Or donc, à cause de vous (!!!) j'ai acheté un micro de bonne qualité. Parfois je raconterai des trucs dedans et les retranscrirai pour celles et ceux qui préfèrent lire, parfois je vais écrire puis lire, on verra. Mais sachez que le micro, couplé avec le logiciel qui va bien, permet de faire des voix ultra bizarres, vous n'êtes donc pas du tout à l'abri du fait que je fasse des pitreries de gamine avec.
Alors, il semblerait que certaines personnes, que je ne vais pas citer, mais parmi lesquelles mon père, trouvent que je suis un tout petit peu snob dans mes choix culturels.
Bien. Une fois ceci posé, on peut aussi dire que c'est partiellement vrai. C'est-à-dire que j'ai décidé que, globalement, j'aimerais privilégier la qualité à tout autre critère.
Et comment on définit la qualité en art ? Eh bien, vous avez deux heures[1].
En ce qui me concerne, j'aime bien des œuvres qui viennent me poser des questions, voire me les hurler aux oreilles, me mettre dans des états émotionnels avancés.
J'aime bien quand ça me fait réfléchir longtemps après. Et j'aime bien qu'on me raconte bien une bonne histoire. Donc c'est assez large.
Je dois confesser que j'ai vu assez récemment LOL 2.0, non pas parce que je m'attendais à une œuvre de qualité, mais par une sorte de nostalgie de la très jeune fille qui était en pamoison devant La Boum, qui espérait bien devenir une Poupette, plus tard, et qui aurait bien aimé être un peu plus Sophie Marceau, dans sa vie.
Bon, il se trouve que ce point-là est complètement foiré, mais comme je l'ai raconté assez récemment, j'ai quand même dîné un soir avec Claude Brasseur – pas en tête-à-tête, mais avec Claude Brasseur – et donc une partie de ma mission est accomplie. Pour le reste, on repassera plus tard.
Voilà.
Et donc c'est ainsi qu'avec toute cette snobitude – snobinité ? snobinarderie ? – avec tout ce sens du snob, je suis allée voir Projet: Dernière Chance avec Lomalarchovitch samedi.
On avait vaguement dit qu'on irait voir Jumpers. Et puis en fait, il est allé le voir avec son grand frère et son père. Et tout ce que le monde avait à m'offrir, c'était une version VF.
Et donc, je lui ai dit : “Bof ! Et si on allait voir ça plutôt ?”
Il m'a dit : “C'est quoi ?”
J'ai dit : “Je crois que c'est une bromance entre Ryan Gosling et un rocher.”
Et je remercie mon fils d'être assez ouvert et plein d'humour pour trouver que c'était une bonne idée.
On s'est installés dans une très grande salle de l'UGC des Halles, au premier rang, pour avoir de la place pour les pieds. Et puis pour avoir de la place pour poser nos affaires, au cas où la salle serait pleine. Et puis pour être plongés en direct dans les étoiles.
Ma foi, on a passé un super bon moment. Je me souvenais que Joëlle avait dit du bien du roman. Et c'est une bonne histoire, bien menée. Et c'est effectivement une bromance entre Ryan Gosling et un rocher.
Tous ceux que les histoires atypiques emmerdent n'iront donc pas voir ce film. Ou alors peut-être qu'ils les aiment bien, mais seulement dans les films.
En tout cas, on a passé, nous, un très bon moment. Mon fiston a beaucoup rigolé. Il est ressorti en me disant : “Est-ce que toi aussi, t'as un peu pleuré à tel et tel moment ?”
Je lui ai dit : “Oui, oui, mon chéri, j'ai un peu pleuré.” Et même beaucoup.
On a passé une fort bonne journée. D'autant plus qu'on avait dévalisé, peu de temps avant la séance, la Fnac des Halles.
Donc, amis de la culture, j'ai acheté trois mangas et vu un film commercial avec mon fils. Voilà ce que c'est qu'une snob.
Aujourd'hui, je suis allée voir Rue Málaga aux 5 Caumartin. Nous étions quinze personnes à avoir eu la même idée.
Il se trouve que ce film est programmé dans moins de dix salles à Paris. C'est vous dire que ça va faire un tabac, et que c'est dommage, parce que ce film le mérite.
Il s'agit d'une très belle histoire de femme qui vieillit et qui refuse de quitter l'endroit où elle est née, où elle a grandi et où elle a vécu, où elle a aimé, où elle a élevé sa fille.
C'est Carmen Maura qui joue le personnage principal, et j'ai été subjuguée par sa beauté, par sa force, par sa liberté, par le fait qu'elle était réjouissante du début à la fin du film.
C'est un putain de bon film, dont on ressort assez heureux. En tout cas, moi, j'étais très heureuse de l'avoir vu, malgré le gang de très vieilles personnes qui étaient derrière moi et qui ont commenté à voix assez haute l'ensemble des pubs, des bandes-annonces et du film.
Quoi qu'il en soit, voilà comment on est snob en cinéma.
Retrouvez-moi pour de prochaines… Non, je rigole.
Je voudrais préciser, de façon à ce que ma rigueur scientifique puisse être transmise à absolument tous les lecteurs de ce blog, que ma méthode est infaillible.
Pour choisir ce que je vais voir, je m'en remets, en énorme partie à une martingale que trop peu de gens utilisent : le hasard.
Une affiche, un pitch, un livre recommandé, un coup de cœur sur trois images aperçues, et me voilà partie avec enthousiasme et avidité.
Je vous recommande cette méthode parce qu'elle offre bien des surprises — pour le pire et aussi pour le meilleur.

Note
[1] Y a un mec qui en a fait un bouquin entier, culte sur plusieurs générations, Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes. C'est vachement bien. Aucune utilité pour comprendre ce billet mais vraiment vachement bien.


