Sacrip'Anne

« Oui, je sais très bien, depuis longtemps, que j’ai un cœur déraisonnable, mais, de le savoir, ça ne m’arrête pas du tout. » (Colette)

vendredi 7 décembre 2012

A deux doigts de la révélation

J'ai cru le grand moment venu ce matin.

J'étais en train de tresser la chevelure de Cro-Mignonne, quand elle me demande : "Maman, tu t'y connais, toi, en Père Noël ?"

"Très bien, ma chérie, je m'y connais très bien"

"Parce que tu as travaillé avec le Père Noël"

"J'ai fait le Père Noël, ma chérie" (intensifions le "fait" histoire de... non Rien ?)

"Non parce que je voulais savoir s'il avait une boule de cristal pour voir les enfants pas sages".

Caramba. On y est pas encore.

J'aurais pourtant juré que ce début de CP aurait la peau de la légende du Père Noël. Mais elle voit débarquer des tonnes de cartons à la maison et dit que s'il y a mon nom dessus, c'est de la laine (!!!). Elle imagine boules de cristals et autres trucs.

Diagnostic : elle VEUT encore y croire ! So be it...

Et ça tombe bien, pour Noël, elle sera avec son Papa, celui qui trouve que les sapins et les décos, c'est chouette. Ici, à part les calendriers qu'une grand-tante gâteau leur a offerts, pas l'ombre d'une guirlande.

Soupir.

Je ne suis même pas sûre qu'elle me manque, cette prétendue magie de Noël.

lundi 3 décembre 2012

1=1

J'étais, dans mon jeune temps, dans le camp de ceux qui trouvent ça "plutôt pas juste". Mais qu'il y avait tellement pire ailleurs.

Plutôt pas juste de gagner moins qu'un homme à job identique, plutôt pas juste de devoir faire des choix impossibles pour concilier aspirations professionnelles et maternelles.

Plutôt pas juste d'entendre des "toi qui es une femme, blablablablabla".

Mais comme le fait d'être une femme ne m'a jamais empêchée de faire mes choix, je n'étais pas très militante. Je trouvais même que les féministes militantes y allaient un peu fort.

Et puis un jour, par hasard, j'ai vu un reportage avec des femmes pour objet. Pas des femmes-objet, hein ? Encore que.

Des femmes dans la cinquantaine. Dont le mari était mort, ou s'était barré sans donner d'adresse. Ou tout simplement retraités, et elles jeunes encore, les gamins partis ou quasi. Des femmes dans une merde noire parce qu'elles se retrouvaient avec pas assez pour vivre, pas de couverture sociale, pas de retraite, presque pas de possibilité de retrouver un job.

La faute à "s'être arrêtées de travailler pour élever leur(s) enfant(s)".

Ca m'a terrifiée. Et alors que je n'étais pas encore mère, je me suis juré que mon axiome de base serait que quoi qu'il arrive, il faudrait que je puisse assurer pour mes enfants et moi.

Ca m'a, aussi, paru très injuste. Ces femmes n'avaient rien fait d'autre que de faire un choix, éclairé par leur histoire familiale, le bon sens économique immédiat, parfois (vous savez ce que coûte la garde d'enfants...), la confiance envers leur conjoint. Bref. Elles ont reproduit un schéma qu'on leur a inculqué depuis toujours. L'homme est là pour pourvoir aux besoins de la nichée, toi, occupe-toi d'eux car seule une mère a les qualités pour faire des enfants réussis, en somme.

Elles ont fait un choix, mais dans quel mesure était-ce complètement un choix ?

Bref. De ce jour, je me suis nettement radicalisée dans mon petit féminisme portatif. Et à toutes les femmes qui répondent aux militantes que non, elles ne sont pas soumises et ne se font pas hurler dessus par leur mari quand le dîner n'est pas prêt [1]. Je voudrais aussi leur dire qu'il n'est ni question d'émasculer leurs hommes, ni de déclencher une haine des unes pour les autres.

Il est juste question de donner un VRAI choix à chacune. Économique, religieux, social, professionnel. Et que pour débarrasser ces choix potentiels, il faut bien faire évoluer les mentalités, les a priori.

Alors, à ces femmes, particulièrement, qui trouvent que les féministes ne sont que des hommasses hystériques prônant la haine de l'homme, je propose un petit jeu.

Dans les phrases suivantes, remplacez le mot "femme" par "noir", "arabe", "pédé", "juif", ou n'importe quel autre mot désignant un groupe humain présentant une caractéristique commune.

  • C'est un peu normal que les femmes n'aient pas accès aux mêmes postes que les hommes, quelle que soit leur qualification, elles font d'autres choix de vie.
  • C'est normal que les femmes n'aient pas le même droit d'expression que les hommes, elles n'ont pas leur culture politique.
  • Même si les femmes ont maintenant le droit de vote, il est normal qu'elles soient moins représentées que les hommes dans les postes importants des mairies, ministères, entreprises... elles n'ont pas les qualités qu'il faut pour diriger.
  • Seule une femme a les compétences pour élever un enfant [2]
  • Une femme qui se fait violer, elle a bien dû le chercher un peu quand même, on ne va quand même pas envoyer des gens en prison pour ça.

On peut multiplier les exemples ad lib... Mais si une seule de ces phrase dans une seule de ses versions, modifiées ou pas, sonnent un peu bizarre à vos oreilles, c'est une bonne nouvelle. Vous avez basculé dans le camp des gens qui trouvent qu'un être humain égale un autre être humain. Et que quelles que soient les inégalités constatées et leurs raisons, qu'il s'agisse de politique ou de préjugés, d'économie ou de religion, il faut les combattre.

C'est aussi simple que ça.

Notes

[1] je n'invente rien, j'ai lu des commentaires de cet acabit sous un papier de Libé. Je sais, il ne faut JAMAIS lire les commentaires sous les articles de la presse nationale, mais quand même

[2] Par compétences je ne veux pas dire "seins" mais bien "compétences"

mercredi 28 novembre 2012

Cro-Mi, la salsa et le djembé

J'aime beaucoup le système du centre de loisirs de l'école élémentaire.

Sortis de l'étude et des devoirs, les enfants ont une heure d'activités sportive, ou artistique, ou ludique, ou bien tout ça à la fois.

Les enfants qui sont là de façon archi régulière s'inscrivent à des activités "suivies". C'est ainsi que Cro-Mignonne occupe ses soirées par de la salsa le lundi, du djembé le mardi, des jeux d'aventure le jeudi. Si on ajoute la piscine du vendredi avec sa classe, c'est à se demander comment elle ne dort pas plus le matin, mais bon.

Ce système, je le trouve bien pour plein de raisons. D'abord parce qu'il n'y a pas fromage OU dessert devoirs OU activités, comme c'est le cas, par exemple, dans la future ex école du Lutin Facétieux.

Ensuite parce qu'elle permet aux enfants d'avoir des activités extra scolaires DANS le temps où ils sont dans les murs de l'école / du centre, sans avoir besoin de charger la mule le mercredi ou le samedi.

Par ailleurs, ils font leur choix en interne, hors de la sphère d'influence des parents. Du coup ils choisissent quelque chose qu'ils ont vraiment envie de faire, et pas ce que leurs parents aimeraient leur voir faire.

Et, enfin, ils ont la possibilité de changer d'activité ou de continuer à chaque trimestre.

Pour une qui, comme moi, observe d'un œil circonspect l'apprentissage au conservatoire, trouve que la notion de plaisir/jeu dans la découverte est essentiel, c'est plutôt un très bon équilibre entre régularité et approche adaptée.

On a vendu ça à son père (qui souhaitait l'inscrire au conservatoire), sur le mode : en plus commencer par un instrument rythmique, ça ne peut qu'être une bonne base pour ses futurs apprentissages !

Et, nous, on a le plaisir de petites démos à la maison, comme hier soir !

Djembe

Djembé 2

Djembé 3

Djembé 4

Djembé 5

Djembé 6

Djembé 7

mercredi 21 novembre 2012

Matins de bureau

Peu nombreux avant 9 heures, à vrai dire, avant 9h30, même.

Vider la théière-thermos de la veille si nécessaire, opérer un choix stratégique majeur (noir cannelle ou vert zubrowka ?), aller à la machine à café faire le plein d'eau chaude.

Essuyer le rire d'un matinal sur le volume de l'engin (un petit litre, pourtant, bon sang, zont jamais vu de théière, les gens ??). Rire avec.

Mettre le vrac en sachet, le plonger dans le filtre de la théière. Regarde le neuf des mails le temps que ça infuse.Porter le regard sur la micro zone de bureau dédiée au petit plaisir.

Verser. Laisser tiédir. Boire un peu. Soupirer en pensant au stock de Lip**n Yellow à côté de la machine à café et aux gens pour trouver ça bon.

Voir arriver les camarades de labeur. Recevoir de la visite. Quelques amateurs qui trouvent que ça sent bon. Prendre un gobelet stocké à cet effet, l'emplir et l'offrir et partir sur des considérations surréalistes (quels indicateurs trouver pour le reporting du SCL, hein ? Je vous le demande ! Et les retours du PMO, comment sont les taux ? Que des considérations vitales).

Believe it or not, ça aide sacrément à démarrer.

And now...

Geronimo !!!!! Allons-y !!!! [1]

Coin Thé

Note

[1] Mais non on est pas du tout plongés dans une sorte de marathon Dr Who, depuis le mois de septembre, mais non !

lundi 12 novembre 2012

Elle est revenue

Elle a pris au moins trente centimètres pendant la semaine, c'est sûr.

Et puis elle ne sent pas pareil (sans doute la chose à laquelle je mets le plus de temps à m'habituer à ses séjours loin de moi, l'odeur par dessus la sienne à elle qui n'est pas la même, shampooing et lessive différents, toussa).

Elle est revenue hier soir et même si c'était très agréable d'avoir une semaine à deux, la maison se ressemble bien plus quand elle est là.

(et c'est reparti, les dépêche-toi, range ton bazar !)

Elle est revenue et je lui ai manqué un peu, elle est revenue et elle m'a manqué beaucoup.

Elle est revenue et son père a le blues (on le comprend), elle est revenue et j'ai les oreilles pleines de son pépiement joyeux.

Chouette.

Elle est revenue de vacances.

Cro-Mignonne, printemps 2012