Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

lundi 15 décembre 2014

Ambiance de fin d'année

Or donc je cavale après le temps.

Je me donne l'impression de ne parler ici que de mes enfants, de n'être plus que ça, la mère maternante émerveillée.

Au quotidien, pourtant, c'est loin d'être vrai.

Si les petits matins sont des moments de douceur familiale, entre un grand chevelu piqueur de tasses de thé, une moyenne très chevelue aux yeux encore ensommeillés mais à la verve bien en action, et un micro-géant tendre et curieux de ce que nous, nous mangeons (et avide de son propre petit déj), le départ au bureau se fait tôt et rapidement.

Et si cette petite heure matinale (dans laquelle il faut faire tenir aussi douche, lavage de dents, et préparatifs divers) m'est précieuse, je suis vite lancée sur le chemin du bureau.

J'ai eu la chance de faire un retour de congé très chouette : bien préparé par ma cheffe, vite remise dans le bain, et avec une charge de travail qui ne laisse pas entendre une minute que je pourrais suite à mon absence, forcément coupable pour certains employeurs, avoir été mise au placard.

C'est riche, c'est passionnant, c'est plein de projets pour début 2015. En gros, je savoure ce moment très épanouissant de ma vie professionnelle et j'avoue être plus que contente de faire turbiner mon cerveau sur d'autres choses que la petite enfance.

Jusqu'au retour à la maison où l'émerveillement maternel redémarre à plein, assorti d'un oeil sur les devoirs de l'une, les traditionnels "range ta chambre, lave toi les dents", répétés ad libitum...

Et puis il y a aussi un peu de lecture (même si à rythme amoindri, d'ailleurs, Fabrice, si tu passes par là, mon silence ne vient pas du fait que je ne sais pas quoi dire après la lecture de ton dernier, mais simplement au fait que je viens de le commencer !), un peu de tricot, nos rigolades avec l'Enchanteur, du temps passé à la planification de la marche des bonnes choses avec un foyer à dimension variables ( de 3 à 5 personnes selon les jours), la vie sociale souvent concentrée sur les samedis midis.

Bref, les semaines sont plus que chargées. La vie défile à toute allure.

Et si elle n'est pas dépourvue d'un certain nombre de sujets qui font marcher le cerveau et qui ouvrent les boîtes à question, elle est même plutôt rudement belle en ce moment.

Je savoure.

vendredi 12 décembre 2014

Energique

Un peu moins de deux mois que j'ai repris le boulot, donc.

Une rentrée tonique, énergique, et depuis, ça n'a cessé de monter en puissance. Plutôt tant mieux, les dossiers sont chouettes. Mais bon. Fatiguée.

Bientôt des vacances déjà bienvenues, même si on sait que celles de Noël ne sont pas forcément les plus reposantes.

S'attendrir à plusieurs sur le premier Noël de Lomalarchovitch, profiter de ma fille avant sa quinzaine vietnamienne, espérer quelques siestes.

Et apprivoiser mon nouveau jouet de bureau, qui n'a l'air bien chouette et qui sera très pratique, mais avec un changement d'environnement très pratique à gérer en période intense !

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lundi 1 décembre 2014

Cavalcade effrenée

Constat de ce matin : comment est-il possible qu'on ait déjà un petit être qui mange des trucs de grand (avec voracité) et aspire à s'assoir (avec ténacité) ? Qui Da-da-da-daou à tout va et avec qui on tient de grandes conversations à base de prrrrrrt avec la langue (hilarant !) ? Alors qu'il est né il y a 12 minutes et demi environ (ou plutôt 4 mois et demi, mais c'est pareil, à l'échelle de l'humanité, non ?)

Cette cavalcade du temps. Pourtant on sait. Ça passe vite. On le sait parce qu'on l'a vécu une fois, ou plusieurs, parce qu'on nous l'a redit, mais rien à faire. Ça passe encore plus vite que ça. Nous aussi on le dira, aux nouveaux parents, de nouveaux bébés, profite, ça passe si vite.

Et ils nous maudiront, les nuits à 10 réveils, les jours de colique ou de pleurs incompréhensibles, les semaines de changement de rythme.

Et puis un jour ils se retourneront et diront comme nous, et vivrons comme nous, et diront aux autres. Profite, ça passe vite.

Encore plus la deuxième fois, j'ai l'impression. Sans doute parce que l'aînée de ma couvée est en mode pousse rapide (en alternance avec de brèves réclamations de plus de môman, qu'elle s'empresse d'oublier parce que c'est l'heure de Pokémon ou de lire le Club des 5 ou la cabane magique). Bref.

Happés par le temps qui cavale et happy des moments qu'on saisit au vol.

Ces bébés qui poussent comme de la mauvaise herbe nous datent et nous horodatent à toute allure, mais qu'il est jouissif et bon de les voir pousser, comme ça, au rythme trépidant de l'instinct de vie.

lundi 24 novembre 2014

Mangeailles

Notre fils a un certain nombre de points communs avec les terre-neuve.

Il bave abondamment. Quand on le met dans la baignoire, beaucoup d'eau en sort (mais quand on sort le bébé, l'eau n'y retourne pas).

Et depuis quelques jours, il était absolument fasciné par ce qu'on met, nous dans notre bouche.

Pourtant j'étais bien partie pour faire la feignasse de la diversification ! Je me disais : quand il tiendra assis tout seul, quand il aura 6 mois. J'avais même sourcillé quand la PMI nous a dit que si on avait envie, on pouvait démarrer, rapport au fait que les mêmes il y a 8 ans et quelques ont sourcillé quand je n'ai pas attendu les 6 mois préconisés à l'époque pour faire goûter des trucs à Cro-Mignonne.

Cohérence, et toutes ces sortes de choses.

Or donc, samedi matin, on prenait notre petit déj et le flot de bave s'est encore épaissi autour de la bouche de Lomalarchovitch. Amusée par ces regards inquisiteurs (et limite accusateurs de le priver de choses si manifestement intéressantes), je lui a mis un peu de jus de ma poire sur la bouche, m'attendant à la grimace de jeune empoisonnée à laquelle sa sœur m'avait habituée. Même quand elle aimait. [1]

Il s'est léché les babines avec délectation et s'est mis à tétouiller plein d'entrain et d'enthousiasme, en manifestant un "encore, encore" parfaitement jubilatoire.

Je suis donc allée cuire et mixer une carotte [2]. Dont on lui a proposé une cuiller pour voir. Il a aimé. Du coup il en a eu une de plus.

Le lendemain au même repas, en me voyant plonger la cuiller dans le petit pot, il m'a agrippé la main pour que j'arrive plus vite à sa bouche et le seul truc qui le freine, c'est un léger défaut de méthodologie pour savoir quoi faire de cette chose qui n'est pas du lait (mais je vous rassure, il arrive parfaitement bien à l'avaler à la fin).

C'est donc parfaitement mignon et marrant à regarder, même si bordel, euh, on avait pas dit que 6 mois, c'était bien, finalement ? :D

Yummy.jpg

Notes

[1] Et qu'elle continue à pratiquer avec une belle constance, c'te chipie.

[2] Note aux jeunes parents débutants : la carotte violette est jolie, mais n'oubliez pas que ça fait des taches violettes sur le bébé, ses doigts, et tout ce qu'il touche avec. Et ce que vous touchez parce que vous aussi, vous êtes plein de carotte. Ne me remerciez pas, c'est gratuit.