Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

vendredi 23 mai 2014

Prendre soin de soi

En voilà une expression qui me fait bondir.

Pas dans la réalité de l'encouragement à se faire du bien.

Dans son injonction "beauty glam girly" qui consiste à dire qu'une femme / fille ne prend pas soin d'elle si elle n'est pas déguisée en dadame avec le maquillage comme il faut et la coupe de cheveux à la mode.

C'est particulièrement exaspérant dans les émissions de relooking, où on considère que la fille qui vit super bien dans ses vêtements, elle ne prend pas soin d'elle et qu'il FAUT intervenir (généralement elle se fait balancer par ses proches). C'est plus rarement un garçon et il faut qu'il soit très décalé des normes sociales pour qu'on l'envoie se faire formater.

Or, il me semble, le soin de soi, ce n'est pas cosmétique. Ça peut l'être aussi, mais ça n'est pas ça avant tout.

On ne doit à personne la beauté, l'apprêtement, l'épilation au poil près, le rasage impeccable, le vêtement à la mode. On se doit, à soi, de faire ce qu'on doit pour se sentir bien selon nos besoins individuels.

Si la vie en collectivité fait que l'hygiène est un facteur de la bonne santé générale, personne ne doit vous dire que le rouge est votre couleur, qu'avec votre forme de visage il est hors de question que vos cheveux soit comme ci ou comme ça, et que votre morphologie en O vous interdit à tout jamais le port de vos chaussures préférées. Qui en plus font "trop jeunes", "trop vieilles", "trop pas assez", au nom de l'injonction du moment.

Alors prenez soin de vous. Pas comme le voudraient les gens qui font fortune sur votre besoin de croire qu'en changeant de marque, votre vie va s'améliorer.

Juste en vous faisant le plus de bien possible, quelle qu'en soit VOTRE manière (pour peu qu'elle reste à peu près légale et ne fasse pas de mal à autrui).

mercredi 21 mai 2014

8

8 ans.

Elle a huit ans aujourd'hui. Elle aura 8 ans à 17h25 précisément. Elle pèse 25 kilos de plus qu'alors et mesure 75 cm de plus, environ.

Cette grande chose qui est mon bébé. Cette gaminette dans laquelle on devine déjà des morceaux d'elle au futur. Celle qui aime violemment, de tout son petit être, celle qui dédaigne d'un mouvement d'épaule ce qui ne lui plait pas, celle qui se passionne et celle qui marque son territoire.

L'autre soir elle renâclait qu'on lui mettait trop la pression pour l'école (au prétexte vrai que je lui suggère d'apprendre par coeur ses tables de multiplication, alors que la maîtresse les leur fait entrer par imprégnation. Reste de vieille école que je porte en moi ? Facilité de lui demander plus parce qu'elle peut tant ?). Bref, j'ai acquiescé à sa demande : tant qu'il n'y a que du point vert, je regarde les leçons pour me tenir au courant mais sans réviser ce qu'elle a déjà vu en étude. Ça paraît plus que raisonnable, à vrai dire :)

Bref, pendant qu'on parlait, elle me disait qu'elle trouvait dur de s'entendre dire qu'elle n'est pas parfaite. A quoi je lui ai répondu que personne n'était parfait.

"Toi, comme maman, tu es parfaite", me répond-elle.

Sourire et rires et démonstrations que non, mais que quand on s'aime, on s'aime justement autant dans ses imperfections, voire plus, que dans quoi que ce soit d'autre.

Plus tard je demandais à mon Enchanteur s'il avait enregistré ce moment précieux, pour que je me le repasse en boucle dans les années à venir.

Il m'a dit que non, puis a attiré mon attention sur quelque chose. Que même si à l'adolescence, il y avait sans doute eu quelques râleries, il ne m'entendait guère renâcler contre ma propre mère.

Forcément, ma maman, elle est parfaite. Ça m'a touchée fort qu'il fasse ce parallèle.

J'espère surtout que ces huit premières années auront été le moyen d'aider ma petite grande à trouver sa structure, à écrire la base de qui elle est.

Qu'à son tour elle devienne quelqu'un qui avance dans la vie avec la force de qui n'a jamais souffert de sa mère. Que je lui sois toujours une mère positive, aidante, accompagnante, qui qu'elle soit et quelle que soit sa réalité.

(En attendant, vivement ce soir, voir les frimousses réjouies et barbouillées au chocolat, la rondeur des joues encore pleines d'enfance, jouer avec les cadeaux et la voir rayonner du plaisir très attendu d'être la reine du jour).

mardi 13 mai 2014

Au royaume du glucide les féculents sont rois

J'ai longuement hésité à publier ce billet sur le blog privé. Pas envie que des personnes mal intentionnées viennent fourrer leur nez dans cette intimité qui est la mienne en ce moment.

Ce qui me fait pencher vers le public est un encouragement, qui date déjà un peu, de Krysalia.

Krysalia a cette grande qualité de partager ses expériences, dans tous les domaines dans lesquels elle en a, avec une grande générosité. Elle m'a donc soufflé que ça serait bien que je parle de ce que je vis et comment.

Le partage étant, dans mes valeurs, plus important que de me laisser pourrir par la toxicité des malveillants, me voilà partie, donc, et sur la partie publique qui plus est.

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mercredi 7 mai 2014

Le jeu des oeufs

Pour des raisons pratiques liées à une alimentation un peu réaménagée ces derniers temps, il m'est pratique de disposer d'un stock de protéines "prêt à l'emploi".

Du coup il y a souvent de la tranche de jambon et des oeufs durs dans le réfrigérateur familial.

Comme beaucoup le savent, je suis semi névrotique de l'organisation, semi roue libre totale. Du coup, j'ai adopté un système "œufs crus à gauche, œufs durs à droite" pour le rangement, sans pousser jusqu'à la précision légendaire de ma maman qui marquait les durs d'un D au crayon de bois.

Et puis hier, j'ai fait une omelette. J'ai bien vu qu'il y avait plus d'oeufs à droite que ce que j'en avais stocké, mais je pensais avoir fini les oeufs durs et qu'une main blagueuse ou rangeuse avait, du coup, réparti la charge, étant donné que deux oeufs crus étaient en équilibre un peu précaire, et puis voilà.

Sauf qu'au moment de casser les œufs (car on ne fait pas d'omelette sans, vous le savez), paf, un dur.

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J'ai ri. Accusé fort injustement L'Enchanteur. Avant que Cro-Mignonne n'avoue son méfait, morte de rire, en disant qu'elle avait trouvé bizarre qu'il y ait plein d’œufs à gauche dont deux en équilibre et un seul à droite.

Pour ceux qui seraient inquiets, c'est bon, les névroses instillées à ma fille commencent donc à se montrer au grand jour.

N'empêche qu'on a bien ri, du coup.