lundi 25 mai 2026

Ce que l'art met en lumière

Hier, j'étais au Grand Palais pour visiter avec une amie l'expo Nan Goldin.

Mon amie étendue au sol face à la projection. La pièce est obscure et la lumière de l'écran l'éclaire.

J'avais à peine posé un pied sur le quai du métro, lui-même au pied du bâtiment, qu'une rame y entrait, coup de bol, pour la bonne branche qui plus est. J'ai donc mis environ 16 minutes à arriver à moins de deux kilomètres de chez moi. Où j'ai constaté que le prochain bus ne passerait pas avant 62 minutes.

J'allais reprendre le métro en sens inverse pour repartir de Saint-Lazare vers chez moi en train, d'où je peux rentrer plus rapidement à pied et, au vu de la chaleur d'hier, le plus d'ombre, le moins de marche, c'était le meilleur combo. J'ai quand même vérifié le passage d'une autre ligne de bus à la station d'avant la mienne, bingo, ça s'enchaînera bien, modulo quelques petites minutes d'attente.

Me voici donc, remontée d'une station, à vérifier que je suis au bon arrêt pour le bon bus qui est bien à quelques minutes de moi. J'avais noté du coin de l'œil une sèche femme, assise au sol, en train de fumer. 34 degrés à l'ombre, moi en plein soleil, me voici à vérifier compulsivement l'arrivée du bus sur l'appli dédiée. Espoir déçu, il a tardé sur le trajet. Et de ma vision périphérique, je note la femme qui gesticule, elle s'est attrapé le sexe de la main qui ne tenait pas sa cigarette et semblait me parler avec une véhémence qui m'échappait, sous mon casque. Pensée saugrenue, je me dis que ma robe longue est peut-être trouée, c'est tout à fait mon genre, quand le son de ses mots me parvient enfin.

— Toi tu es tellement grosse que tu confonds ta chatte et ton cul, quand tu chies, tu ne sais même plus d'où ça sort, obèse !

(Ma robe n'était pas trouée. En plus elle a tort et aucune preuve de ce qu'elle avance.)

La violence de sa haine me gifle, avant même d'avoir complètement saisi ce qu'elle me dit.

Et puis je bafouille en retenant sur mes lèvres un "tu veux que je te chie dessus pour qu'on vérifie ?"

Pas la peine.

Ça n'est pas un dialogue. Elle a manifestement une santé mentale fragile et quelque chose au niveau de l'inhibition qui ne fonctionne pas. Et je vais me haïr quelques heures après d'avoir déversé ma colère sur cette femme. Pas pour elle, pour moi.

Je remets mon casque, tourne le dos pour lui montrer mon gros cul, et vois un très jeune homme arriver et lui gueuler dessus. Il lui dit des conneries, que je suis belle et que moi, au moins, j'ai des sous, je ne me traîne pas assise par terre à encombrer le trottoir pour rien. Je le remercie, lui dis "on va mieux qu'elle, ça ne sert à rien, mais merci, encore."

La meuf commence à lui expliquer que je suis grosse et qu'elle est mince et que c'est mieux puis s'en prend (verbalement) à sa bite, en lui demandant s'il s'en sert ou s'il est puceau. L'échange semble sur le point de dégénérer et puis s'éteint. Mon bus arrive, je remercie encore le p'tit gars, monte dedans.

Je souris fugacement à penser au petit Roche, dans Eureka Street. Oui, elle aurait sa place dans un roman de Robert McLiam Wilson, il saurait montrer l'outrancier mais aussi ce qu'il y a derrière, ce qui fait que parfois, on en arrive là. Avec une formule qui attrape, par le rire ou la rage. "Does your dick reach your ass?"

Ou à Almodovar, roi du scabreux.

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Nan Goldin n'a pas une approche très abstraite ou esthétique de la photographie. Elle est très documentaire, jusqu'à l'extrême, documentaire scabreuse, pour le coup. Plans innombrables, cadrés comme ça tombe sur du quotidien empreint de sexe dangereux, de drogues, de souffrance à vivre, de déclassés. L'accumulation de clichés sans grand intérêt crée le sens entre ceux qui vous marquent la mémoire à jamais : poignet coupé jusqu'à l'os, corps marqués de coups, déformés par la violence, les substances. Elle appartient au début de la génération SIDA, celle qui a vu tomber par dizaines ses amis.

Et puis aussi l'art de capter un sourire rayonnant, un regard. De relier des ponts entre l'art et son art, ses émotions et celles qu'elle offre.

J'ai pleuré à quelques portraits, magistraux, d'une faune queer arrogante et fière mais dont le regard traqué dit plus long que l'allure. J'ai ri, parfois, frémi, à l'unisson avec les autres spectateurs.

Des spectateurs à l'expo Nan Goldin. Pris dans la lumière et la fascination.

Je me suis dit que oui, le portrait me manquait un peu. Ce moment où l'on cherche à représenter ce que l'on voit de l'autre, c'est lui le sujet mais nous qui sommes aux commandes pour montrer ce qu'on en voit.

Peut-être que j'en suis à nouveau un peu plus proche, si les circonstances s'y prêtent.

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Ce n'est que ce matin que j'ai réalisé. Cette femme, à l'arrêt de bus, je crois que j'ai eu envie de la photographier. Ses gestes vulgaires, la haine dans son regard et sa bouche tordue. Pas belle, pas facile, pas enviable, répugnante, mais encore très vivante à l'endroit où elle pose son cul ; saisissante, répugnante, impossible à ignorer.

lundi 18 mai 2026

Le sauvetage à la librairie

Vendredi dernier, en avance pour un déjeuner[1], j'ai enfin pu entrer dans un lieu qui me faisait baver d'extase mais était toujours fermé lors de mes passages : la librairie qui est pile à la sortie du métro Place de Clichy.

J'y repère vite plusieurs livres qui me font envie encore plus que les autres mais me retiens encore pour quelques minutes. Petite visite au premier étage quand un bruit d'eau attire mon attention. Curieuse idée, me dis-je in petto, de mettre une fontaine dans une librairie, le mélange des genres est un peu contre-intuitif (c'est une pensée qui traverse souvent les gens lecteurs de livres nageurs, cette espèce qui tombe de vos mains vers l'intérieur -plein- d'une baignoire).

Du coin de l'œil, la réalité me rattrape. Un pilier qui va du sol au plafond, creusé de niches peuplées de beaux livres, ruisselle littéralement. Je hèle une dame assise face à un ordinateur à quelques mètres, lui signale la grosse fuite et lui propose de l'aide pour mettre à l'abri les bouquins en danger. J'attrape un autre client du rayon et nous organisons une chaîne humaine pour mettre les précieux au sec.

L'eau s'arrête aussi subitement qu'elle a commencé, à l'étage en dessous, une énorme flaque, et ma nouvelle copine manutentionnaire de s'exclamer "heureusement que la dame était là" en parcourant le magasin dans tous ses coins (merci, vous en auriez fait de même et toutes ces sortes de choses).

Et puis ? Il y avait des livres à sauver, alors j'ai pris une petite moisson.

Je suis passée en caisse en me disant "foutue pour foutue, je crèverai d'une faim que je tromperai en lisant" (ou à peu près).

Pour celles et ceux qui croient que dans la vie on "mérite" ou pas, que c'est "juste ou injuste", sachez qu'on m'a offert, pour ma peine, un catalogue promotionnel des prochains poche à paraître.

Ruinée, je suis allée prendre des photos dans le quartier avant mon déjeuner avec Orpheus et ma rencontre avec Odette à Roulette.

Des livres sur une table de restaurant.

Note

[1] La faute à IDF Mobilités qui m'annonçait des problèmes apocalyptiques sur la 13 alors que rien du tout

lundi 11 mai 2026

Transmission

Je n'ai pas tellement poussé mes mômes vers les choses que j'aime. Je ne les en ai pas coupés non plus de ça : mes [1] livres leurs sont accessibles depuis toujours, je les emmène dans des expos depuis leur plus jeune âge. Ils écoutent ce qui passe sur mes enceintes, j'aime bien quand Owen salue ma sélection de vieux CD ou s'arrête dans la cuisine pour choper au passage le titre qui passe à ce moment.

Disons que je transmets par imprégnation douce plus que par cours théorique. Pourtant, j'aime ça et je suis, je crois, assez pédagogue. Mais au fond, quand on transmet, est-ce que ça n'est pas pour réparer un peu de soi ? Pour créer quelque chose qu'on n'a pas eu ?

Je n'ai pas de bons souvenirs de ce qu'on m'a fourré dans le crâne de force. J'ai aimé ce qui m'est venu parce que j'étais libre d'apprécier ou pas, à mon rythme, à ma façon.

Donc, ils lisent. Très peu selon moi, beaucoup selon leurs enseignants. Soit.

Ils écoutent de la musique, l'un et l'autre.

Cro-Mi dessine, a un attrait pour la peinture. Lomalarchovitch adore Brancusi, il réagit de façon intéressante (quand il ne fait pas le pré ado décérébré) face à ce qu'on lui montre. Ses profs d'art plastique saluent sa culture (démarrage d'un cours sur Niki de Saint Phalle, mon fiston de caser la fontaine Stravinsky, bim, grand succès. Mais c'est terrible, quand on y pense, on vit à 13 minutes en train de Paris et la plupart de ses camarades n'y vont jamais.)

Pour le ciné, j'ai pensé que c'était loupé. Ni l'un ni l'autre n'aimaient y aller, pour des raisons différentes, quand ils étaient petits. Cro-Mi n'aime que les grosses productions américaines, j'ai tenté Almodovar, bof, il était enragé en sortant de Yannick, bon.

Lomalarchovitch a basculé avec Le comte de Monte Cristo, il l'a tellement aimé qu'il a emmené son père le voir dans la foulée. Il a goûté et approuvé Gondry, et, de plus en plus, je l'emmène voir des films pas particulièrement faits pour les enfants. Quand il aime vraiment beaucoup, il traîne son père sur mes traces, dans "mon" ciné, pour revoir ce qu'on a aimé ensemble (Plus fort que moi et un kebab, récemment). Il y a 15 jours il a voulu tester le "double ciné" cher au cœur de sa mère. Et adoré (bon, l'occasion de se faire payer de la junk food entre deux séances ne doit pas jouer contre le concept). On a calculé rapidement, et considéré qu'il est plus intéressant de passer à la carte illimitée pour deux que de continuer à acheter ses places, même à tarif réduit.

Nous voilà partis pour des aventures cinématographiques – avec débat sur la note à attribuer, distinction entre bon film et grand film à l'appui, relativisation de l'un en fonction de l'autre. On va bien s'amuser.

Une salle de cinéma, quelques sièges vides et un écran sur lesquels des visages sont projetés (apeurés ? inquiets ? surpris ?)

Note

[1] Je dis "mes" car les apports de leurs pères au contenu des étagères était maigres.

mardi 5 mai 2026

Parentalité : le grand malentendu

J'ai l'impression qu'il y a un énorme malentendu sur la notion de parentalité.

Le but du jeu, c'est quand même d'accompagner de jeunes êtres vers l'autonomie.

Or, plein d'enfants, dont les miens, pensent qu'ils ont gagné un service VIP 24/7 pour en faire le moins possible.

Ce qui me surprend toujours un peu, c'est que, visiblement, un certain nombre de parents sont d'accord avec leurs enfants et considèrent que leur rôle est de leur faciliter la vie au maximum et ce jusqu'à leur mort. Ils appellent ça de l'amour. Je m'interroge sur le fait que c'est une énorme terreur de perdre l'amour de leurs enfants en refusant de se soumettre à leur bon vouloir, mais mettons que je sois de mauvaise foi.

Alors on est d'accord, il y a toute une période où on fait à leur place parce qu'ils n'ont pas les capacités physiques ou intellectuelles de le faire. Ou pas la maturité nécessaire pour décider.

Mais ces capacités ne vont pas leur tomber toutes cuites dans le bec à 18 ans. Il faut donc bien, à un moment, leur apprendre.

À remplir un lave-vaisselle ou un lave-linge, le faire fonctionner, le vider, à se préparer le matin, à ramasser ce crétin d'aspirateur robot en carafe au milieu du couloir pour le remettre sur sa base, à se faire cuire des pâtes, à se couper les ongles quand c'est nécessaire, etc.

Et je vois bien, des mères, souvent, triomphantes à l'idée que nulle femme ne traitera mieux leur progéniture qu'elles-mêmes. Ou qui flippent à l'idée qu'une fois l'enfant parti, il l'oubliera totalement, peut-être. Moi je pense à mes futurs beaux-enfants et je n'ai pas très envie de devoir leur expliquer pourquoi Cro-Mi ou Lomalarchovitch ne savent toujours pas se servir d'une éponge à 52 ans.

Je suis consciente de mon environnement. Je vois qu'ils savent l'un et l'autre vider le lave-vaisselle (mais pas spontanément), qu'ils font l'un et l'autre un repas par semaine, que Cro-Mi gère son linge depuis des années, que Lomalarchovitch prend conscience de l'intérêt de ranger sa chambre une fois par semaine.

Ce qu'ils n'ont ni l'un ni l'autre compris, c'est que nous vivons ensemble et qu'il n'y a aucune raison pour laquelle ils sont exemptés de : transférer le contenu du lave-linge dans le sèche-linge même si le linge présent dans ladite machine ne les concerne pas, ranger les casseroles que quelqu'un d'autre a nettoyées, juste pour que la place soit dispo pour le prochain batch, enfin tout ce qui relève du collectif.

Dimanche, je les ai donc convoqués pour La Grande Conversation. Enfin, ils étaient déjà assis à mes côtés.

Je leur ai donc expliqué qu'ils étaient arrivés à ce stade de leur vie où ils sont l'un et l'autre (l'un certain, pour l'autre, c'est un débat, le plus grand étant à mon avis le plus petit) plus grands que moi, aussi forts. Que leurs gros cerveaux fonctionnaient suffisamment bien pour ces tâches dont la seule valeur ajoutée est de faciliter la vie de l'ensemble des habitants de la maison. Et que donc, en tant qu'habitants, ils étaient priés de ne pas s'occuper seulement de leurs tâches de base mais de participer au même titre que moi à la vie du groupe (mise à jour de la liste des courses, rotation de la vaisselle calée sur le besoin réel et pas leur espace de cerveau disponible, remplissage des bouteilles d'eau vidées pendant le repas avant de les remettre au frigo, ramassage des vomitos des chats, remplacement du PQ, etc.) Que j'étais leur mère, être pensant et aspirant à être non seulement considérée comme un humain, mais aussi à faire autre chose que de la logistique domestique.

Et qu'à la différence de clients d'un hôtel, ils étaient tenus de participer à la vie de la communauté.

L'un a regardé le vide d'un air de poisson mort, signe clair chez lui qu'il ne se sent pas du tout concerné.

L'autre m'a répondu : mais les clients d'hôtel aussi vivent en communauté.

(À quoi j'ai répondu : tais-toi, petit con.)

Rarissime photo de moi avec mes deux enfants. Un jour ils ont été vaguement mignons le temps d'un cliché. Pas de bol, je venais d'accoucher. Bref.

dimanche 3 mai 2026

Les gens (d'avril)

Il a été compliqué à sortir, ce billet, d'abord parce qu'il y a dedans quelques photos prises au smartphone et je trouve qu'elles sont assez dégueu, en qualité, en couleurs. Et puis j'avais ma sélection, avec ses qualités et ses défauts, mais du mal à trouver le fil rouge.

C'est assez frustrant quand on a, d'habitude, 5 idées à écrire d'urgence dans la tête. Finalement, en dormant dessus, en laissant poser, c'est arrivé. C'est assez inhabituel pour moi de partir des images pour raconter l'histoire, on dirait que le process dans l'intérieur de ma tête n'est pas le même du tout.

Comme quoi on en apprend tous les jours, y compris sur soi.

Donc voilà. Des gens. Dits d'avril mais il y a une ou deux photos de mars, et puis la série des bulles date de vendredi, donc de mai. Mais nous ne sommes pas là pour pinailler.

Demain c'est la rentrée.

Youpi.

Et la transcription de ce qu'il y a dans la vidéo, un peu nettoyée, avec des notes de bas de page en bonus.

Il y a, je trouve, beaucoup de difficultés à vivre avec les gens. Souvent, on est chacun dans sa bulle, sans prêter vraiment attention à ce qui nous entoure.

Il y a les gens en concert, tu sais, ceux qui sont deux fois plus grands que toi et qui ne te laisseront jamais voir l'artiste que tu es venu voir, ou qui disent que ce n'est pas parce qu'on est grand qu'on n'a pas le droit à une place devant[1].

Il y a les gens qui pilent dans la rue, il y a les gens qui veulent voir l'étiquette de l'expo avant toi, il y a les gens qui pensent que leur place est plus prioritaire dans les transports, dans la queue, dans tout ce que tu veux.

Et puis parfois, il y a des petits moments de grâce. On en a vécu un, vendredi, avec Lomalarchovitch.

On sortait du cinéma, nous avions vu Vivaldi et moi[2], et on est passés par le jardin Nelson-Mandela, où on est tombés sur un vieux type sur un... Vous savez, les scooters à vieux, les trucs à quatre roues super stables, qui permettent de se déplacer plus facilement quand on n'a pas la capacité de le faire avec ses deux pieds ?

Le mec avait du vieux rock des années 50 à fond, et les gens, soudainement, se sont mis à danser autour de lui. Ils l'accompagnaient le temps de quelques pas de danse, sur son itinéraire, et c'était hyper cool.

Moi, qui trouve souvent, par exemple en concert, que les gens surjouent leur joie (alors par contraste, je suis hyper intérieure, donc il ne faut peut-être pas prendre ça comme référence) là c'était naturel, spontané, c'était pas regardez comme je danse, je me donne à fond.

Et puis après ça, on est tombés sur un mec qui faisait des bulles, et les gens, les petits, les grands, étaient tout autour, ils regardaient émerveillés, comme si on avait tous quatre ans.

Et ce jour-là, les gens, je les aimais bien.

Un type sur un gyropode argenté avec un manteau assorti regarde les bulles, de loin. Des gens arrivent de son côté, je prends la photo du mien.

Notes

[1] C'est vrai, techniquement, mais n'avoir aucune considération pour les personnes derrière, je ne sais pas, ça me dépasse. Moi qui me retourne dix fois pour être sûr que si une ou un "petit" comme moi est derrière, il ou elle voit, et qui tend à infiltrer les plus courtes personnes d'entre nous près de moi quand je tiens une bonne place... bref. Chacun se regarde dans le miroir de son choix.

[2] Primavera en VO