ne veux pas douter de tout, de tout le monde. Quitte à être foutue avec tous les autres, rendez moi le droit à l'innocence, à l'émerveillement. Allez batailler, vous qui n'êtes pas encore à bout.

Ça touche aux tripes, au vital, là, c'est dans le sang qui me fait vivre que vous puisez, je ne vous demande même pas d'être d'accord, je n'essaierai pas de vous convaincre, mettez-moi juste loin de vos rugissements, de vos profits, que je profite jusqu'à la fin, que je n'aie pas à vivre la fin sans cette nourriture. De mon côté je ne peux plus que rêver à des mondes imaginaires mais pas irréels puisqu'ils sont passés du cerveau d'un artiste au mien.

Je n'en veux plus, de la colère, de la peur, de l'angoisse, je veux finir avec mon peuple, cœurs irisés de tendresse, baignés de douceurs, c'est déjà bien assez difficile de vivre, laissez-nous rêver, inventer, nous serrer dans les bras les uns des autres pour s'apaiser, goûter la liberté, inventer des possibles, croire le temps d'une histoire ou d'une chanson qu'on aurait pu faire mieux.

Quand le soleil a fait de l'ocre pâle dans les nuages, ce matin.

Notes

[1] À prononcer à l'anglaise : "Kyou"

[2] C'est ma cheffe qui porte le même prénom et dans nos noms de famille, nous avons 5 lettres en commun, dans le même ordre. Alors on se trouve des surnoms, pour le moment elle c'est Q et moi c'est G.

jeudi 24 septembre 2026

Autodidacte et effets collatéraux

Depuis que je ne vais plus à l'école, quelques décennies, donc, j'apprends majoritairement seule, en autodidacte.

Encore que ça soit une idée fausse de se dire qu'on apprend seul(e). Il y a toujours un truc qu'on grapille de quelqu'un qui sait. La grosse moquerie qui nous cingle et nous marque au fer rouge, quitte à se rendre compte des années après que la parole d'expert était une connerie. Les tutos. L'immersion. La répétition, la tentative d'imitation. L'erreur qui se transformera peut-être en savoir.

Tiens d'ailleurs, c'est amusant, parce que cette façon d'apprendre dans mon coin est directement liée au fait que je viens d'un endroit où il n'y a pas beaucoup de place entre le début de l'apprentissage et la perfection. Médiocre n'existe pas, apprenti a quelques mérites, mais surtout si le résultat est invisible. Le tâtonnement est honteux, la tentative risible.

Comme quoi, cordonniers, tout ça. Rien ne sert de sortir d'une lignée d'enseignants pour nier le fait que la maîtrise ne vient pas de la reproduction parfaite mais des erreurs sur le chemin. En tout cas, pas quand on peut faire un commentaire désagréable à quelqu'un au passage, histoire de miner les bonnes volontés.

Quoi qu'il en soit, j'apprends, donc, dans un coin d'ombre, pas dans un ordre logique. J'ignore des choses évidentes pour les "bons élèves", ceux qui font les choses académiquement. J'en maîtrise d'autres qui semblent difficiles à atteindre. Et je ne sais jamais vraiment où j'en suis.

Je revendique peu. Je ne parle pas l'italien, je l'apprends. Je n'écris pas, j'ai un blog. Je ne suis pas photographe, je prends des photos.

Avec l'âge et le plus rien à foutre des connards, j'apprends à affirmer mieux. J'apprends à recevoir mieux, aussi.

Il y a trois semaines environ, j'ai passé la journée avec d'anciens et de nouveaux collègues pour le démarrage de la énième façon de travailler. Le soir, dîner sympa, j'étais en bout de table avec les deux personnes qui ne parlaient pas (ou très peu) français.

Et là ça dérape. On parle art, et littérature, et cinéma, avec un mec brésilien qui bosse au Portugal. Enthousiasme mutuel, cette invasion de la soirée par des sujets qui nous animent n'était prévue ni de part ni d'autre. On est contents, on profite. Et le beau ténébreux dont le visage s'illumine lorsqu'il sourit de me demander si par hasard, je ferais des trucs un peu artistiques, dans ma vie. Alors je lui dis que j'écris un peu, et puis que je prends des photos. Quel genre ? Je lui tends mon téléphone sur mon insta photos.

On ne se refait jamais totalement, quand il a fait un O avec sa bouche avec les yeux grand ouverts, je me suis demandé si c'était parce qu'il kiffait ou qu'il trouvait ça risible.

Et lui de me dire que justement, lui aussi est photographe. J'avais des tas de notifs sur insta le temps de rentrer chez moi. Je vais voir ce qu'il fait et j'y trouve du beau.

Depuis on s'envoie des nouvelles en images en plus d'entraîner son français. Et on projette des promenades photo du midi autour du bureau pour son prochain séjour parisien.

Ce n'est pas le seul qui m'a parlé de moi comme photographe, ces dernières semaines. C'est un petit étonnement à chaque fois.

J'essaie de me dire que c'est comme le niveau B1 en italien, c'est venu avec du travail et de la patience. Prenons, donc, avec modestie et humilité, mais prenons.

Le lever de soleil du 23 septembre 2026 sur les toits de Paris. "Bom Diiiiiiia ! Tudo bem ?" "Bon Jour ! Holy shoe, this pic. Here's Lisboa this morning in return." "I don't edit the flares, I love imperfections." "I fucking love the flares. Exposure is a signature, I love yours." "I like the way you capture love in you pics." "Il est cool ton pigeon. C'est encore plus difficile à photographier que les chats" "C'est vrai, mais il y a un vieillard la bas qui donner a manger aux pigeons. Ça me facilite la tâche."

vendredi 18 septembre 2026

Les yeux noyés de ciel

Depuis que je dors dans cet appartement, je n'ai jamais été si près d'une fenêtre, hasard des placements de meubles (ma chambre a changé de pièce, j'ai de loin en loin des frénésies de déplacements, en tout peut-être 4 ou 5 places différentes).

Je dors fenêtres ouvertes une bonne partie de l'année, et souvent volets ouverts, aussi, ça n'est pas la lumière qui m'empêche de dormir mais les pensées qui tournent.

Depuis quelques jours, je me cale sur le côté gauche et laisse mon regard errer. Des fenêtres allumées dans l'immeuble qui me surplombe à toute heure de la nuit. Un grand coin de ciel. On est en ville, la nuit n'est jamais noire, elle est du bleu-noir dont j'emplis mon stylo-plume quand j'ai envie d'écrire des mots qui comptent à des gens qui comptent, grise quand il fait jour. Elle n'a pas encore pâli, ces derniers jours, quand le réveil me signifie qu'il n'est plus temps de la scruter depuis le dessous de ma couette. L'automne vient et j'aime cette saison où l'on peut, dans un même repas, manger des tomates et des girolles, prélude à du gris et du mouillé, mais aussi à la brume sur mes photos et aux lumières orangées des immeubles à l'heure bleue du petit matin.

Mes pensées tournoient, il n'y a pas d'étoiles, bien sûr, on est en ville, j'aimerais avoir un autre endroit où je pourrais m'endormir, parfois, les yeux plongés dans les étoiles.

Quand je ne dors pas je n'ai qu'à m'asseoir sur le lit, en tailleur, au milieu, pour regarder le safran de la fin du jour se mêler au bleu profond, les mille et une formes, textures, couleurs de nuages qui attrapent un dernier rayon ou se changent en ombre profonde.

Je mesure ma chance, citadine, d'avoir depuis la maison comme depuis le bureau tant de ciel dans ma vie. Sans doute que pour certains, c'est juste un ciel au-dessus de leurs têtes. Alors que, tête dans les nuages ou dans les étoiles, à traquer les premières ou dernières lueurs du jour, pour moi, c'est pratiquement l'endroit que j'habite le plus.

De l'orange de rayons de soleil et de fenêtres allumées dans les immeubles voisins, du bleu pâle au plus foncé dans le ciel, des ombres de nuages et des encore blanc, comme scintillants d'un peu de lumière. Vue par ma fenêtre à la tombée du jour un soir de septembre.

Les toits de Paris, gris, beaucoup de nuages asses massifs et gris, et entre les interstices, la lumière ocrée du soleil qui vient de se lever et filtre comme il peut.

lundi 14 septembre 2026

Jusqu'à la prochaine

Cette rentrée a été, la semaine dernière en particulier, une traversée de l'enfer pieds nus sur des braises incandescentes[1].

Nous vivons dans les lieux qui emploient mes compétences contre salaire une nouvelle organisation. La cinquième ou sixième de ces trois dernières années. Celle-ci est supposée durer un peu, on verra. Il y a du chouette : une nouvelle cheffe avec qui on partage un prénom, un enfant aîné prénommé en hommage à la tribu Malaussène, elle est intelligente et compétente, c'est un heureux changement. Elle a également l'habitude d'arriver tôt, ce qui a quelque peu contrarié le caractère méditatif de mes débuts de journées. Il y a du moins bien, aussi, des visios à des horaires étranges pour cause de décalages horaires pas favorables, une masse de travail un peu trapue à absorber. Et des outils du quotidien qui s'opposent avec violence à ce que je crois dans ma vie perso (IA en tête, mais pas que).

Et puis Lomalarchovitch à remettre dans son job de collégien. Qui connaît le rapport de cet enfant à l'école et à l'organisation aura une vague idée de ce que ça implique d'énergie. Fabriquer les conditions de son autonomie matinale, respecter son rythme et sa façon de faire tout en canalisant les possibles angoisses que ça me coûte, c'est niveau olympiades de la parentalité. Certes, "il n'a que 12 ans", me répète-t-on à l'envi, et je constate qu'il est, finalement, plus autonome que bien des gamins de son âge. Mais le coût en dingueries qu'il va me faire savourer en échange est élevé. (Heureusement, malgré la fatigue accumulée, l'amour que j'ai pour lui l'est encore plus, élevé).

Puis, ce besoin d'une conversation musclée entre moi et moi. Sans beaucoup de temps libre, encore moins de cerveau disponible pour le faire. Alors quoi ? Se laisser pourrir ad nauseam, rester dans cette ornière où la communication avec le reste du monde est plus que pénible, où je me sens inapte à faire comprendre ce qui m'agite et à recevoir intelligiblement ce que pensent les autres ? Inenvisageable. Passer outre ? Pas dans mes aptitudes.

Avant l'ouverture, devant le ciné.

Quelques jours bunkérisée, un peu hors d'atteinte, et me voici dans la rue Saint Lazare, à quelques dizaines de mètres de la cahute aux allures japonisantes qui vend du café en face du ciné.

Une silhouette me dépasse, couleurs vives et pas décidé, j'attrape mon appareil photo, merde un peu dans la panique et le temps que j'appuie sur le bouton, voici mon sujet éclipsé par une jeune femme qui vient dans ma direction, le pas assuré, le swag intégral. Je déclenche, elle me croise et me sourit. Quelques photos modérément réussies plus tard (je suis rouillée de la street photo, mais même comme ça, ça me fait toujours du bien), me voici sourire aux lèvres et capuccino à la main face à un film qui me remue et je sens tout ce qui était nœud, à l'intérieur de moi, se défaire. Les larmes coulent (pour le film ?) et la détente vient (jusqu'à la prochaine ?)

Une jeune femme à l'allure décontractée et décidée à la fois trace sa route en face de moi.

De retour à la maison, je m'assieds sur mon lit et je commence à tout bouger dans ma chambre (j'aimais bien la disposition des meubles mais elle avait un inconvénient majeur, mon lit était visible de toutes les personnes passant dans le couloir, vêtue ou pas, dispo ou pas, éveillée ou pas. Sur le coup de minuit, avec un coup de main tonique de Cro-Mi, me voici installée, tous les appareils ont retrouvé leur câble, beaucoup de ceux qui étaient là pour rien sont rangés. Les chats sont indignés, je leur retourne le compliment (la quantité de poussière que ces crétins génèrent entre les tiroirs sous le lit est phénoménale, j'en ai partout, sous les ongles, dans le nez, les oreilles, les bronches. Je m'endors, regard plongé dans le ciel pour n'émerger que le lendemain matin, courbatue mais satisfaite.

ObiWan en pic de stress.

Réparation d'un tiroir (oui, je répare les meubles Ikea, quand je peux), confection d'une ratatouille qui accompagnera une paire de repas, derniers rangements, sieste d'une durée inavouable, bain – oh merveille – avec la fin d'un très bon bouquin pour compagnon, rôtissage d'un poulet, cuisson des haricots verts et des girolles pour l'accompagner, dîner, quelques épisodes de séries, quelques pages, dodo, j'ai émergé ce matin après une nuit sans interruption, sereine malgré la présence extrêmement proche des chats qui cherchent à se remettre de ce grand épisode de stress. Elle doit me convenir, cette nouvelle place.

Je souris, je pense à Hélène Giannecchini qui, dans son formidable bouquin Un désir démesuré d'amitié, cite Michel Foucault à propos du besoin d'être déplacée.

Je crois que c'est de ça, que j'avais besoin. Retrouver une perspective, pas des réponses, pas des certitudes, mais un point de vue qui ne soit pas une spirale vers le vide. Pas étonnant que ce furieux besoin de bouger des meubles m'ait prise à ce moment-là.

Pas cette fois, Satan.

Note

[1] Peut-on être autre chose qu'incandescent quand on est une braise ? Aurais-je utilisé un très bête pléonasme dès la première ligne ? Possible – au pire tout le monde va s'en remettre.

mardi 8 septembre 2026

Plancton dans la chaîne alimentaire du capitalisme

Il faut que je vous dise un truc, en rapport avec un événement courant de la vie qui nous énerve tous.

Les excuses bidons des livreurs pour ne pas nous livrer.

LE sujet qui met tout le monde dans une colère démesurée, car le motif de non livraison nous semble être un mensonge éhonté, qui remet en cause l'évidence la plus évidente pour nous. Oui, nous étions à la maison et non, elle n'était pas inaccessible.

Merde.

C'est ainsi que le jour de mon anniversaire j'ai répondu à un appel qui a commencé par un rugissement. Zéro exagération, mon interlocuteur réclamait justice et réparation dans l'instant, j'ai cru que mon oreille allait être repoussée du téléphone par l'intensité de l'entrée en matière.

"Je demande la vérité !"

(Et bon anniversaire, Thérèse.)

Il se trouve que je devais recevoir des fleurs - alors que bon, je n'aime toujours pas les fleurs coupées - que le fleuriste m'avait proposé un créneau, a merdé sa livraison et m'a appelée pour me proposer un autre créneau, le lendemain.

Puis l'expéditeur a reçu une notification : "Le destinataire a demandé à être livré à un autre moment".

Colère immense, quel affront est le pire, que je puisse disposer de mon temps de présence à la maison comme je l'entends ou que le prestataire mente ?!

Je vais vous dire un truc.

De ma connaissance, pas ultra précise mais pas complètement vague des chaînes logistiques et des logiciels qui permettent de garder traces de relations avec les clients (on dit : CRM), ça n'est pas tout à fait un mensonge.

C'est juste que soit on met tous les motifs du monde dans la case à cocher.

Soit on réduit aux "causes racines" les plus fréquentes.

Mais que la personne qui fait le vrai boulot dans la vraie vie ne s'y retrouve pas, ou n'a pas la même logique, alors elle fait ce qu'elle peut avec les cases qu'elle a.

Et à la fin, tout le monde fait comme il peut et ça donner un bazar géant.

Et nous de protester, irascibles ! Mensonge ! Atteinte à notre honneur !!! Retrouvez-moi en lisière du champ de betterave à l'aube, demain, avec vos témoins !

(Pour des raisons différentes, les livreurs ne livrent plus chez nous parce qu'ils sont ubérisés jusqu'au trognon, et donc le fait qu'on fasse une partie du boulot en allant à leur rencontre leur permet de presque tenir les cadences infernales qui sont les leurs, assorties d'un manque de respect total des personnes qui font appel à leurs services, et fréquent de celles qui en bénéficient.)

Moi aussi, ça m'agace, hein. Et même plus que ça.

Mais bon. La prochaine fois, pensez que la personne qui s'abrutit à rentrer des motifs dans les cases n'a presque jamais fait ça pour nous casser les pieds à nous, mais pour sauver sa peau de plancton de la chaîne alimentaire capitaliste à lui (ou elle).

Des vélos chargés de colis.